Belle réunion publique hier soir à Nîmes à l’invitation de Jean Paul Fournier.
3000 personnes se pressaient dans la salle du parc des expositions. L’ambiance était à l’enthousiasme mais aussi à la gravité. J’aime sentir la qualité de l’écoute d’une salle. Quand les applaudissements ne sont pas mécaniques mais révèlent la communion du public avec les idées que l’on défend. Dans cette campagne, depuis le début, les français sont au rendez vous. Ils sont devant leur écran de télévision comme jamais, dans les débats et les réunions publiques. Ils ont rarement été aussi mobilisés, aussi attentifs. Bernard Henri Lévy a tort de dire que la campagne est nulle. Elle est nulle à Saint Germain mais pas à Nîmes, pas à Perpignan, pas à Rennes ! Débarrassée de ses habituelles scories, auxquelles la presse donne un écho totalement démesuré, la campagne intéresse, interpelle, passionne, exaspère. Les Français ne se plaignent pas de trop de politique, ils en veulent plus. Ils veulent que le débat ait lieu, que les questions soient tranchées, que l’on mette fin à une impuissance dont le consensus mou qui prévaut depuis si longtemps est la principale cause.
J’ai profité de l’occasion pour rencontrer les viticulteurs du Gard dont la situation économique et morale est désastreuse ainsi que les associations qui représentent les rapatriés d’Algérie et les Harkis.
Tous veulent un débat démocratique sur des vrais choix. Tous veulent la vérité et non la compassion.
Je ne regrette pas le choix du titre de mon livre.

Jeudi 1° mars, je suis l'invité de "la matinale" de canal plus à 7h30
A 19h15 au parc des expositions.

Ce matin, polémique sur les compétences de Nicolas Sarkozy en matière de défense et de politique étrangère !
J’aime bien Jean Jacques Bourdin mais la campagne présidentielle lui monte à la tête.
Nicolas Sarkozy a eu raison de lui répondre que la France possède 4 sous marins nucléaires puisque ce vocable désigne communément les SNLE, c'est-à-dire les sous marins lanceurs d’engins de la force de dissuasion. Nous avons bien 4 SNLE, ce qui fait de nous la troisième puissance nucléaire navale après les Etats-Unis et la Russie. C’est cette force qui nous donne un rôle très spécial dans le concert des nations que symbolise notre siège au conseil de sécurité des Nations Unies.
Il est vrai que nous avons, aussi, des sous marins d’attaque au nombre de 6 qui n’ont de nucléaire que leur propulsion et dont le rôle est celui de tous les sous marins classiques, c'est-à-dire assurer la sécurité des bâtiments de surfaces et détruire les navires ennemis.
Quant à la question de savoir si Al Qaïda est une organisation chiite ou sunnite, Nicolas Sarkozy a eu bien raison de refuser de répondre. Il est stupide de caractériser cette organisation terroriste par la seule appartenance religieuse de ses dirigeants. Il s’agit d’une nébuleuse qui dépasse très largement les frontières des frères ennemis de l’islam et qui recrute des révoltés contre l’occident bien au-delà de la seule famille sunnite.
Réduire Al Qaida aux seuls sunnites n’est ni exact, ni responsable !

Vendredi déplacement à Perpignan avec Nicolas Sarkozy. Rencontre poignante avec une centaine de jeunes du quartier Maillol. Je m’assoie dans la salle au milieu de jeunes femmes dont beaucoup portent le voile. Leurs visages s’éclairent quand Nicolas Sarkozy évoque l’égalité des droits, quand il refuse qu’au nom des traditions culturelles et religieuses, des libertés fondamentales pour lesquelles des générations de français se sont battues leurs soient refusées. Je me souviens de mon engagement en faveur de loi interdisant le voile à l’école. Bien peu défendait ce texte. La FSU et la FCPE y étaient hostiles au nom du respect des différences. Au sein même du gouvernement les avis étaient très partagés. Je me félicite d’avoir pris cette position. Imposer un voile à une jeune fille, c’est lui signifier qu’elle est différente, qu’elle n’a pas les mêmes droits qu’un garçon. C’est une discrimination qui ne peut pas être tolérée dans l’école de la République. Ce n’est pas une affaire de religion comme on a voulu maladroitement la présenter, mais une question d’égalité des sexes et de droits des femmes. Pourquoi la gauche n’a-t-elle rien fait pour lutter contre cette discrimination ? Parce qu’elle était engluée dans les sables mouvants de ses bons sentiments, dans son éloge de la diversité et du respect des cultures.

