Monsieur le Premier Ministre,
Cher Nicolas,
Après trois années au gouvernement, me voici devant vous, jeunes de l'UMP, en simple militant, en homme libre.
Libre et fier d'avoir accompli mon devoir contre vents et marées.
Libre de donner ma part de vérité.
Cette vérité saute aux yeux : face aux transformations du monde notre peuple hésite et gronde, tandis que les politiques naviguent à vue. Le pays veut la grandeur mais craint les sacrifices qu'elle exige, désire la prospérité mais redoute les changements qu'elle suppose.
La France choisira-t-elle de construire son avenir sur la réforme et l'action ou cédera-t-elle au vertige du déclin ?
Dans un an, à la même date, cette question sera brûlante car nous entrerons dans la dernière ligne droite avant les élections présidentielles et législatives.
Elles seront décisives pour le pays. Non seulement parce que l'histoire du monde s'accélère autour de nous, mais aussi parce que le risque d'un pathétique retour en arrière existe en France.
Chers amis,
En cette fin d'été, le PS a sorti ses tréteaux et nous livre son spectacle. Le scénario est connu : il s'agit de se partager le royaume de Solferino. Quant aux personnages de ce grand guignol, ils nous sont familiers :
" Voici Laurent Fabius – dit "le rouge au soulier vernis" - bastonnant François Hollande, qualifié par ses propres amis, de "François le mou". Attiré par le chahut, voici Henri Emmanuelli et Arnaud Montebourg - l'homme des grandes leçons de morale ! - qui suggèrent un petit meurtres entre amis.
Jack – dit "langue de Blois" - n'est pas en reste : lui aussi à une stratégie pour faire passer le royaume de Solferino de l'ombre à la lumière. Mais attention, Dominique Strauss Kahn – dit "le rusé" – attend son heure, tandis que Martine – la dame aux 35 erreurs – affûte ses prochaines catastrophes.
Survolant la mêlée, seul Michel Rocard - dit "hamster érudit" – énonce la vérité et c'est pourquoi il doit être exécuté.
Fin du spectacle ! Suite au prochain épisode… c'est à dire au congrès du Mans.
Oui, tout cela est gnignolesque. Pour autant, tout ceci n'est pas aussi inoffensif qu'on le pense.
La déroute de la pensée qui prévaut chez nos adversaires est inquiétante. Il est consternant pour le débat démocratique d'avoir à affronter un parti en voie de gauchissement, un parti ne daignant pas fricoter avec l'extrême gauche dont l'influence ne cesse d'archaïser le débat public.
A l'époque du Rassemblement Pour la République, nous avons, avec Nicolas, suffisamment combattu le Front National pour exiger aujourd'hui de la gauche qu'elle en fasse de même avec ses extrêmes !
Nous sommes en droit de réclamer du parti socialiste une clarification politique et morale face à des individus qui puisent toujours leur inspiration dans une idéologie, qui, pendant 70 ans, a fait régner la terreur et la misère sur une partie du monde.
Le PS entouré de Besancenot, Bové, Buffet et tous les autres : est-ce cela l'alternance qu'on nous propose ?
Cet attelage n'a pas la tête d'un porte-bonheur.
Nous ne pouvons laisser les clés de la France à des individus qui ne savent toujours pas s'il convient ou non d'accepter la mondialisation ou l'économie de marché… Ces gens là ont cinquante ans de retard ! Notre devoir est de les battre.
En 2007, je veux une victoire par adhésion nous autorisant à gouverner et changer la France, non d'une victoire par défaut nous invitant à la gérer prudemment !
Pour cela, il faut un projet clair et net nous donnant une légitimité incontestable pour agir droit.
Ce projet, l'UMP est en train de l'élaborer sous l'impulsion créative de Nicolas Sarkozy.
Il part d'un diagnostic que chaque citoyen ressent : la France est devenue un pays dont les espoirs individuels ou collectifs ne sont plus atteignables.
Je parcours actuellement, de long en large, mon département de la Sarthe. J'entends les mots de la fatigue et de la désillusion de tous ceux qui ont le sentiment d'agir dans le vide.
Promotion professionnelle, achat d'un logement, création et gestion d'une entreprise, développement d'un projet associatif ou culturel : tout se heurte au statu quo, à l'impossible, à l'inutile. C'est le propre des sociétés bloquées par ses tracasseries et ses usages, ses structures et ses castes.
Face à cela, notre mouvement doit incarner la France des rêves accessibles. Pour ce faire, le modèle français doit être refondu autour de trois orientations : celle d'une société plus ouverte, plus active, plus juste. De nouvelles valeurs doivent s'imposer : celle du respect, de l'audace et de la responsabilité.
