Congrès du PS : Une occasion manquée !
La semaine dernière j’osais espérer que le congrès du PS serait l’occasion d’un recalage de ses instruments de navigation afin de se replacer dans le monde réel !
J’osais même avancer l’idée d’un consensus à l’allemande pour sortir durablement de la crise politique, économique et sociale dont l’embrasement des banlieues n’a fait que confirmer la gravité.
La large victoire de la motion défendue par François Hollande lui permettait d’engager l’ajustement idéologique que tous les partis socialistes européens ont déjà réalisé, pour certains d’entre eux comme le SPD allemand ou le parti travailliste britannique depuis de longues années.
Hélas le PS a choisi de persévérer dans l’erreur, de s’enfoncer encore un peu plus dans ce monde virtuel qu’il affectionne tant et qui lui permet de ne pas renoncer à ses chimères.
Faute de 32 heures souhaitées par une des motions en compétition, les funestes lois Aubry seront réhabilitées dans leur pureté idéologique originelle. Tant pis si la majorité des français les considère comme une erreur ayant entraîné la diminution de leur pouvoir d’achat, une perte de compétitivité et une augmentation insupportable de la dépense publique.
L’irresponsable loi de modernisation sociale, arrachée par les communistes au gouvernement Jospin plus que réticent sera rétablie.
Le droit du travail qui est déjà le plus rigoureux de tous les pays développés sera durci !
La loi reformant nos régimes de retraites, pourtant adoptée avec le soutien de la CFDT, sera abrogée. Qu’est ce à dire ? Que les fonctionnaires retrouveront l’exorbitant privilège de cotiser moins et moins longtemps que les autres français ? Que le droit, si longtemps réclamé et jamais mis en œuvre par la gauche, de partir avant soixante ans quand on a commencé à travailler à 14 ou 15 ans sera abrogé ? Que le niveau des retraites des français sera abaissé pour permettre un départ anticipé de plusieurs années par rapport à tous les autres pays européens ?
Le SMIC sera porté à 1500 euros ! Cet engagement fait sourire quand on se souvient que c’est sous le gouvernement de Lionel Jospin que les revalorisations du SMIC ont été les plus faibles pour cause de 35 heures.
EDF sera re- nationalisé ! Sans doute comme France Télécom qui n’aurait jamais du l’être puisque la dissolution de 1997 ayant interrompue le processus de privatisation, c’est le gouvernement le Lionel Jospin qui l’a achevée !
On a échappé aux « nationalisations temporaires » prônée par Dominique Strauss-Kahn pour lutter contre les délocalisations. Il faut dire qu’avec cette mesure radicale la question des délocalisations se poserait de moins en moins puisque c’est celle des localisations d’activités industrielles et de service en France qui s’y substituerait.
J’ai visité tous les sites Internet des partis socialistes européens pour tenter de trouver des propositions similaires. Je ne vous étonnerai pas en vous disant qu’il m’a fallu traverser l’Atlantique et visiter ceux de quelques partis d’Amérique Latine pour y parvenir !
Cette dérive gauchiste du PS devrait me réjouir puisqu’elle risque de ne pas faciliter son retour aux affaires mais en réalité elle me désole parce qu’elle va peser sur le débat politique économique et social en
Elle me conforte dans l’idée que la France a décidemment besoin de changer d’époque pour prendre acte d’un monde ouvert au sein duquel la fierté nationale peut être une source d’énergie et d’enrichissement mutuel.
La confusion qui caractérise l’analyse de la crise des banlieues ne facilite pas l’émergence de solutions.
Ce n’est pas l’insuffisance de la politique de la ville qui est responsable de cette explosion de violence.
Ce sont encore moins les fluctuations marginales des aides aux associations dont il n’est pas inutile d’évaluer de temps à autre l’efficacité.
Ce n’est pas la suppression du service national dont le maintien dans le cadre d’une armée réduite à moins de 500 000 hommes aurait conduit à la pire des discriminations.
C’est encore moins l’action de la police et du ministre de l’intérieur qui ont le grand mérite de tenter de revenir sur deux décennies de laxisme, qui ont permis aux caïds d’instaurer leur état d’urgence sur des pans entiers du territoire de la république.
Non la cause principale de cette révolte, c’est la conjonction d’une croissance insuffisante et de la non maîtrise des flux migratoires.
