
J'ai donné une interview à Jean Marc Plantade du "Parisien" sur le programme "fiscal" de Royal:
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/22/12/54/itv-francois-fillon.doc

Je suis l'invité de France Inter demain jeudi à 8h16
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/septneuftrente/
http://radiofrance-podcast.net/podcast/rss_10241.xml
Voilà plus de six mois que Ségolène Royal est en campagne et voilà près d'un mois qu'elle a été investie par son parti. Jusqu'à présent, nul ne sait vraiment quelles sont les idées et les mesures qu'elle entend défendre. Hier, j'ai donc regardé l'émission "Ripostes" en me disant qu'on allait enfin entrer dans le vif du sujet. Eh bien non ! Une fois de plus, on est resté dans les généralités, dans l'abstrait, dans l'image.
Après 80 minutes d'émission, qui peut franchement me citer une mesure claire et argumentée. Sur les 35 heures, je n'ai toujours pas compris s'il convenait de les généraliser ou de les adapter. Sur la relance économique j'ai cru comprendre qu'il fallait qualifier les salariés et favoriser l'innovation. Quelle originalité ! Sur la justice, j'ai cru comprendre qu'il fallait augmenter les moyens, ce qui ne mange pas de pain. Sur la délinquance des mineurs, j'ai cru comprendre qu'il fallait éduquer et pas seulement sanctionner, ce qui n'est pas franchement nouveau. Sur le dialogue social, j'ai cru comprendre qu'il fallait faire comme en Suède… Et après, concrètement ? Sur la cause des femmes battues et humiliées, j'ai entendu que c'était un "scandale", et sur l'état de nos prisons, j'ai entendu que c'était une "honte". Qui dirait le contraire ?
Tout ceci est d'une immense banalité. C'est du niveau d'une discussion autour d'une tasse de thé dans un salon guindé. De mémoire, je n'ai jamais vu un responsable politique d'un tel statut avoir si peu de propositions précises. Cela en devient inquiétant. On se moque souvent en France de la politique américaine où la forme l'emporte sur le fond. Avec Ségolène Royal, nous y sommes ! Tout est dans la posture, le verbe compassionnel, la pensée subliminale. Les photos sont bonnes, mais les idées sont très floues. Combien de temps encore cela va-t-il durer ?
Les protestations sont « diplomatiques » et suivies d’aucune sanction. Elles seront donc sans aucun effet. Le président Iranien teste nos réactions pour voir jusqu’où il peut aller dans une provocation qui n’est pas gratuite mais qui s’inscrit dans un projet politique pour le Moyen-Orient où l’Etat d’Israël n’a aucune place.
Le fiasco américain en Irak nous interdit de le menacer de représailles militaires. Elles ne seraient pas crédibles. L’expérience nous a apprit que l’embargo faisait plus souffrir les peuples que leurs dirigeants et contribuait le plus souvent à renforcer la cohésion nationale même autour de dirigeants honnis. La seule voie consiste donc à parier sur la capacité du peuple Iranien à réagir. La décision de la cour de justice de l’Union Européenne d’annuler le gel des fonds des « Moudjahidine du peuple » nous donne l’occasion d’apporter notre soutien à toutes les forces politiques iraniennes qui luttent contre le régime en place à Téhéran.
Il est intéressant de constater que le jugement des Français sur le voyage de madame Royal au Proche-Orient diffère assez sérieusement de celui des médias et du microcosme !
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Ensemble |
Sympathisants |
Sympathisants |
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- Un jugement très positif |
6 |
11 |
3 |
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- Un jugement assez positif |
32 |
52 |
17 |
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ST jugement positif |
38 |
63 |
20 |
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- Un jugement assez négatif |
34 |
24 |
48 |
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- Un jugement très négatif |
18 |
7 |
25 |
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ST jugement négatif |
52 |
31 |
73 |
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- Sans opinion |
10 |
6 |
7 |

Jeudi soir, dîner débat avec le club de développement économique de Sablé sur Sarthe. La discussion s’organise autour de mon livre. La plupart des participants semblent partager mes analyses et adhérer à mes conclusions. Mais les questions révèlent une très grande incrédulité sur la probabilité de leur mise en œuvre. Comment restaurer la confiance ? C’est la principale question de la prochaine élection présidentielle. Les projets sont, évidemment, très importants, mais ils ne peuvent suffire à convaincre des français échaudés par vingt ans de promesses rarement tenues. La crédibilité des candidats et de leurs équipes est un point essentiel. Certains ont démontré leur aptitude à tenir leurs engagements, leur capacité à convaincre et leur courage politique.
C’est le cas de Nicolas Sarkozy. Pourtant les doutes subsistent. Pourquoi serait il différent de ses prédécesseurs, une fois installé dans les murs de l’Elysée ? Il faut répondre à cette interrogation qui alimente l’abstention et le vote extrémiste. La réponse est dans l’organisation des pouvoirs publics. Elle est dans l’évolution des institutions que je réclame. Pour changer la politique, il faut de nouvelles règles. Pour prendre à bras le corps la réforme de l’Etat qui conditionne la réduction des déficits et le désendettement de la France, il faut une équipe réduite, soudée, rassemblée autour d’un « Président » directement engagé dans la mise en œuvre des réformes. Il ne doit pas y avoir le moindre doute sur la cohésion et sur la détermination de cette équipe, pas plus que sur la durée de son mandat qui doit être celle que lui ont fixé les électeurs : 5 ans !
