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Mercredi 11 avril 2007

Les propos de Nicolas Sarkozy publiés par la revue « Philosophie Magazine » ont déchainé les réactions pavloviennes de tous les candidats à l’élection présidentielle. Tels des robots, ils se sont crus obligés de dramatiser une opinion émise par un homme qui cherche des réponses à des questions philosophiques qui obsèdent l’homme depuis toujours.

Je suis certain qu’aucun de ces candidats n’a pris la peine de lire l’interview de Nicolas Sarkozy.

S’ils l’avaient lu, ils auraient évité de se lancer dans cette polémique créée et entretenue de toutes pièces.

Ce qui est choquant dans l’interview de Nicolas Sarkozy à « Philosophie magazine » ce n’est pas la réponse de Nicolas Sarkozy, c’est la question de Michel Onfray qui présente la pédophilie comme une « formule » de sexualité au même titre que l’homosexualité et l’hétérosexualité et qui considère que chacun s’oriente vers l’une de ces trois voies en fonction de son environnement.

En réponse à cette assertion, Nicolas Sarkozy indique « qu’il incline à penser qu’on naît pédophile » et que « c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions pas soigner cette pathologie ».

Nicolas Sarkozy met donc sur deux plans très différents, d’une part, l’hétérosexualité et l’homosexualité qui sont des orientations sexuelles et d’autre part, la pédophilie qu’il considère, à juste titre, comme une maladie.

Nicolas Sarkozy n’affirme pas que la pédophilie soit forcément ou uniquement d’origine génétique. Il sait, comme chacun d’entre nous, que la pédophilie survient, hélas, souvent après des brutalités et des violences analogues subies dans l’enfance.

Pour autant de nombreux chercheurs ont mis en évidence ou cherchent à mettre en évidence les facteurs chimiques et/ou anatomiques de certaines pathologies psychiatriques, par exemple la schizophrénie. Preuve en est que l’on traite ces pathologies en partie par des médicaments. Il existe des travaux de scientifiques reconnus qui portent directement sur les facteurs chimiques ou anatomiques de la pédophilie. Or, à partir du moment où l’existence de facteurs chimiques ou organiques expliquent pour partie ces anomalies comportementales, il n’est pas incohérent de penser qu’elles peuvent avoir une origine génétique. Le cerveau est un continent qui reste à exploiter scientifiquement. Il en de même pour le suicide qui reste dans bien des cas un mystère.

Si tel était le cas, cela serait d’ailleurs une bonne nouvelle car cela signifierait qu’un jour, on guérira la pédophilie et peut être même le suicide.

On devrait se réjouir qu’un responsable politique aborde ces sujets et qu’il le fasse en débattant avec un philosophe, avec humilité, en exprimant ses doutes et ses opinions.

On devrait se réjouir qu’un responsable politique parle du mal de vivre dans une campagne présidentielle et se propose de faire de la lutte contre ce mal de vivre et contre le suicide un grand chantier présidentiel.

Les robots peuvent réciter mécaniquement leurs accusations outrancières, parler d’eugénisme et évoquer à demi-mot les dérives nazies. Qui peut les entendre sauf les imbéciles qui parlent de « rafles » pour désigner les reconduites à la frontières des étrangers entrés illégalement sur le territoire national en vertu des lois de la République et qui n’hésitent jamais à banaliser les crimes nazis en s’autorisant des comparaisons aussi grotesques qu’irresponsables.

Il faudra pourtant qu’ils s’y fassent. La France a besoin de débat ouvert et sans tabou. La France a besoin de vérité. Et la vérité ne peut émerger que d’un débat libre !

par Francois Fillon publié dans : Actualités

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