L’initiative, très médiatisée, de Ségolène Royal, de priver d’aides régionales les entreprises qui recruteraient des jeunes à l’aide du contrat première embauche est progressivement reprise par les présidents de région socialistes.
Leur attitude appelle plusieurs remarques :
Les régions dirigées par la gauche – 20 sur 22 en France métropolitaine – obéissent au coup de sifflet aux ordres venus du PS. C’est une première dans l’histoire de France. Jamais les collectivités locales n’ont joué dans notre pays le rôle d’un contre pouvoir organisé plaçant les intérêts partisans devant ceux de leurs territoires et de leurs habitants.
Cette attitude est contraire à l’esprit des institutions de la République qui n’ont jamais donné aux collectivités locales le statut d’un territoire autonome mais celui d’un échelon politique et administratif qui concourt au fonctionnement de l’Etat.
Refuser d’aider une entreprise qui applique la loi de république est évidemment illégal et doit, à ce titre, être sanctionné par la juridiction administrative. Les collectivités locales n’ont pas compétences pour restreindre l’application des lois sur leur territoire. Président de la région des Pays de la Loire, j’ai appliqué des lois que je considérais néfastes comme les trente cinq heures ou inadaptées comme les emplois jeunes. Jamais il ne me serait venu à l’esprit de pénaliser les entreprises ou les collectivités qui les mettaient en oeuvre. Le faire, comme le veut madame Royale, dénote un état d’esprit « totalitaire ». La fin ne justifie pas les moyens. Le combat politique n’autorise pas le détournement des collectivités locales au profit d’un parti ou d’une ambition.
Il y a tout lieu de penser que ces rodomontades n’auront d’ailleurs que peu d’effet car les aides des régions aux entreprises ne représentent pas des montants considérables sauf dans le domaine de la formation professionnelle et de
Il est piquant enfin de voir les présidents de région de gauche s’offusquer de la mise en place du CPE au motif qu’il s’agit d’un contrat qui accroît la précarité des salariés quand ils présentent en même temps comme une arme décisive dans la lutte contre le chômage leurs « emplois tremplins » qui ne sont rien d’autre que des CDD au rabais le plus souvent sans véritable perspective professionnelle et dont le nombre est insignifiant !
Cette conception du pouvoir local est lamentable. Elle contribue à éloigner la France d’une vraie décentralisation dans laquelle chacun reste à sa place et assume ses responsabilités sans se défausser.