Ce « pack » doit pouvoir compter sur sa majorité au Parlement. Mais cette majorité sera plus utile si elle dispose de véritables pouvoirs de contrôle de l’action du gouvernement et de son administration et si l’opposition n’est plus confinée à la guerre de tranchée sans espoirs et sans perspectives. Le Parlement doit « auditer » le fonctionnement des pouvoirs publics et disposer d’une vraie capacité de contrainte face à des comportements indignes d’une grande démocratie comme cette fâcheuse habitude d’oublier les décrets d’application des textes législatifs qui n’ont pas reçu l’aval de telle ou telle administration !
C’est un paradoxe qui ne facilite pas le débat public. Les Français ne s’intéressent guère aux institutions, à l’organisation des pouvoirs publics. Pourtant c’est de cette organisation que dépend la mise en œuvre des réformes qu’ils attendent depuis si longtemps !

A son arrivée en 1993, la dette du Canada dépassait les 72% de son Produit Intérieur Brut et son déficit budgétaire, les 6%. En trois ans il a opéré un redressement complet de la situation. Aujourd’hui, on ne connaît plus le mot déficit au Canada où les débats portent désormais sur l’affectation des excédents du budget fédéral réclamés par les provinces !
En engageant cette politique, Jean Chrétien m’a confié qu’il n’espérait pas pouvoir être réélu. Il le fut trois fois ! « On m’a brûlé en effigie, mais cela ne fait pas mal » dit il avec humour.
Pour lui le secret d’une politique de redressement réussie des finances publiques réside dans la justice et dans l’équité des économies demandées aux administrations publiques, des efforts de lutte contre les fraudes et les abus, des choix de priorités.
Comparaison n’est pas raison mais il est encourageant de savoir que d’autres ont pu, avec le soutien de leurs concitoyens, mener des politiques réputées impossibles de réduction des dépenses publiques.
Jean Chrétien sera l’invité de la chaîne parlementaire samedi prochain à 11 H
Communiqué de presse
1. Soucieux de redonner à la France les marges de manœuvre nécessaires à la maîtrise de son destin et de rompre avec la facilité de l’endettement sur le dos des générations futures, le projet de l’UMP pour 2007 (p. 14 et 15 du projet) s’est explicitement fixé l’objectif de ramener la dette publique à 60% du PIB en 2012 par rapport à son niveau attendu en 2007.
Pour atteindre cet objectif, et en retenant l’hypothèse raisonnable d’une croissance annuelle moyenne sur la période de 2,25%, les dépenses publiques devront augmenter au maximum chaque année de 1,8% en volume. C’est une perspective crédible puisque, sur la période 2004-2006, le taux moyen d’augmentation des dépenses publiques a été de 1,93%. Au terme de la législature, le niveau des dépenses publiques s’établirait à 51,7% du PIB contre 54% aujourd’hui, et se rapprocherait de la moyenne européenne (UE 15) qui est de 48,6. Le respect de ces objectifs signifie en revanche que la majorité des mesures nouvelles annoncées par le projet devront être financées par redéploiement de dépenses existantes (une partie étant financée par quelques recettes nouvelles, en particulier issues de la fiscalité écologique).
Ce cadrage de finances publiques constitue une rupture dans l’histoire de la vie politique française. Pour la première fois depuis 25 ans, un grand parti ne se fonde pas sur des hypothèses exagérément optimistes de croissance et s’engage sur un objectif exigeant de maîtrise des finances publiques. A la différence du programme socialiste, le projet de l’UMP s’inscrit intégralement dans un cadrage de finances publiques qui s’impose à lui et qui nous engage.
2. Le seuil de 60% n’a pas été choisi au hasard. Pour le respecter, il contraint les décideurs publics à ramener le déficit des finances publiques à moins d’1,5% du PIB en 2012, c’est-à-dire à un niveau inférieur aux dépenses publiques d’investissement. Dans toutes les économies développées comme la nôtre, ce seuil de déficit public est considéré comme optimal, car il satisfait l’objectif de non endettement aux dépens des générations futures sans remettre en cause les investissements nécessaires pour leur bien-être. Si ce seuil de déficit est atteint, il sera possible, au terme de la législature, d’inscrire la « règle d’or » dans la Constitution ou dans la loi organique relative aux lois de finances. Selon cette règle, qui deviendrait alors une norme obligatoire pour tout gouvernement futur, le déficit des finances publiques n’est autorisé que pour financer des dépenses d’investissement, en aucun cas pour financer des dépenses courantes.
