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Jeudi 15 décembre 2005

Conseil européen à Bruxelles !

                          

L’irréalisme de la proposition de la présidence britannique ressoude une grande partie des membres de l’Union dans un combat convenu et sans perspectives.

Sus à l’Anglais !

Nous nous sommes trouvé un ennemi commode, un bouc émissaire idéal pour éviter de regarder la vérité en face.

Ce ne sont pas les propositions anglaises, aussi provocantes et maladroites qu’elles soient qui menacent l’Europe, c’est le non français au traité constitutionnel.

En criant, dans une belle unanimité, haro sur le chèque britannique nous esquivons le seul débat qui vaille : Le projet européen est gravement menacé par l’absence de perspectives et de leadership au sein de l’Union.

La France, comme nous l’avions prédit lors de la campagne du référendum est affaiblie par son refus inattendu d’adopter un traité constitutionnel qui lui doit pourtant beaucoup.

L’Allemagne est encore occupée par les réglages de sa « grande coalition ». L’Italie de Berlusconi ne peut pas tirer l’Union pas plus que l’Espagne pour des raisons fort différentes.

Reste la Grande Bretagne de Tony Blair. C’est avec elle qu’il faut chercher à reprendre l’initiative.

Ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un partenaire peu commode qu’il faut fuir le débat.

L’essentiel ce n’est ni la TVA, ni le chèque britannique, ni même la PAC, l’essentiel c’est de refonder l’Europe, et c’est à la France de prendre l’initiative parce que la France porte la responsabilité principale de la crise actuelle.

La seule voie réaliste passe par un débat franc avec Londres car rien ne sera possible sans cette grande nation dont le redressement économique qui force le respect a accru l’influence en Europe et dans le monde.

Il faut trouver les voies et les moyens pour convaincre les Anglais d’accepter une Europe organisée en cercles concentriques permettant, à la fois, la poursuite de l’élargissement et une plus grande intégration des politiques économiques et sociales des pays fondateurs et singulièrement du couple franco-allemand.

Il ne s’agit en aucun cas de substituer au moteur franco- allemand un improbable moteur franco britannique.

Il s’agit d’innover en levant,en plein accord avec notre partenaire allemand, le verrou que les Anglais ont toujours mis à ce qu’on appelait auparavant et improprement l’Europe à géométrie variable et que le traité constitutionnel rejeté par la France esquissait timidement avec les coopérations renforcées.

 

 

par Francois Fillon publié dans : Archives 2005

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