Pour porter notre projet, il faut une stratégie politique.
Elle doit être fondée sur la complémentarité entre le gouvernement et l'UMP.
Cette complémentarité rime avec unité, car la réussite des uns ne peut reposer sur la déroute des autres. Nous avons le devoir de terminer ensemble, de façon sérieuse et utile, le mandat du Président de la République.
Dominique de Villepin entend donner du souffle à ces deux dernières années. Il en a la volonté. Il le fera avec notre appui !
Mais la complémentarité exige aussi la liberté de ton et d'action de notre mouvement, car il doit être le porte-parole de l'avenir et pas seulement celui du présent.
Cette stratégie doit aussi reposer sur la lucidité et la franchise.
Il est, selon moi, un exercice auquel nous devrons procéder le moment venu, afin de créer un nouveau climat de confiance avec les Français : cet exercice, c'est l'examen de notre bilan.
Afin de ne pas laisser le soin à nos adversaires de dire n'importe quoi à son sujet, afin de démontrer que nous sommes pas tenus par la langue de bois, nous devrons dire à nos concitoyens pourquoi certaines choses ont bloqué, pourquoi certaines erreurs furent commises, pourquoi certains objectifs ne purent être atteints, pourquoi le courage a parfois manqué.
Cette sincérité doit nous permettre d'assumer le passé sans en être ses prisonniers ; elle doit nous permettre de porter le bilan sans renoncer aux ruptures nécessaires car nous devrons incarner le changement.
Cette lucidité sur nous-mêmes devra être le signe d'une clairvoyance plus large encore.
Au regard des vingt dernières années, chacun devra bien avoir à l'esprit que le zapping électoral est devenue la règle. Aucune majorité ne s'est succédée. Cela signifie que nous devrons aborder l'épreuve de 2007 en outsider décidé et non en challenger satisfait.
Unité, liberté, lucidité : voilà les termes de la stratégie.
Monsieur le Premier Ministre, cher Nicolas, nous avons, je le sais, une intuition commune : le fossé qui existe entre les citoyens et la politique n'est pas le fruit de trop d'idées mais de trop de préjugés ; il n'est pas le résultat de trop d'action mais de trop d'hésitation ; il n'est pas la somme de trop de fermeté mais de trop d'inconstance.
Tout cela a entraîné un effondrement de la légitimité du politique.
Il faut la redresser.
Légitimer la politique, c'est donner de l’autorité à l’action publique. Dans notre pays, il n’est plus possible que se soient les corporatismes et les minorités qui faussent toujours le sens de l’intérêt général. L’Etat n’est pas un prestataire de services. Il est là pour arbitrer et donner un cap à la société française !
Légitimer la politique, c'est gouverner sur la base d'un projet précis, appliqué jusqu'au bout et non révisé au premier "coup de grisou", sous l'œil furibard de nos électeurs.
Légitimer la politique, c'est avoir le courage de sortir de la tyrannie du court-terme, dictée par les modes, les sondages et la peur du premier manifestant venu.
Légitimer la politique, c'est enfin ressusciter l’esprit civique car tout ne peut venir du sommet.
Une révolution culturelle est nécessaire dans le pays !
Après les années 70 qui ont vu l’utopisme annoncer l'individualisme, après les années 80 qui ont vu l’égalitarisme masquer le cynisme, après les années 90 qui ont vu le socialisme épouser tous les corporatismes, je vois - jeunes de l'UMP - monter une nouvelle génération et d'autres valeurs dont vous devez être les porte-parole.
Une génération qui prend acte d’un monde ouvert au sein duquel la fierté nationale peut être une source d’énergie et d'enrichissement mutuel.
Une génération qui souscrit et se bat avec les règles du marché sans pour autant accepter de voir la vie devenir une marchandise.
Une génération qui oppose à l’arrogance, l’humilité et le travail.
Une génération qui, contre l’abstraction et les dogmes, juge sur les faits.
Les pyramides idéologiques et les certitudes partisanes s'effondrent, entraînant dans leur chute les vieilles idées, les vieux tabous, les vieux réflexes.
Le ciel se dégage.
Tout appelle à un souffle nouveau.
Pour vous, Jeunes Populaires, c'est maintenant qu'il convient de penser loin, large et différent.
Vous devez saisir votre époque !
Vous l'insufflerez de vos espoirs !
Vous aurez le courage d'oser !
Vous serez alors, la génération qui change la France.
