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Mardi 7 mars 2006

Mobilisation contre le CPE ! La journée de mardi va ressembler à beaucoup d’autres. Les médias ont battu le rappel pendant quarante huit heures. Les mêmes organisations vont mobiliser les mêmes militants avec les mêmes slogans. Le sujet importe peu, l’important c’est de faire reculer le gouvernement. Au prix d’amalgames et de mensonges, qu’importe puisque la cause est bonne ! C’est celle de la jeunesse. Une jeunesse que les erreurs répétées de la gauche et parfois de la droite condamnent avec son assentiment à l’avenir le plus injuste des grands pays développés avec un taux de chômage de près de 20% et une perspective d’ascension sociale quasi nulle. En France, aujourd’hui, plus de 80% des enfants d’ouvriers ou de salariés occuperont des situations équivalentes à celles de leurs parents. Quand plus de 60% des jeunes américains décrocheront un diplôme de l’enseignement supérieur, seulement 37% des jeunes français atteindront le même niveau. Pourtant il ne faut toucher ni à la politique d’éducation, ni au baccalauréat, ni à l’université !

Comment sortir de cette impasse qui porte un nom terrible pour le pays des lumières, celui de déclin ?

D’abord en ne cédant pas ! Si l’on veut rendre à la démocratie ses droits, il convient de rappeler que c’est aux électeurs à l’occasion des élections nationales de choisir les politiques qu’ils souhaitent voir conduites, pas à quelques organisations qui, pour importantes qu’elles soient n’ont pas vocation à remplacer le parlement. C’est ce que j’ai essayé de faire tant avec la réforme des retraites qu’avec celle de l’école.

Ensuite, en ne changeant pas de politique et de gouvernement tous les 18 mois comme c’est le cas depuis si longtemps. La France a connu 26 gouvernements depuis 1981, l’Allemagne 9, l’Espagne 8 et la Grande Bretagne 7 ! Aucune politique ne peut réussir sans la durée, aucun gouvernement ne peut restaurer l’autorité de l’Etat et la confiance du peuple dans ses institutions sans la stabilité.

Enfin, en rendant au parlement son rôle de représentation du peuple français.

Notre constitution et surtout la pratique qui en est faite, rend le débat au parlement inutile puisque conclu par avance. Quand Tony Blair veut augmenter  les droits d’inscription dans les universités, il doit affronter la chambre des Communes dans un débat difficile à l’issue incertaine. Mais quand il remporte la victoire avec  trois voix de majorité, il a réellement gagné la partie. En France, le vote avec plus de 130 voix de majorité d’un texte de loi ne clôt pas le débat, au contraire ? La réforme de nos institutions, même si elle doit être prudente, ne peut plus être différée. Il faut que les parlementaires retrouvent le droit de critiquer, d’amender sans que leur travail ne déclenche une crise politique. Ce ne sera pas facile, tant nos habitudes sont contraires et anciennes, mais je ne peux pas me résoudre à l’idée que la France qui a incarné pour tant de peuples l’idée même de la démocratie, soit incapable aujourd’hui de la faire vivre.

 

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