Et voilà qu'hier, la lettre de l'expansion, qui s'était déjà illustrée il ya quelques semaines en publiant des commentaires fantaisistes sur mes relations avec Jean-Louis Borloo, s'est cru autorisé d'en publier des extraits, brisant sans complexe l'embargo médiatique qui était prévu et connu de tous. Du coup, les choses se sont emballées. L'AFP s'y est mise, puis les quotidiens du matin, puis les radios.
Je suis furieux ! Furieux de voir que les règles élémentaires de l'information ne sont pas respectées. Furieux de voir que sur les 250 pages, seules les quelques lignes sur Jacques Chirac sont reprises et tirées de leur contexte. Furieux de voir que le portait nuancé que je dresse du Président de la République devient un portait au vitriol. Furieux en définitive de voir que certains journalistes ne s'intéressent qu'à la forme et non au fond.
Cette façon de traiter de la politique à travers le seul prisme des luttes individuelles est calamiteuse et irresponsable. Elle ne permet pas aux citoyens d'être éclairé. Elle abaisse notre démocratie. Pour réconcilier les Français avec l'action publique, celles et ceux qui sont en charge de décrypter et de commenter la vie politique ont, eux aussi, une haute responsabilité. Qu'ils s'en montrent dignes!

Je suis resté à Sablé, ce week-end, pour accueillir le congrès départemental des Sapeurs Pompiers.
Cette institution où se mêlent professionnels et volontaires assure la sécurité de nos concitoyens avec beaucoup d’efficacité et pour un coût très raisonnable.
C’est l’un des derniers endroits dans notre pays où l’engagement volontaire n’est pas en voie de disparition. Et quel engagement que celui qui conduit parfois jusqu’au sacrifice de sa vie comme ce fut le cas pour 10 Sapeurs Pompiers depuis le début de l’année.
Maire pendant vingt ans de Sablé-sur-Sarthe, j’ai vécu plusieurs crises sérieuses avec les pompiers. Durant les grandes inondations de 1995, j’ai partagé leur vie quotidienne pendant près d’une semaine. Leur dévouement, leur professionnalisme, leur discipline n’ont d’égal que leur sens de la fête lorsque l’épreuve est passée ou que la nuit de veille est trop longue. La camaraderie qui s’installe entre eux n’a guère d’équivalent sauf chez les militaires !
Pourquoi faut il alors que certaines de leurs instances représentatives nationales n’expriment que des revendications catégorielles qui sont terriblement éloignées de l’esprit qui règne à la base.
On connaît les revendications des professionnels concernant l’âge de départ à la retraite. Leur métier a certainement des contraintes particulières qui peuvent justifier des statuts particuliers mais il ne peut pas les exempter d’une évolution qu’imposent les progrès considérables fait en terme d’espérance de vie.
Autre sujet de débat : Le financement des services départementaux d’incendie et de secours que la loi vient de confier en totalité aux départements. Certaines organisations représentatives y voient la rupture du lien entre les Pompiers et les communes et demandent l’abrogation d’une disposition votée par le Parlement dans le but de clarifier les responsabilités des collectivités locales en supprimant les financements croisés et en spécialisant chaque échelon. Nous ne parviendrons jamais à moderniser notre pays si nous nous laissons impressionner par tous ceux qui veulent que rien ne change parce qu’ils refusent de considérer qu’au delà des désagréments que produisent les changements, la question de l’intérêt général est posée.
On ne peut pas réformer
Et si les Pompiers s’occupaient de la sécurité, les Postiers de fournir le meilleur service à leurs clients et les Maires de contribuer au bon fonctionnement de l’Etat dont ils sont partie prenante !
Christophe Azais m’a demandé le texte de mon discours aux universités d’été de l’UMP à marseille.
http://www.u-m-p.org/site/GrandDiscoursAffiche.php?IdGrandDiscours=228
Je suis l’invité de Jean-Michel Apathie sur RTL demain à 7H50
Week-end chargé : Visite de quatre fédérations UMP en 4 jours !
Jeudi soir à l’invitation d’Alfred Trassy-Paillogues à Auffay en Seine-Maritime réunion avec un peu plus de 500 militants.
Vendredi débat avec les militants UMP de la deuxième circonscription de la Sarthe en présence de Jean-Marie Geveaux député et de Marcel Pierre Cléach sénateur.
Dimanche matin débat avec les militants de la fédération du Loir et Cher à la Cour de Cheverny en présence de Guy Vasseur et de Patrice Martin Lalande.
Dimanche après midi visite aux militants de l’Eure et Loire réunis à Thivars à l’initiative de Daniel Guéret président de la fédération et en présence de tous les élus du département.
Intéressant éditorial du « Monde » sur la polémique sur les régimes spéciaux.
Mes déclarations sur la nécessaire réforme des régimes spéciaux a déclenché une tempête dans un verre d’eau comme en raffole notre système politico médiatique et en dit long sur son absence de mémoire, de culture et de courage !
