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Lundi 27 février 2006

La fusion absorption de Suez par Gaz de France est inattendue !

Inattendue parce qu’il est rare que les petits mangent les gros. Inattendue parce qu’il est encore plus rare que les entreprises publiques absorbent des entreprises privées en bonne santé.

Pour autant doit on se précipiter dans une critique convenue à droite comme à gauche.

Certainement pas ! Pour une fois que nous sommes à la manœuvre ne boudons pas notre plaisir.

Voyons les arguments de la gauche : La décision serait précipitée : Cet argument ne vaut rien. Nul n’ignore que des discussions étaient en cours depuis plusieurs mois entre les deux entreprises. Le débat qui s’engage va durer plusieurs semaines et s’achever au parlement. La réactivité est capitale dans la bataille économique mondiale. Je comprends que les admirateurs de la loi de modernisation sociale et les apprentis sorciers des 35 heures rêvent d’une économie planifiée, mais ils se trompent de siècle ! La participation de l’Etat dans GDF va descendre en dessous de 50% : Qui pouvait penser le contraire ? Certainement pas les socialistes qui ont achevé sans état d’âme, la privatisation de France Télécom que j’avais engagée et qu’ils ont combattue avec une outrance qui fait sourire quand on pense aux bénéfices que l’ensemble de la société française a retiré de l’introduction de la concurrence dans les télécoms. Nous nous traînions aux derniers rangs des nations développées pour les usagesde l'Internet, nous sommes désormais en tête des pays européens pour le haut débit !  Le statut des personnels de GDF est menacé : Il y a eu des engagements de pris à leur égard. Ils doivent être respectés. C’est une question de confiance. Mais pour l’avenir, il n’existe aucune raison sérieuse qui doive conduire à maintenir indéfiniment des statuts différents pour des hommes et des femmes qui font le même métier dans un secteur concurrentiel.

 

Voyons maintenant les arguments des libéraux : C’est Suez qui devrait absorber GDF : Pourquoi toujours vouloir des schémas théoriques qui ne sont pas « faisables ». Chacun sait qu’aujourd’hui cette option n’est pas ouverte. En raison de la loi, des engagements qui ont été pris et de l’évolution lente des esprits. Si la fusion absorption de Suez par GDF conduit à la constitution d’un grand groupe privé qui n’aura comme seul objectif de réussir sur un marché ouvert, nous aurons fait un immense progrès. On pourrait aller plus vite. C’est vrai, mais l’essentiel c’est d’être en mouvement dans la bonne direction.  Cette opération relève du Colbertisme économique : Et alors ! Il n’y aucune stratégie industrielle en Allemagne ? Les Etats-Unis ont-ils, jusqu’à aujourd’hui, accepter que des entreprises françaises réalisent leurs centrales nucléaires, les Anglais que nous construisions leurs porte-avions ? La tutelle de Bercy sera un handicap pour le nouveau groupe : Argument recevable. J’attends avec impatience de connaître les accords et de savoir qui sera le patron du nouveau groupe.

Une chose est sure : Qu’il ne soit plus nommé en conseil des ministres sera un vrai progrès !

 

Il reste que les Français n’ont pas le sentiment d’être suffisamment éclairés sur ces choix. Ils se méfient parce qu’ils ont trop souvent entendu les mêmes responsables politiques défendre à quelques mois d’intervalle des options radicalement différentes. Je souhaite qu’à l’occasion de la prochaine campagne présidentielle nous nous engagions avec clarté sur les décisions économiques qui doivent être prises pour renouer avec la croissance. Le rétablissement de la confiance a un prix : Celui de la vérité !

Lundi 27 février 2006

Je serais sur BFM demain 28 février à 12 H 30
par Francois Fillon publié dans : Actualités

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