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Mardi 27 novembre 2007
Après s’être rendu à  Villiers-le-Bel ce matin, mardi 27 novembre 2007, le Premier ministre a condamné, cet après-midi à l'Assemblée nationale, les violences urbaines des deux dernières nuits.
 
« Ce qui s’est produit dimanche soir à Villiers-le-Bel, c’est d’abord un drame : c’est la mort de deux adolescents, Moushin et Larami. J’ai pu m’entretenir lundi matin avec leurs parents. Je leur ai présenté les condoléances de la République. Je leur ai dit la douleur qu’avec eux nous ressentions. Mais je leur ai dit aussi qu’il fallait qu’ils aient confiance dans la justice de leur pays, parce que la démocratie ce n’est pas la vengeance, c’est la justice, la justice indépendante qui doit faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame.
 
Aussi les violences qui se sont produites dans la nuit de dimanche à lundi, et encore la nuit dernière, sont des violences inacceptables, intolérables, incompréhensibles. Comment peut-on accepter que soit brûlée une école, que soit brûlée une bibliothèque, qu’on détruise des entreprises dans lesquelles travaillent les habitants de Villiers-le-Bel ?
 
J’ai rencontré ce matin le concessionnaire automobile dont on a brûlé le magasin. Il s’interroge sur la question de savoir s’il se réimplantera à Villiers-le-Bel. On va tout faire pour qu’il le fasse. Et voilà le résultat qui a été atteint par ceux qui commettent ces actes. Les habitants de Villiers-le-Bel, comme tous ceux des communes du Val d’Oise, ont droit à la sécurité, ils ont le droit d’être protégés, ils ont le droit d’emmener leurs enfants à l’école sans qu’elle soit brûlée, ils ont le droit d’accéder à la culture comme cette magnifique bibliothèque le leur permettait.
 
Je veux rendre hommage aux policiers : ils ont travaillé dans des conditions extraordinairement difficiles et je veux dire que ceux qui tirent sur les policiers, ceux qui ont battu un commissaire de police presque à mort sont des criminels, qu’ils doivent être traités comme des criminels. La justice doit pouvoir les juger. Je veux rendre hommage aux pompiers, qui agissent dans des conditions extraordinairement difficiles. Ceux qui empêchent les pompiers d’accéder à ceux qui ont besoin de soins sont aussi, d’une certaine façon, des criminels. Il n’est pas acceptable de laisser cette situation perdurer.
 
Enfin, je veux rendre hommage aux élus locaux, et en particulier aux élus de Villiers-le-Bel, qui sont en première ligne pour essayer de remettre la paix à l’intérieur de la commune et pour rétablir le lien social. Je leur ai indiqué que l’Etat serait solidaire, que l’Etat les aiderait à reconstruire le plus vite possible l’école, la bibliothèque, parce que la meilleure réponse à cette violence, c’est d’effacer les traces de cette violence.
 
Et enfin, je veux dire qu’avec Madame Alliot-Marie, nous allons tout faire pour que ce soir il y ait un maximum de moyens de sécurité sur Villiers-le-Bel et sur les communes avoisinantes, parce que les habitants de ces communes ne doivent pas reconnaître une nuit de violences comme celle qu’ils ont connue. Et j’appelle enfin toute la population de Villiers-le-Bel, toutes les associations, tous les acteurs de la vie sociale, à travailler ensemble, au côté des élus, au côté des forces de l’ordre pour rétablir la légalité républicaine ».
Mardi 27 novembre 2007

François Fillon s’est rendu en Suède vendredi dernier. Il y a rencontré le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt et a évoqué avec lui, outre des questions de coopération bilatérale, les priorités de la prochaine présidence française de l’Union européenne : lutte contre le réchauffement climatique, question des flux migratoires, politique européenne de sécurité et de défense. A l’issue de l’entretien et du déjeuner qui a suivi, les deux premiers ministres ont tenu une conférence de presse conjointe.
 


 
François Fillon a ensuite prononcé un discours à la Stockholm School of Economics sur le thème des réformes françaises, avant de répondre aux questions de la salle, composée d’environ 250 chefs d’entreprises, universitaires et diplomates.

Stockholm--23-novembre-2007-025-copie-1.JPG 
Extrait du discours :
 
« Nous avons lancé plusieurs grandes réformes structurelles. D’abord, une réforme des relations sociales. Nous sommes en train de débattre avec les partenaires sociaux de la modernisation de notre système de relations sociales. Nous voulons réformer les règles de représentativité des organisations syndicales. Nous voulons réformer les règles de négociation des accords pour aller vers des accords majoritaires. Nous voulons que toutes les réformes législatives fassent d’abord l’objet d’un avis des partenaires sociaux. Enfin, nous essayons d’entrer dans une logique de négociation sociale qui est celle qu’un pays comme la Suède connaît depuis longtemps.

 
Mais pour y arriver, il faut obtenir tranquillement la mutation des partenaires sociaux français. Les syndicats français sont très différents des syndicats suédois. Ils ont peu d’adhérents ; ils sont le plus souvent les interprètes du secteur public et ils mènent souvent encore un combat beaucoup plus frontal que pragmatique. Et les plus modernes d’entre eux sont souvent bousculés par ceux qui justement privilégient la confrontation au dialogue.
 
Pourtant, des syndicats forts et représentatifs sont indispensables dans une économie libérale qui doit être en permanence équilibrée par des compromis sociaux. Nous avons donc lancé une réflexion pour concevoir de nouvelles règles de représentativité des syndicats, pour moderniser nos relations sociales. Nous voulons responsabiliser les partenaires sociaux, nous voulons redonner toute sa place au contrat plutôt qu’à la loi. C’est une réforme fondamentale dont les récents événements en France montrent bien à quel point elle est nécessaire, et qui doit conduire à la mise en place d’une démocratie sociale plus vivante et plus consensuelle.
Les grèves qui ont eu lieu ces derniers jours en France sont, vous le savez, liées à notre projet de réforme des régimes spéciaux de retraite. On a réformé en 1993 le régime général de retraite. On a réformé en 2003 le régime des fonctionnaires. Et il restait le régime des agents des transports ferroviaires, des métros, des bus, de l’électricité et du gaz.

 
On a proposé une réforme toute simple : elle consiste simplement à harmoniser les durées de cotisation et les règles de mise en œuvre de la retraite sur le secteur public et sur le régime général. Cette réforme est en train de se faire. La grève qui a duré neuf jours s’est terminée aujourd’hui, et les discussions qui ont commencé dans les entreprises de transports sont des discussions qui ne portent pas sur le fond de la réforme mais qui portent sur les conditions de son application.
 
En tout cas, cet épisode a révélé quelque chose de très, très important, c’est le soutien massif des Français à la réforme, et ça, c’est une nouveauté, parce que jusqu’à maintenant, les Français, habitués qu’ils étaient de voir les gouvernements reculer à chaque fois que la situation devenait difficile, ne soutenaient pas l’effort de réforme. Eh bien, cette fois-ci, on a vu qu’une immense majorité de Français, près de 70 %, était en faveur de la modernisation, en faveur de la réforme, et même quand ces Français-là étaient extrêmement handicapés par la grève des transports publics ».

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