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Samedi 25 mars 2006

L’affaire du CPE prend une tournure préoccupante.

L’annonce par Dominique de Villepin de l’ouverture d’un dialogue avec les partenaires sociaux  laissait entrevoir une issue favorable.

Plusieurs signes indiquaient que les organisations syndicales souhaitaient sincèrement aboutir à un accord acceptable par tous ou tout au moins à une désescalade dans la surenchère revendicatrice. François Chérèque et Bernard Thibaud sont parfaitement conscients des risques que court le pays si la crise se prolonge. Le plus immédiat est celui de la violence. Les évènements de cette semaine montrent que la crise des banlieues couve et pourrait bien se rallumer à l’occasion des désordres qu’engendrent inévitablement les manifestations à répétition des lycéens et des étudiants. Ces violences vont entacher l’action des organisations syndicales et susciter des réactions politiques que personne ne peut prévoir. La gauche en particulier ferait bien de se méfier. Sa démagogie a déjà conduit à un 21 avril 2002 qui ne demande qu’à se reproduire avec encore plus d’intensité. Que la CGT ait accepté de se rendre à l’invitation tardive du premier ministre sans préalable et sans les autres organisations de l’intersyndicale est un signe de bonne volonté qui traduit son inquiétude devant la montée d’une protestation qui risque de la dépasser. Dans ces conditions il est regrettable que la réunion de vendredi à Matignon ait été une réunion pour rien. Comment a-t-elle été préparée ? Quel était son objectif ? Marque-t-elle le début d’un processus de dialogue ou n’était elle destinée qu’à faire taire les critiques sur la méthode Villepin et l’absence de toute concertation préalable à la présentation devant le parlement du CPE ? Ces questions ne sont pas mineures. La France, comme je ne cesse de le répéter depuis deux ans, traverse une grave crise politique et sociale. Cette crise dont la gauche porte une responsabilité considérable en raison du discours mensonger qu’elle a tenu aux Français sur l’évolution du monde et sur l’état de la France n’a pas été suffisamment corrigée par l’action de notre majorité et des gouvernements qu’elle a soutenu depuis 2002. Le virage exécuté en catastrophe en 2004 a constitué une erreur que j’avais essayé d’éviter en démontrant que le résultat des élections régionales n’était que la première réplique du tremblement de terre du 21 avril 2002.

Il faut maintenant sortir au plus vite de l’impasse en ouvrant une grande négociation sur les évolutions nécessaires du contrat de travail et sur l’amélioration des sécurités professionnelles. Le rapport de la cour des comptes sur les insuffisances du service public de l’emploi peut fournir une bonne occasion de mettre enfin sur la table cette question sur laquelle nos voisins Britanniques et d’Europe du Nord ont conduit des expériences très positives. Les partenaires sociaux sont manifestement prêts a rentrer dans ce débat sinon ils ne se seraient pas rendus à Matignon vendredi sans aucune indication préalable sur le but de cette rencontre !

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