Je mets en ligne ce Pacte, le discours de Nicolas Sarkozy et une tribune de Claude Allègre dans le "Figaro" de lundi. J'aimerais recueillir vos commentaires sur ce débat.
Le débat sur le maintien au gouvernement de Nicolas Sarkozy alors même qu’il est candidat à l’élection présidentielle révèle un grand désordre de la pensée politique.
Jamais dans l’histoire de notre pays, un ministre, un président, un maire n’a quitté ses fonctions avant le terme de son mandat pour se présenter devant les électeurs. François Mitterrand, Jacques Chirac, Lionel Jospin ont brigué la présidence de la République tout en exerçant leurs fonctions jusqu’au bout sans que cela ne crée le moindre débat. Les choses seraient différentes pour Nicolas Sarkozy, au motif qu’il est ministre de l’intérieur. Cet argument ne résiste pas une seconde à l’analyse. Le ministre de l’intérieur exerce ses fonctions, comme tous les ministres, sous l’autorité du Premier ministre et du chef de l’Etat. Il n’est aucune des prérogatives du ministre de l’intérieur qui ne soit pas également celle du chef du gouvernement. Si le ministre de l’intérieur organise les élections ou dirige la police, il ne le fait que par délégation. Le patron des services de renseignements, comme de l’administration préfectorale reste en tout état de cause le Premier Ministre. La situation de Lionel Jospin en 2002 n'était donc pas plus critiquable que celle de Nicolas Sarkozy. Que dire du maire qui se représente aux élections municipales ? Jean Marc Ayrault qui n’avait pas aujourd’hui à l’Assemblée Nationale de mots assez forts pour condamner la confusion des rôles, ne voit pas d’inconvénients à mener la bataille municipale tout en restant à la tête de l’administration locale.
L’honneur des responsables politiques et des commentateurs est aussi de rétablir la vérité. De replacer les repères qui permettent à chacun de porter un jugement.
Au lendemain de la désignation de Ségolène Royal par les adhérents du Parti Socialiste, j'avais déclaré que ce choix témoignait du très grand désarroi idéologique de ce parti. Cette remarque était difficilement audible dans le concert de louanges qui dominait alors. Les ratés de sa campagne et les bruits qui nous parviennent des débats internes du PS me conforte dans mon jugement. En cinq ans d'opposition le PS n'a fait aucun effort pour clarifier sa ligne politique, pour tirer les enseignements de son échec de 2002 et pour analyser les évolutions de la gauche européenne. Le choix d'une « icône » et d'une méthode de campagne « populiste », les fameux débats participatifs, n'ont pas d'autre objectif que de cacher le vide de la pensée et l'immobilisme idéologique du PS. Je ne me réjouis pas de cette situation car elle complique singulièrement l'effort de modernisation que notre pays doit entreprendre.
Quel débat peut-on conduire avec un PS arc-bouté sur les « succès » de Jospin et plus préoccupé de draguer l'extrême gauche que de rassembler les français comme en témoigne les réactions au discours de Nicolas Sarkozy sur la France et sur son identité ?
Saisi par le vertige que provoque le vide de leur projet, les socialistes se raccrochent à la plus vieille des ficelles du débat politique : celle du complot !
Divulgation du patrimoine du couple Royal, fiche des renseignements généraux sur l'un des dirigeants d'une association qui s'oppose régulièrement par la force à l'Etat Français, énième « bourde » de la candidate provoquée par un humoriste qui a déjà, à son tableau de chasse, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac : tout cela ferait partie d'un vaste complot organisé par ses adversaires pour la déstabiliser. On pourrait en rire ! A condition que cette stratégie du rideau de fumée ne vienne pas ruiner nos efforts pour que l'élection présidentielle soit l'occasion du débat qui a tellement manqué en 2002 et dont dépend la prise de conscience par les français des risques graves de déclin qui menacent notre pays.
Dans un entretien très riche avec Jean Pierre Elkabbach sur « Europe 1 » hier matin, madame Royal s’est engagée à réduire à 50% la part de l’électricité française d’origine nucléaire. Aujourd’hui, grâce à la clairvoyance et la volonté des gouvernements de Pompidou et de Giscard et à la sagesse de Mitterrand, les centrales nucléaires françaises permettent de couvrir 80% de nos besoins électriques.
Après une première alerte sous Jospin qui avait décidé l’abandon du surgénérateur « Super Phénix » et gelé la décision de lancer la construction d’un réacteur de nouvelle génération pour satisfaire les exigences de ses partenaires verts, le PS s’engage dans une voie très périlleuse pour l’avenir de notre pays.
Comment compenser le désengagement nucléaire ?
Pas par la construction de centrales thermiques fonctionnant au fuel ou au gaz. La lutte contre l’effet de serre et les risques d’une dépendance accrue à l’égard des pays producteurs en font une voie sans issue.
Pas par le développement des énergies renouvelables dont aucun expert sérieux ne peut imaginer qu’elles soient en mesure de couvrir la moitié de nos besoins.