La gauche s’étrangle quand Nicolas Sarkozy cite Jaurès et accuse le parti socialiste d’avoir trahi ses grands anciens. Ce texte de Jaurès sur le patronat montre à quel point il a raison !
« Il n’y a de classe dirigeante que courageuse. A toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l’acceptation consciente du risque. Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer. Est respecté celui qui, volontairement, accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux. Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité, en prenant sur soi les dangers.
Le courage, pour l’entrepreneur, c’est 1’esprit de 1’entreprise et le refus de recourir à l’Etat ; pour le technicien, c’est le refus de transiger sur la qualité ; pour le directeur du personnel ou le directeur d’usine, c’est la défense de la maison, c’est dans la maison, la défense de l’autorité et, avec elle, celle de la discipline et de l’ordre.
Dans la moyenne industrie, il y a beaucoup de patrons qui sont à eux mêmes, au moins dans une large mesure, leur caissier, leur comptable, leur dessinateur, leur contremaître ; et ils ont avec la fatigue du corps, le souci de l’esprit que les ouvriers n’ont que par intervalles. Ils vivent dans un monde de lutte où la solidarité est inconnue. Jusqu’ici, dans aucun pays, les patrons n’ont pu se concerter pour se mettre à l’abri, au moins dans une large mesure, contre les faillites qui peuvent détruire en un jour la fortune et le crédit d’un industriel.
Entre tous les producteurs, c’est la lutte sans merci ; pour se disputer la clientèle, ils abaissent jusqu’à la dernière limite, dans les années de crise, le prix de vente des marchandises, ils descendent même au dessous des prix de revient. Ils sont obligés d’accepter des délais de paiement qui sont pour leurs acheteurs une marge ouverte à la faillite et, s’il survient le moindre revers, le banquier aux aguets veut être payé dans les vingt-quatre heures.
Lorsque les ouvriers accusent les patrons d’être des jouisseurs qui veulent gagner beaucoup d’argent pour s’amuser, ils ne comprennent pas bien l’âme patronale. Sans doute, il y a des patrons qui s’amusent, mais ce qu’ils veulent avant tout, quand ils sont vraiment des patrons, c’est gagner la bataille. Il y en a beaucoup qui, en grossissant leur fortune, ne se donnent pas une jouissance de plus ; en tout cas, ce n’est point surtout à cela qu’ils songent. Ils sont heureux, quand ils font un bel inventaire, de se dire que leur peine ardente n’est pas perdue, qu’il y a un résultat positif, palpable, que de tous les hasards il est sorti quelque chose et que leur puissance d’action est accrue.
Non, en vérité, le patronat, tel que la société actuelle le fait, n’est pas une condition enviable. Et ce n’est pas avec les sentiments de colère et de convoitise que les hommes devraient se regarder les uns les autres, mais avec une sorte de pitié réciproque qui serait peut être le prélude de la justice ! »
Jean JAURÈS - 28 mai 1890 - La Dépêche de Toulouse