Cette situation conduit la France à accueillir ceux qui lui font l’honneur de la choisir pour s’y établir dans des conditions indignes qui ne pouvaient que conduire au désastre.
Le modèle d’intégration français ne s’est pas désintégré ! Il ne fonctionne plus parce que le pays ne produit pas assez de richesses pour donner à chacun des conditions d’existence décentes.
La seule réponse efficace à cette situation réside donc dans un changement radical de politique économique et sociale. Il faut reconnaître nos erreurs collectives et admettre que ceux qui, en Europe, ont réussi à approcher du plein emploi ont utilisé de meilleures solutions que les nôtres.
C’est dans la réforme de notre fiscalité, de notre droit du travail, de notre protection sociale et dans la maîtrise des flux migratoires que se trouvent les vraies solutions à la crise qui secoue les fondations de notre République.
J’y ajoute la réforme de l’école car, personne ne peut nier l’échec d’un système qui conduit chaque année 12000 jeunes à abandonner l’école avant la fin de la scolarité obligatoire et 70 000 à la quitter sans savoir lire, écrire ni compter. Ces jeunes, qui sont dans leur très grande majorité des garçons, constituent désormais un problème redoutable pour la société française qui doit trouver les moyens de les récupérer.
La réponse est en grande partie dans la loi d’orientation sur l’avenir de l’école qui doit être mise en œuvre dans son intégralité.
La définition d’un socle commun de connaissances et de compétences fondamentales conjugué à un dispositif massif de soutien individuel doit permettre d’atteindre l’objectif qui aurait toujours dû être celui de l’école de la République : Illettrisme zéro !
Qu’on ne me dise pas que les moyens manquent pour y parvenir : Avec un million deux cent cinquante mille fonctionnaires, l’éducation nationale bénéficie des ressources publiques les plus élevées des pays développés. Une meilleure gestion de ces moyens et en particulier des professeurs sans affectation et un recours plus important aux heures supplémentaires, correctement rémunérées, produiraient les marges de manœuvres dont nous avons besoin pour relever le défi existentiel qui vient d’être lancé à la Nation.
Pour conduire ces réformes radicales, nous avons sous les yeux deux exemples à nos portes :
Celui du Royaume Uni où le gouvernement de Tony Blair a conduit, grâce à la durée, de profondes réformes de structure et celui de l’Allemagne qui s’apprête à prendre des mesures aussi radicales que l’augmentation de trois points de la TVA ou le report à 67 ans de l’age de la retraite dans un consensus gauche droite qui laisse rêveur !
Le congrès du parti socialiste nous dira dimanche quelle est la voie la plus réaliste !
Sénateur de la Sarthe – Conseiller politique de l'UMP
Mes chers amis et compagnons, vous savez pourquoi nous sommes là !
C'est d'abord pour souhaiter courtoisement la bienvenue à François Hollande et à tous ses "fidèles" et "loyaux" amis… C'est aussi parce que l'UMP saisit l'occasion du congrès socialiste pour ouvrir les portes de toutes ses permanences afin d'afficher ses propres convictions.
Notre rencontre est symbolique parce que c'est chez nous, au Mans, que les choses se passent.
Durant deux jours, mille roses truffées d'épines vont fleurir près du parc des expositions !
Durant deux jours, 102 propositions au moins vont se disputer entre elles afin d'entraîner la France vingt ans en arrière !
Durant deux jours, une "tonne" de critiques caricaturales va être déversée sur la majorité pour mieux dissimuler les "petits meurtres entre amis socialistes".
Je n'ai pas de conseils à donner à mes adversaires… Mais ce qui se passe au PS nous regarde parce qu'il y a une question qui influe sur le fonctionnement de notre pays : pourquoi la France a t'elle le parti socialiste le plus conservateur d'Europe, le seul à préconiser des mesures qui sont récusées partout ailleurs ?
Comment se fait-il que nous ayons le seul parti socialiste à avoir imposé les 35 heures, ce qui a entraîné un affaiblissement de notre productivité et un gel des salaires ?
Au même moment, les partis socialistes, britannique et allemand, invitaient les entreprises et les salariés à augmenter la compétitivité afin de financer leur pacte social et riposter aux défis de la mondialisation. Parmi les cinq motions du congrès socialiste, l'une propose le passage aux 32H… Celles de François Hollande et celle de Laurent Fabius, proposent, pour leur part, d'imposer définitivement les 35H à toutes les petites entreprises qui aujourd'hui ont la possibilité d'y déroger.
