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Samedi 4 mars 2006

Mon billet sur le salon de l’agriculture a suscité des réactions qui témoignent d’une très grande ignorance des réalités de l’agriculture française. Leurs auteurs sont excusables tant les pseudo experts de certaines associations de consommateurs et de certains mouvements écologistes ont déversé depuis dix ans des torrents de boues sur cette activité qui ont fini par submerger la vérité.

Non, il n’y a pas d’un coté une agriculture industrielle dont le seul objectif serait la rentabilité et de l’autre une agriculture biologique dont les acteurs seraient de purs esprits, vivants d’amour et d’eau fraîche !

L’agriculture française est une des plus respectueuse de l’environnement des agricultures mondiales. Elle respecte des normes sanitaires qui sont les plus sévères au monde. Elle est contrôlée par des services vétérinaires qui n’ont pas d’équivalent en Europe.

Les dérives productivistes des années soixante, qui soit dit en passant, ont permis de nourrir l’Europe, ont été corrigées. L’immense majorité des agriculteurs est d’abord soucieuse de mettre sur le marché des produits de qualité.

Le coût de cette agriculture est insignifiant par rapport aux avantages que procurent la sécurité des approvisionnement et la sécurité alimentaire. Il est surtout largement compensé par les bénéfices que nous tirons de l’industrie agroalimentaire et de ses exportations.

Les fantasmes sur le poids électoral de l’agriculture sont à remiser au rayon des produits périmés tant le nombre des exploitants s’est réduit depuis vingt ans. Et si les responsables politiques vont au salon de l’agriculture, comme ils vont d’ailleurs à celui de l’automobile ou du tourisme, c’est parce qu’ils savent que le monde rural est fragile, qu’il supporte mal les procès injustes qui lui sont fait par des urbains dont les modes de consommation sont en contradiction avec les discours écologistes à la mode. Les paysans ont besoin d’être soutenu par l’opinion. Ils vivent le plus souvent avec des salaires de misère pour des horaires de travail qui représentent plus du double de ceux qui leur donnent des leçons.

Bien sur, il y a encore des progrès à faire pour limiter les atteintes à l’environnement qui n’ont pas encore été corrigées. Mais ces atteintes sont cent fois moins graves que celles qui sont générées par notre mode de vie urbain, par ses déplacements et par sa débauche d’énergie.

Les immenses progrès que nous avons accomplis en matière d’espérance de vie sont d’ailleurs très largement liés à l’amélioration de la qualité de notre alimentation.

A nous de savoir si nous voulons conserver cet atout stratégique ou l’abandonner au nom d’un discours obscurantiste et pseudo scientifique dont l’histoire récente devrait nous avoir appris à nous méfier.

 

 

par Francois Fillon publié dans : Actualités

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