Je n’ai jamais cessé de dire, depuis 2002, que la réforme des régimes spéciaux serait à l’ordre du jour de la prochaine législature. Si nous ne l’avons pas réalisé en 2003, c’est en raison de l’échec de 1995 et du coupable attentisme de la gauche qui a rendu plus difficile une évolution que tous les pays européens ont conduit, le plus souvent de façon consensuelle. En promettant la retraite à soixante ans quand nos voisins s’engageaient déjà sur l’allongement de la vie active, la gauche a trompé les français et a obscurci leur jugement sur cette question.
En 2007, tout gouvernement devra entreprendre la réforme des régimes spéciaux. Pourquoi ?
Parce que c’est une question de justice sociale. Qui peut prétendre qu’il est juste que les salariés de la banque de France ou de la SNCF puisse partir en retraite beaucoup plus tôt que les autres français ?
Parce que les entreprises qui emploient les ressortissants de ces régimes spéciaux ne pourront pas assumer la charge financière qu’ils représentent.
Parce que les règlements européens ne nous permettront pas de faire supporter ces charges par le régime général.
Bien entendu, l’UMP proposera dans son projet d’engager une large concertation avant de réformer les régimes spéciaux. Cette concertation peut s’organiser autour de la question de la pénibilité des métiers. Cette approche que nous n’avions pas retenue dans la réforme de 2003 en raison de sa complexité peut s’envisager si elle s’appuie sur des critères objectifs et notamment sur l’espérance de vie.
A ceux qui pensent que le moment était mal choisi pour évoquer cette question, je réponds que ce n’est pas en traitant les français comme des enfants, en leur cachant la vérité et en leur prodiguant des promesses dont nous savons pertinemment qu’elles ne sont pas réalistes que nous retrouverons leur confiance. L’élection présidentielle doit permettre d’ouvrir tous les débats sans tabou sans censure sans arrière-pensée.
Plusieurs visiteurs de ce blog m’ont demandé les références des rapports mettant en cause la scolarisation à deux ans des enfants.
Beaucoup de ces rapports n’ont pas été publiés par le ministère de l’Education Nationale qu’ils embarrassent.
Le rapport 2005 de Claire Brisset, nommée « défenseur des enfants » par Lionel Jospin est disponible sur le site de cette institution.
« Chers élèves,
La cérémonie qui nous rassemble aujourd'hui est d'importance. Non pas parce que quelques "autorités" viennent vous souhaiter bonne chance à l'aube d'une année scolaire dont chacun de vous mesure qu'elle sera difficile, mais aussi stimulante. Elle est d'importance parce que, premiers élèves sarthois d'une section de khâgne, vous ouvrez une trace, celle d'une nouvelle formation ; une formation d'excellence à laquelle on n'accède que par le travail, le mérite et le talent. Cette section manquait en Sarthe. Sa création couronne les efforts déployés par votre proviseur et son équipe pour permettre aux élèves de notre département de mener, sans rupture, le cycle d'études qui prépare aux Ecoles Normales Supérieures. Qu'ils en soient remerciés. Leur volonté tenace dans un dossier que notre département attendait depuis plus de 20 ans a été déterminante. L'ouverture de cette section permet à notre département d'enrichir son offre de formations en classes préparatoires mais elle couronne, aussi, le haut niveau qu'il a atteint dans ce domaine. Les créations de telles sections sont en effet subordonnées à des critères exigeants et rigoureux. Exigence et rigueur, deux valeurs qui reflètent précisément ce que sont les écoles que vous préparez à intégrer. Leur organigramme n’a pas toujours été simple. Les réformes successives ont brouillé certains repères qu’on croyait fiables : on a connu certaines années des garçons qui choisissaient Fontenay, des filles qui entraient à Saint-Cloud, des "modernes" qui faisaient du latin, des "Lyonnais" qui accomplissaient leur scolarité à Cachan, et j’en passe… A l’intérieur de chaque école, la même liberté a régné, elle y règne encore, et il n’est pas rare que des élèves entrés avec une option histoire en ressortent titulaires d’une agrégation de langue - ou l’inverse. Est-ce à dire que vous entrez dans le royaume de la plus grande confusion ? Non, je m’empresse de le dire : d’abord, parce les attributions de l’ENS – Lettres et Sciences Humaines de Lyon que vous préparez sont parfaitement définies, mais surtout parce que cette souplesse même fait partie du jeu : elle est le privilège attaché au caractère exceptionnellement généraliste de votre formation et au recul qu’il confère. Langues, lettres, histoire, philo, le bagage que vous accumulez confirme au gré des options son ampleur remarquable – peut-être unique en Europe. Cette compétence n’est pas un talent de société. Ce n’est pas la polyvalence superficielle du touche-à-tout. C’est la condition d’un certain humanisme de pensée que le pays vous appelle à représenter : celui qui consiste à comparer, à rapprocher, à peser les idées au vu d’une connaissance large ; à penser en spécialistes, certes, mais aussi en vrais critiques, en intellectuels, en gens de culture et d’esprit. Faut-il recourir aux exemples célèbres de Jaurès, de Blum, de Sartre, d’Aron ou de Pompidou pour