Comment se fait-il que notre pays soit le seul d'Europe à compter un parti socialiste qui estime encore, au XXIème siècle, que l'économie de marché est un "problème" alors que c'est ce système qui a le mieux démontré dans l'Histoire sa capacité à créer des richesses et des emplois ?
Dans sa motion, Laurent Fabius ( l'"ex-libéral" de la gauche ), écrit qu'il voudrait que le PS, je cite, "soit résolument contre le libéralisme" !
J'invite Laurent Fabius à aller voir les leaders socialistes - Blair, Zappatero, Schroeder, Romano Prodi - qui estiment tous que le "socialisme et le libéralisme doivent marcher ensemble".
Comment se fait-il que notre pays soit le seul d'Europe à compter un parti socialiste qui n'a que pour projet de démanteler tout ce que la majorité a fait. Il "faut abroger – disent les motions Montebourg et Fabius – les lois Fillon sur l'Ecole, mais surtout celle sur les retraites". Chacun sait que ces lois sont nécessaires et raisonnables, mais qu'importe : au PS on préfère abroger avant de proposer ! Au même moment, la droite et la gauche allemande travaillent ensemble pour réformer les retraites et élever le taux d'activité à 67 ans afin de sauver leur système de la faillite.
Mesdames et messieurs, nous avons le parti socialiste le plus rétrograde d'Europe et ce n'est pas une chance pour la France.
Ce n'est pas une chance parce que le débat démocratique en est appauvri. Nous n'arrivons jamais, en effet, à trouver des consensus politiques sur des sujets fondamentaux et des mesures évidentes qui dépassent les clivages partisans.
Ce n'est pas une chance, parce qu'une partie de notre peuple continue d'être bercée d'illusions. Le monde entier évolue et s'adapte, mais le PS continue de dire : "le monde entier à tort, ne changeons rien en France".
Le parti socialiste allemand – le SPD – a radicalement modernisé ses idées en 1959, lors du congrès de Bad Godesberg. En Grande Bretagne, cela fut fait il y a 15 ans… En France, on attend toujours ! Les rares réformateurs du parti socialiste, comme Michel Rocard, furent vilipendés par leur propre camp. Regardez le score obtenu par la motion de Jean-Marie Bockel, la seule qui soit adaptée à notre époque… Et bien elle a fait 0,6% ! Ce score ridicule symbolise le retard de la gauche française.
Entre le socialisme intégriste et la sociale-démocratie : le PS n'a jamais osé clairement trancher. La raison en est simple : à l'époque, le PS courait après le parti communiste, aujourd'hui il fait les yeux doux à l'extrême gauche !
Voilà la situation, et le congrès du Mans n'y changera rien parce que son objectif n'est pas de réinventer le socialisme mais de le verrouiller !
A l'évidence, l'avenir se construit ailleurs qu'au parti socialiste ! Et c'est pourquoi l'UMP ouvre ses portes à tous ceux qui croient en l'action politique et qui veulent moderniser la France.
Au sein de notre fédération nous avons 1545 adhérents à jour, dont 233 nous ont rejoint ces derniers mois. Je leur adresse chaleureusement la bienvenue. Au niveau national, ce sont 60 000 nouveaux adhérents qui nous ont rejoint depuis 10 mois. Vis à vis d'eux, nous avons un devoir de réussite.
Notre objectif central avec Nicolas Sarkozy, est de faire de l'UMP la première force politique de France. Avec bientôt 200.000 adhérents, cet objectif est dès à présent atteint.
Mais cela n'est qu'une étape. Face à l'abstention, face au vote protestataire et à la désillusion civique, nous devons aller à la conquête de tous ces français qui n'y croient plus, faute de voir dans le système politique l'élan sincère et décapant qu'ils recherchent.
Pour atteindre cet objectif, trois mots me viennent à l'esprit. Le mot clarté, le mot créativité et le mot audace.
Par le mot clarté, je veux dire que nous devons assumer nos convictions afin que chacun soit fier d'appartenir à un mouvement qui dit ce qu'il est et ce qu'il veut.