Cher Nicolas,
Après trois années au gouvernement, me voici devant vous, jeunes de l'UMP, en simple militant, en homme libre.
Libre et fier d'avoir accompli mon devoir contre vents et marées.
Libre de donner ma part de vérité.
Cette vérité saute aux yeux : face aux transformations du monde notre peuple hésite et gronde, tandis que les politiques naviguent à vue. Le pays veut la grandeur mais craint les sacrifices qu'elle exige, désire la prospérité mais redoute les changements qu'elle suppose.
La France choisira-t-elle de construire son avenir sur la réforme et l'action ou cédera-t-elle au vertige du déclin ?
Dans un an, à la même date, cette question sera brûlante car nous entrerons dans la dernière ligne droite avant les élections présidentielles et législatives.
Elles seront décisives pour le pays. Non seulement parce que l'histoire du monde s'accélère autour de nous, mais aussi parce que le risque d'un pathétique retour en arrière existe en France.
Chers amis,
En cette fin d'été, le PS a sorti ses tréteaux et nous livre son spectacle. Le scénario est connu : il s'agit de se partager le royaume de Solferino. Quant aux personnages de ce grand guignol, ils nous sont familiers :
" Voici Laurent Fabius – dit "le rouge au soulier vernis" - bastonnant François Hollande, qualifié par ses propres amis, de "François le mou". Attiré par le chahut, voici Henri Emmanuelli et Arnaud Montebourg - l'homme des grandes leçons de morale ! - qui suggèrent un petit meurtres entre amis.
Jack – dit "langue de Blois" - n'est pas en reste : lui aussi à une stratégie pour faire passer le royaume de Solferino de l'ombre à la lumière. Mais attention, Dominique Strauss Kahn – dit "le rusé" – attend son heure, tandis que Martine – la dame aux 35 erreurs – affûte ses prochaines catastrophes.
Survolant la mêlée, seul Michel Rocard - dit "hamster érudit" – énonce la vérité et c'est pourquoi il doit être exécuté.
Fin du spectacle ! Suite au prochain épisode… c'est à dire au congrès du Mans.
Oui, tout cela est gnignolesque. Pour autant, tout ceci n'est pas aussi inoffensif qu'on le pense.
La déroute de la pensée qui prévaut chez nos adversaires est inquiétante. Il est consternant pour le débat démocratique d'avoir à affronter un parti en voie de gauchissement, un parti ne daignant pas fricoter avec l'extrême gauche dont l'influence ne cesse d'archaïser le débat public.
A l'époque du Rassemblement Pour la République, nous avons, avec Nicolas, suffisamment combattu le Front National pour exiger aujourd'hui de la gauche qu'elle en fasse de même avec ses extrêmes !
Nous sommes en droit de réclamer du parti socialiste une clarification politique et morale face à des individus qui puisent toujours leur inspiration dans une idéologie, qui, pendant 70 ans, a fait régner la terreur et la misère sur une partie du monde.
Le PS entouré de Besancenot, Bové, Buffet et tous les autres : est-ce cela l'alternance qu'on nous propose ?
Cet attelage n'a pas la tête d'un porte-bonheur.
Nous ne pouvons laisser les clés de la France à des individus qui ne savent toujours pas s'il convient ou non d'accepter la mondialisation ou l'économie de marché… Ces gens là ont cinquante ans de retard ! Notre devoir est de les battre.
En 2007, je veux une victoire par adhésion nous autorisant à gouverner et changer la France, non d'une victoire par défaut nous invitant à la gérer prudemment !
Pour cela, il faut un projet clair et net nous donnant une légitimité incontestable pour agir droit.
Ce projet, l'UMP est en train de l'élaborer sous l'impulsion créative de Nicolas Sarkozy.
Il part d'un diagnostic que chaque citoyen ressent : la France est devenue un pays dont les espoirs individuels ou collectifs ne sont plus atteignables.
Je parcours actuellement, de long en large, mon département de la Sarthe. J'entends les mots de la fatigue et de la désillusion de tous ceux qui ont le sentiment d'agir dans le vide.
Promotion professionnelle, achat d'un logement, création et gestion d'une entreprise, développement d'un projet associatif ou culturel : tout se heurte au statu quo, à l'impossible, à l'inutile. C'est le propre des sociétés bloquées par ses tracasseries et ses usages, ses structures et ses castes.
Face à cela, notre mouvement doit incarner la France des rêves accessibles. Pour ce faire, le modèle français doit être refondu autour de trois orientations : celle d'une société plus ouverte, plus active, plus juste. De nouvelles valeurs doivent s'imposer : celle du respect, de l'audace et de la responsabilité.