Par rapport aux recommandations du rapport Pébereau sur la dette publique, l’UMP se donne deux années supplémentaires pour atteindre le seuil de 60% (2012 au lieu de 2010). Mais ce décalage est justifié par la nécessité de mettre en œuvre un certain nombre de mesures que l’UMP estime indispensables et urgentes pour préparer l’avenir de notre pays, élever le taux de croissance potentiel de l’économie française et créer les conditions d’une augmentation durable du pouvoir d’achat des Français. C’est le cas en particulier des mesures relatives à l’éducation, à l’enseignement supérieur et à la recherche, au développement durable et au soutien de la valeur travail, qui ne peuvent plus attendre. Ce qui est en revanche certain, c’est qu’au terme de la législature et tout en ayant mené à bien les réformes structurelles dont notre pays a besoin, la dynamique de désendettement sera engagée.
3. Compte tenu du fait qu’un certain nombre de mesures nouvelles, comme l’assurance salaire et retour à l’emploi, le compte épargne-formation individuel, l’allocation unique pour la garde des enfants de moins de trois ans ou encore la gratuité des musées, sont intégralement ou quasi intégralement autofinancées, les mesures nouvelles prioritaires représentent un montant estimé d’environ 27 Mds d’euros au total en cinq ans.
Il s’agit de l’enseignement supérieur et de la recherche (9 Mds), de la mise en place d’études dirigées, du droit opposable à la scolarisation des enfants handicapés et du plan d’urgence au profit de l’éducation prioritaire (2,6 Mds), de la création d’une cinquième branche de la protection sociale (3,5 Mds), du choc en faveur des revenus du travail par l’exonération des charges fiscales et sociales sur les heures supplémentaires (4,6 Mds), de l’exonération des droits de donation et de succession pour tous les patrimoines petits et moyens (3 Mds), du crédit d’impôt environnement (1 Md), du renforcement du crédit d’impôt recherche pour les PME-PMI (0,5 Md) et des dépenses relatives à la politique du logement (2,5 Mds).
Une révision générale des politiques publiques permettra de dégager les ressources nécessaires au financement de ces mesures. Son périmètre comprendra les dépenses de l’Etat (sans la charge de la dette, par nature incompressible), l’ensemble des dépenses de santé, et celles de la Caisse nationale des allocations familiales, soit 590 Mds d’euros. Redéployer 27 Mds d’euros sur 590 Mds revient à réorienter de l’ordre de 5% des dépenses en cinq ans, ce qui est un effort parfaitement soutenable, comme l’ont montré des pays comme la Suède qui ont mené ce type de révision. Des mesures telles que la réorganisation de la carte judiciaire, un meilleur ciblage des aides aux entreprises, la suppression de certaines niches fiscales ou de certains crédits d’impôt, en particulier lorsqu’ils sont défavorables à la protection de l’environnement, la lutte contre les abus, les fraudes et les gaspillages en matière sociale, ainsi que des gains de productivité dans de nombreux services sans porter atteinte à la qualité du service, et même en l’améliorant, constituent des exemples de redéploiements envisageables (il est raisonnable de penser que les gains de productivité peuvent atteindre 2% par an sur une base de 100 Mds, soit 10 Mds en cinq ans) .
4. Le projet de l’UMP comporte également un certain nombre de recettes nouvelles, en particulier la création d’une franchise sur les actes médicaux (1,7 Mds) et le renforcement de la fiscalité écologique (notamment une redevance d’usage du réseau routier dont le gain peut être évalué à 0,4 Md après déduction du coût de suppression de la taxe à l’essieu, et la création d’une taxe sur le carbone importé). Comme le projet s’y engage explicitement, ces recettes nouvelles n’élèveront pas le niveau général des prélèvements obligatoires, mais viendront en compensation d’un certain nombre d’allègements fiscaux prévus par ailleurs par le projet (cf. supra) au financement desquels elles contribueront.
5. Il est à noter que le présent chiffrage ne tient pas compte des économies engendrées par les mesures mises en œuvre (à titre d’exemple, la réduction de l’échec scolaire grâce à la mise en place des études dirigées) et ne procède pas d’une analyse dynamique des dépenses publiques. En particulier, les effets sur la croissance provoqués par les mesures de réhabilitation de la valeur travail ne sont pas pris en compte. Si la révision générale des politiques publiques permet de dégager davantage de ressources et surtout si la croissance, grâce aux réformes entreprises, est supérieure à l’hypothèse de croissance retenue pour établir le présent chiffrage, les marges de manœuvre nouvelles ainsi créées seront consacrées au financement des autres mesures du projet (pour une enveloppe d’environ 10 Mds d’euros) et à la réduction du taux de prélèvements obligatoires (actuellement de 44%), et plus particulièrement la fiscalité pesant sur les entreprises, afin de le rapprocher de la moyenne des pays de l’Union européenne (actuellement de 40%).
Pierre Méhaignerie, secrétaire général de l’UMP, président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale
Alain Lambert, secrétaire national de l’UMP à l’Economie, ancien ministre délégué au Budget
Eric Woerth, trésorier de l’UMP, ancien secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat
Gilles Carrez, rapporteur général de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale
Philippe Marini, rapporteur général de la Commission des Finances du Sénat