Nous sommes des patriotes éclairés, c'est à dire que nous croyons à une France conquérante qui ne se réfugie pas derrière une inutile et absurde ligne Maginot.
Nous sommes pour la responsabilité individuelle, parce qu'un pays où chacun se défausse sur l'autre et jalouse l'autre, est un pays corporatiste et égoïste.
Nous sommes pour l'autorité parce qu'une société qui vit sans repères n'est pas une société libre mais une société dominée par la loi du plus fort et du plus filou. Ce qui se passe dans les banlieues est le reflet de vingt années de démission de l'Etat, vingt années de complaisance et d'impunité face à la culture de la violence, vingt années d'abaissement des valeurs républicaines et nationales. Dans les cités difficiles comme dans l'ensemble du pays, notre majorité a décidé de restaurer l'Etat de droit. La paix publique est le préalable de toute action déterminée en faveur de l'emploi, de la justice et de l'intégration.
Il est temps de parler clair : pour nous, un jeune qui brûle des voitures et caillasse des policiers ou des pompiers n'est pas "un adolescent qui s'interroge sur son avenir" ; le voleur à la tire qui bouscule et détrousse une personne âgée n'est pas un "cas social" !
Face à la violence, nous avons affirmé qu'il n'y avait ni tolérance, ni excuse, ni concession. Nous ne le cachons pas : nous incarnons une certaine idée de l'autorité républicaine et de la responsablité citoyenne.
Nous sommes aussi pour la valeur du travail et l'efficacité économique parce que tout démontre que la dignité humaine comme la solidarité collective ne reposent pas sur l'Etat providence et la pratique de la chaise longue, aussi plaisante soit-elle.
Dans le monde compétitif qui nous environne, il n'y aura pas de solidarité nationale sans efforts et sans production de richesses supérieure à celle que nous connaissons aujourd'hui. Peut-être que je ne flatte pas l'opinion en disant cela, mais du moins ai-je la conviction d'être plus social que les socialistes, eux qui laissent entendre que la solidarité peut être assurée sans efforts et sans devoirs par le seul fait de l'impôt.
Dire ce que nous sommes sans faux-semblants, ça n'est pas, mes chers amis, renoncer à parler à tous les Français, ni renoncer à les convaincre au-delà de leurs sensibilités…
Bien au contraire. Moi, j'estime que l'électeur du front national que nous avons perdu en chemin, comme d'ailleurs celui du parti communiste que n'avons pas réussi à convaincre, peuvent trouver avec nous un avenir. Contrairement à la gauche, nous ne segmentons ni notre pensée, ni nos propositions, ni les Français. Simplement, nous jouons cartes sur tables parce que l'on ne rassemble jamais sur une ambiguïté !
J'ai dit aussi que le mot créativité devait être la signature de l'UMP.
Pour être un grand parti moderne, l'UMP doit sentir le pays, tester de nouvelles idées, placer le débat au cœur de son fonctionnement.
J'ai la conviction qu'il n'y aura pas de victoire politique sans originalité intellectuelle, pas plus qu'il ne peut y avoir de victoire qui ne soit pas qu'un feu de paille, sans un projet longuement réfléchi, mûri et affûté.
Emploi, immigration, fiscalité, Europe, solidarité, logement, environnement : tous ces sujets sont sur la table et aucune proposition n'est taboue.
Faire de l’avenir une promesse, rendre l’espoir aux Français en leur donnant le sentiment que la vie – leur vie ! – peut être un combat qui mérite le coup d'être mené avec passion, courage et optimisme, voilà quel devra être le sens de notre projet politique !
Dans tout ce que nous faisons ensemble, je vous invite à l'audace car on ne relancera pas la France en utilisant des idées anciennes et des méthodes classiques.
Après le 21 avril 2002 et le 29 mai 2005, la France oscille entre la protestation et l'espoir. C'est pourquoi nous devrons, en 2007, incarner le changement et non une continuité tranquille et satisfaite.
Vous le savez, notre histoire nationale est faite de rebonds et d'accélérations. Nous sommes dans une de ces périodes charnières. Il faut nous réinventer parce que notre époque appelle un souffle nouveau.
Voilà mes chers amis, ce qu'est l'UMP ! Voilà sa feuille route. Le parti socialiste est en congrès et recense ses vieilles idées… Il nous appartient, à nous, d'être, plus que jamais, clair, créatif et audacieux.