Dans « le Monde » de ce soir, Jean Pierre Chevènement qui a joué un rôle essentiel dans le maintien du choix nucléaire dans les années 80 s’étouffe devant cette déclaration irresponsable et, semble-t-il, contraire aux engagements pris à son égard pour qu’il renonce à être candidat à l’élection présidentielle.

J'avais omis de vous signaler le débat que j'ai mené avec Claude Allègre dans le dernier numéro de "L'Express" sur la recherche et l'enseignement supérieur.
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/22/12/54/debat.mht
Quand madame Royal va-t-elle nous proposer l’instauration du quinquennat ?
Depuis plusieurs semaines elle affirme en effet que la première loi qu’elle proposera au vote du Parlement si elle est élue à la Présidence de la République sera une loi contre les violences conjugales. Il aura fallu plusieurs semaines pour que les médias se rendent compte que cette loi a déjà été votée par le Parlement en avril dernier et qu’elle est strictement appliquée par la justice, notamment en ce qui concerne l’éloignement du domicile familial du mari ou du compagnon violent. Ignorance ou acte délibéré ?
Pour être utile la campagne présidentielle doit être une campagne de vérité.
Prétendre que la région Poitou-Charente n’a pas augmenté les impôts ou qu’elle a créé 5000 emplois, affirmer que Jospin avait mis en chantier plus de logements sociaux que les gouvernements de Jacques Chirac sont des contrevérités qui peuvent difficilement passer pour de simples erreurs mais qui ressemblent fort à une stratégie !
La disparition de l’abbé Pierre fait remonter en moi des souvenirs d’enfance. Mes parents furent parmi les fondateurs de la communauté d’Emmaüs au Mans au début des années soixante. J’ai passé de nombreux dimanches à jouer au milieu des cartons et des vieux appareils ménagers qui s’entassaient dans l’entrepôt de l’association. Je me souviens d’une formidable mobilisation qui rassemblait des hommes et des femmes venus d’horizons très différents mais réunis par une même cause et surtout par la force de l’appel de l’abbé Pierre qui leur donnait l’occasion de mettre en pratique un évangile devenu soudain tellement moderne et tellement efficace !
Un des membres de la communauté d’Emmaüs du Mans venait souvent passer le week end à la maison. C’était un homme âgé, usé par des années d’errance. Il me fascinait avec l’histoire de sa vie, si misérable et si riche de rencontres et d’expériences humaines.
Des milliers de français ont répondu à l’appel de l’Abbé Pierre et ont créé des communautés qui, un demi siècle plus tard, continuent d’apporter un foyer à des êtres humains qui en sont privés.
Valéry Giscard d’Estaing a raison de réclamer des funérailles nationales pour cet homme exceptionnel.
Le discours de Nicolas Sarkozy au congrès de l’UMP, dimanche dernier à la porte de Versailles n’a pas seulement lancé sa campagne, il a aussi déstabilisé en profondeur la gauche. La volonté de Nicolas Sarkozy de rassembler les Français et de réconcilier l’ancien régime et la révolution a suscité l’ironie et la critique prétentieuse de François Hollande comme de Ségolène Royal. Ce point est fondamental. Il illustre le contre sens historique sur lequel une grande partie de la gauche continue de fonder son analyse politique. La France serait passée de l’obscurité à la lumière en 1789 pour reprendre la formule ridicule de Jack Lang au lendemain de l’élection de François Mitterrand le 10 mai 1981.
Cette vision est justement désintégrée par Jean Daniel dans son éditorial du « Nouvel Observateur » de cette semaine.
« Quand à moi, je ne trouve pas régressif qu’une centaine de milliers de militants de « droite » fasse une ovation à « un sauveur » qui a recours à un langage que j’ai toute ma vie entendu dans l’autre camp. La réconciliation entre l’ancien régime et la révolution, entre les bâtisseurs de cathédrales et les vainqueurs de Valmy, entre le volontarisme républicain et la révolte démocratique sont des thèmes qui n’ont été développés ni par Joseph de Maistre, ni par Charles Maurras, mais par Michelet et Marc Bloch » écrit Jean Daniel.
La France aura fait un pas immense vers l’avenir lorsque la gauche s’exprimera comme Jean Daniel, lorsque qu’elle abandonnera ses mythes fondateurs telle la lutte des classes qui s’illustre dans la formule de François Hollande « je n’aime pas les riches » Pour conduire la France vers le progrès, il importe avant tout de la rassembler et de rendre à chaque Français quelles que soient ses convictions et son histoire, sa fierté d’être l’héritier d’une si grande Nation qui n’a rien à renier de son passé.
Jeudi 25 janvier, à 20 h 45, je vais débattre sur France 2 avec François Hollande. Puisque l’heure est aux débats participatifs, je serai intéressé de recueillir vos avis et vos suggestions pour préparer cette émission.
Clara, à juste titre, recommande la lecture du discours de Rama Yade, secrétaire national de l'UMP à la francophonie. Ce discours a constitué un des temps forts de notre congrès et une révélation:http://www.viewontv.com/ump/congres_14012007/vod2.php?id=9