La mise à l’écart durant la campagne présidentielle d’Alain Duhamel au motif qu’il a déclaré en octobre dernier dans une réunion quasi privée avec des étudiants de Sciences Po qu’il voterait pour François Bayrou est un acte de censure stupide qui pose deux questions : Celle du fonctionnement du service public de la Télévision et celle de la diffusion d’informations privées sur Internet.
Chacun sait que c’est sur une demande insistante d’un représentant d’une organisation syndicale qui ne cache guère ses sympathie avec la gauche, voire même l’extrême gauche, qu’Alain Duhamel a été suspendu par la direction de France Télévision. Voilà une information qui ne va pas contribuer à apaiser les craintes de ceux qui pensent que le service public de la Radio et de la Télévision pratique une autogestion qui donne à quelques minorités agissantes une influence excessive sur les programmes et sur le traitement de l’actualité !
Alain Duhamel est une grande voix, comme celle de Jean Daniel ou de Jean François Kahn. Il apporte tellement plus au débat politique que tous ces « interviewers » totalement dépourvus de culture politique, qui confondent l’audimat et l’avenir de la France.
Je suis impatient de voir les défenseurs de la liberté d’expression, d’habitude si nombreux à gauche, s’élever contre ce mauvais procès qui n’honore pas ceux qui l’ont initié.
Mais cette affaire pose aussi la question de la diffusion sur Internet d’informations qui touchent à la vie privée, ou, en tout cas, n’ont pas fait l’objet d’un accord de celui ou de celle qu’elles concernent.
Qu’en pensez vous ?
A la différence de Ségolène Royal, dont le programme cherche à faire plaisir à toutes les clientèles, des enseignants aux syndicalistes, des jeunes aux retraités, des intermittents du spectacle aux fonctionnaires, le projet présidentiel
Pour
Les principales mesures du projet présidentiel
· exonération sociale et fiscale des heures supplémentaires pour augmenter le nombre d’heures travaillées ;
· sécurité sociale professionnelle, car si le travail doit payer, il doit aussi protéger ;
· société du plein emploi par la mobilisation du travail de tous ;
· bouclier fiscal à 50% et investissement dans le capital des PME déductible de l’ISF, pour favoriser le retour des talents et des capitaux ;
· investissement massif dans l’enseignement supérieur, la recherche, l’innovation pour une économie qui monte en gamme, des emplois plus qualifiés, et des salaires plus élevés ;
· école plus exigeante, qui n’a peur ni de l’effort, ni de l’évaluation des élèves, des enseignants et des établissements ;
· autonomie des universités pour donner aux diplômes une vraie valeur sur le marché du travail.
On ne trouve pas, dans le programme de Ségolène Royal, une orientation aussi forte et structurante, sinon celle de la réhabilitation de l’assistanat, de l’égalitarisme, du nivellement, avec de la gratuité, des allocations, des contrats aidés partout, pour tous, sans aucune contrepartie.
2. Un projet qui dit la vérité aux Français et permet la modernisation de notre pays
Si le programme de Mme Royal comporte certaines similitudes ou certains emprunts au projet
C’est le cas notamment :
· des universités : Mme Royal comme
· de la recherche : Mme Royal comme
· de la sécurité sociale professionnelle : Mme Royal comme
· de la santé : Mme Royal comme
· de la protection sociale : Mme Royal comme
· des retraites : Mme Royal comme
· du dialogue social : Mme Royal comme
· des jeunes : Mme Royal comme
· de la justice : Mme Royal comme
3. Un projet qui a une méthode
Pour chacune de ses réformes,
Le projet
4. Un projet qui est financé
Un premier chiffrage rapide du programme de Ségolène Royal fait apparaître un coût minimal de 80 Mds d’euros. Pour autant, Mme Royal n’a évoqué aucune piste d’économie dans son programme, sinon la décentralisation, dont l’histoire n’a cessé de montrer depuis 25 ans que, si elle permettait sans doute de mieux gérer, elle ne permettait pas de moins dépenser.
Sur le plan du coût et du financement, trois différences fondamentales opposent le projet
· le projet
· le projet
· le projet
François Fillon