rappeler qu’au-delà du domaine universitaire, nous espérons des anciens élèves des khâgnes une présence particulière au sein de la cité ? Vous comprendrez qu’un tel rôle ne puisse être dévolu à des étudiants sans ambition, sans talent, sans exigences. Je sais que le mot d’élite fâche, et c’est pourtant le premier qui me vient à l’esprit, quand je veux définir la logique au nom de laquelle vous avez été sélectionnés. Elite, donc : prenons le mot en bonne part, sans y associer ni discrimination, ni esprit de caste. Elite, puisque c’est sur les preuves d’aptitudes remarquables, annoncées durant votre scolarité, démontrées lors du baccalauréat, confirmées en hypokhâgne, que vous parvenez ici. Elite, puisque dans un siècle où l’éducation de masse est notre préoccupation essentielle, c’est en très petit nombre – une vingtaine cette année – que vous préparerez les concours. Elite, puisque c’est justement la concentration d’étudiants brillants dans les khâgnes qui en fait l’esprit et que, l’émulation aidant, vous serez à vous-mêmes vos propres formateurs. Elite, enfin, qui justifie l’effort particulier consenti par l’Education nationale au service de votre avenir, et qui vous impose en retour un véritable devoir d’excellence. Les exigences qui vous sont désormais exprimées ne sont plus celles de vos parents, de vos amis, de vos professeurs, de tous ceux qui pouvaient prendre leur part de plaisir à vos succès ; ce sont celles d’un pays qui attend de vous l’innovation, la recherche, la vérification et la transmission des savoirs au plus haut niveau. C’est de votre excellence que la France, ses établissements d’enseignement, ses administrations centrales, ses entreprises ont besoin pour demain. L’objectif est élevé. Il est inaccessible sans une mobilisation longue, prolongée, étendue de vos efforts. La durée même de cette préparation – durée considérable pour ce qui n’est, officiellement, qu’une étape transitoire de votre cursus – dit assez que la patience, la ténacité, un souffle long font partie des qualités attendues. Pourquoi ? Parce que le concours de l’ENS n’est pas une simple porte à franchir, dont on pourrait vous lancer les clés à la volée, en quelques semaines ! Parce que les classes préparatoires vous offrent les seules clés qui vaillent pour ce genre de formation, c’est-à-dire une véritable refondation de vos méthodes de travail et de réflexion. Comment ? Par une imprégnation progressive, avec ses exercices réitérés, sur des mois, sur des trimestres. Avec son attention à la nuance, au détail. Avec – il faut les accepter – ses régressions, ses redites. Par cette lente maturation de vous-mêmes qui vous révélera, au bout de deux ans, capables et transformés. Deux ans pour perfectionner une culture, mais aussi une méthode du questionnement, une technique autonome de la recherche, un art d’organiser et d’exposer : dans un monde où l’exigence de résultat prime parfois sur l’approfondissement, nos khâgnes sont un refuge de la durée, un des rares endroits où l’on apprécie encore l’effet du temps long dans la formation de l’esprit. Vous comprendrez qu’un tel itinéraire s’accommode mal des ruptures. L’absence de khâgne au lycée Montesquieu en créait une. Elle rompait un travail dans lequel la continuité et la cohésion du groupe apparaissent déterminantes. Elle laissait au dispositif un goût d’inabouti. J’ai le plus grand plaisir à voir ouvrir avec vous cette classe qui l’achève : formation large, excellence de niveau, aptitude exceptionnelle à soutenir de mois en mois une concentration et une pugnacité sans trêve, elle en confirmera les atouts. »
Les universités d’été de l’UMP ont été un franc succès. Elles ont surtout marqué un tournant décisif dans le parcours de Nicolas Sarkozy vers l’élection présidentielle.
La tonalité de son discours à la jeunesse qui ne sacrifie rien au « jeunisme » affligeant de la gauche et parfois, hélas, aussi de la droite a touché juste. Le rassemblement que seuls quelques incorrigibles journalistes tournant en rond comme des papillons aveuglés par la lumière ont contesté, s’est manifesté de façon éclatante. N’en déplaise aux grincheux l’UMP est une réussite. Les différences entre les vieilles familles politiques qui le composent se sont estompées au profit de nouveaux clivages, de nouveaux débats qui correspondent mieux à la réalité de la société française et que nous nous efforçons de respecter et de canaliser au service de l’ambition de réforme que nous poursuivons. Mais l’évènement le plus marquant aura sans doute été la transformation de notre candidat qui a trouvé une « paix intérieure » qui confirme sa capacité à rassembler les français. Marseille aura tranché avec La Rochelle et l’affrontement des ambitions au Parti Socialiste. Tant mieux ! Dépités par ce succès, quelques commentateurs ont tenté de mettre en scène une « bataille pour Matignon » aussi irréelle que stupide. C’est méconnaître l’esprit de la cinquième république que de croire qu’un candidat à l’élection présidentielle doive négocier à l’avance la répartition d’hypothétiques responsabilités gouvernementales. L’élection présidentielle est une rencontre entre un homme et les Français. Personne ne peut s’immiscer dans ce tête à tête singulier.