Pour porter notre projet, il faut une stratégie politique.
Elle doit être fondée sur la complémentarité entre le gouvernement et l'UMP.
Cette complémentarité rime avec unité, car la réussite des uns ne peut reposer sur la déroute des autres. Nous avons le devoir de terminer ensemble, de façon sérieuse et utile, le mandat du Président de la République.
Dominique de Villepin entend donner du souffle à ces deux dernières années. Il en a la volonté. Il le fera avec notre appui !
Mais la complémentarité exige aussi la liberté de ton et d'action de notre mouvement, car il doit être le porte-parole de l'avenir et pas seulement celui du présent.
Cette stratégie doit aussi reposer sur la lucidité et la franchise.
Il est, selon moi, un exercice auquel nous devrons procéder le moment venu, afin de créer un nouveau climat de confiance avec les Français : cet exercice, c'est l'examen de notre bilan.
Afin de ne pas laisser le soin à nos adversaires de dire n'importe quoi à son sujet, afin de démontrer que nous sommes pas tenus par la langue de bois, nous devrons dire à nos concitoyens pourquoi certaines choses ont bloqué, pourquoi certaines erreurs furent commises, pourquoi certains objectifs ne purent être atteints, pourquoi le courage a parfois manqué.
Cette sincérité doit nous permettre d'assumer le passé sans en être ses prisonniers ; elle doit nous permettre de porter le bilan sans renoncer aux ruptures nécessaires car nous devrons incarner le changement.
Cette lucidité sur nous-mêmes devra être le signe d'une clairvoyance plus large encore.
Au regard des vingt dernières années, chacun devra bien avoir à l'esprit que le zapping électoral est devenue la règle. Aucune majorité ne s'est succédée. Cela signifie que nous devrons aborder l'épreuve de 2007 en outsider décidé et non en challenger satisfait.
Unité, liberté, lucidité : voilà les termes de la stratégie.
Monsieur le Premier Ministre, cher Nicolas, nous avons, je le sais, une intuition commune : le fossé qui existe entre les citoyens et la politique n'est pas le fruit de trop d'idées mais de trop de préjugés ; il n'est pas le résultat de trop d'action mais de trop d'hésitation ; il n'est pas la somme de trop de fermeté mais de trop d'inconstance.
Tout cela a entraîné un effondrement de la légitimité du politique.
Il faut la redresser.
Légitimer la politique, c'est donner de l’autorité à l’action publique. Dans notre pays, il n’est plus possible que se soient les corporatismes et les minorités qui faussent toujours le sens de l’intérêt général. L’Etat n’est pas un prestataire de services. Il est là pour arbitrer et donner un cap à la société française !
Légitimer la politique, c'est gouverner sur la base d'un projet précis, appliqué jusqu'au bout et non révisé au premier "coup de grisou", sous l'œil furibard de nos électeurs.
Légitimer la politique, c'est avoir le courage de sortir de la tyrannie du court-terme, dictée par les modes, les sondages et la peur du premier manifestant venu.
Légitimer la politique, c'est enfin ressusciter l’esprit civique car tout ne peut venir du sommet.
Une révolution culturelle est nécessaire dans le pays !
Après les années 70 qui ont vu l’utopisme annoncer l'individualisme, après les années 80 qui ont vu l’égalitarisme masquer le cynisme, après les années 90 qui ont vu le socialisme épouser tous les corporatismes, je vois - jeunes de l'UMP - monter une nouvelle génération et d'autres valeurs dont vous devez être les porte-parole.
Une génération qui prend acte d’un monde ouvert au sein duquel la fierté nationale peut être une source d’énergie et d'enrichissement mutuel.
Une génération qui souscrit et se bat avec les règles du marché sans pour autant accepter de voir la vie devenir une marchandise.
Une génération qui oppose à l’arrogance, l’humilité et le travail.
Une génération qui, contre l’abstraction et les dogmes, juge sur les faits.
Les pyramides idéologiques et les certitudes partisanes s'effondrent, entraînant dans leur chute les vieilles idées, les vieux tabous, les vieux réflexes.
Le ciel se dégage.
Tout appelle à un souffle nouveau.
Pour vous, Jeunes Populaires, c'est maintenant qu'il convient de penser loin, large et différent.
Vous devez saisir votre époque !
Vous l'insufflerez de vos espoirs !
Vous aurez le courage d'oser !
Vous serez alors, la génération qui change la France.
par Francois Fillon
publié dans :
Discours



