Je vous reçois à Matignon avec émotion, car je suis un parlementaire qui connaît quasiment chacun d’entre-vous.
J’ai, en effet, le privilège d’avoir siégé 17 ans à l’Assemblée Nationale dont je salue le Président Ollier, et un peu plus de deux ans au Sénat. Je veux vous dire, Monsieur le Président du Sénat, tout l’honneur que j’ai à vous avoir à mes côtés, ainsi que mes collègues sénateurs, qui, eux aussi, ont une réelle responsabilité dans cette campagne en raison de leur influence et de leur poids politique dans nos départements.
Je suis également heureux d’accueillir les présidents de groupe, Bernard Accoyer et Josselin de Rohan qui ont joué un rôle si important pour assurer la cohésion de la majorité autour de la candidature de Nicolas Sarkozy. J’adresse aussi à Jacques Peletier, président du groupe RDSE, la bienvenue et mes remerciements.
Mes amis,
Je sais d’où je viens et avec quels amis j’ai parcouru tout ce chemin.
Mais je n’ai pas voulu vous réunir pour le seul plaisir de vous retrouver…
Je vous ai réuni, car je vais mener la bataille des législatives avec vous.
Et je ne vais pas la conduire avec le seul statut de responsable de la majorité…
Je vais la conduire directement sur le terrain en étant moi-même candidat aux législatives.
J’estime que la morale comme le courage politique me l’imposent.
A mes yeux, le premier ministre doit être un élu du peuple car ma légitimité c’est aussi celle qui m’est, depuis toujours, accordée par mes électeurs.
Je l’ai toujours pensé ainsi, et ce n’est pas maintenant que je vais changer de point de vue.
Vous allez aller à la bataille, et j’ai donc bien l’intention d’y aller comme vous et avec vous !
Mes amis,
Le 6 mai, la victoire de Nicolas Sarkozy que nous espérions tous est arrivée, et vous y avez fortement contribué.
Cette victoire n’est pas comme les autres.
Ce n’est pas une victoire par défaut.
Ce n’est pas une victoire fondée sur un rejet mais une franche adhésion.
Après le 21 avril 2002, la déroute des régionales, le rejet du traité constitutionnel européen, les Français ont manifesté une étonnante volonté de construire autre chose et autrement.
Par son amplitude démocratique et sa clarté politique, le succès de Nicolas Sarkozy constitue une occasion historique de transformer la France en profondeur.
Je dis bien historique, car nous l’avons emporté avec un projet de rupture, un projet précis.
De ce fait, nous avons entre nos mains un mandat clair, et, par là même, la chance de pouvoir changer d’époque.
J’ai souvent eu le sentiment que notre pays était entré dans le nouveau siècle avec l’esprit et les pratiques de l’ancien.
Une métamorphose est désormais possible.
Nous avons aussi la chance de pouvoir redonner plus de souffle et plus de cœur à la politique.
La chance de pouvoir bousculer les résistances et les tabous qui figent la société française depuis des décennies.
La chance de pouvoir imprimer des valeurs : celles du travail et du mérite, celles de l’effort et du courage, celles de la responsabilité et du respect.
Cette opportunité est décisive car - et c’est bien là tout son drame - la gauche n’a pas seulement perdu une élection, elle a, par son refus d’ouvrir les yeux sur le monde, par son conservatisme borné, perdu la bataille idéologique.
Elle a perdu la bataille des valeurs.
Pour tout dire, elle a perdu son magister intellectuel et moral.
A nous de démontrer qu’une autre façon d’être, d’agir, de penser, peuvent être les ressorts d’une France nouvelle.
Nous avons enfin la chance, mes chers amis, de pouvoir nous attaquer aux racines des problèmes qui handicapent notre pays depuis 25 ans.
Sur l’emploi, sur l’égalité des chances, sur la sécurité, sur la réforme de l’Etat, sur l’Europe, sur l’identité nationale, nous pouvons aller au fond des choses.
C’est dire que nous pouvons réorienter fortement le cours de notre destin national.
Je suis sûr que vous l’avez ressenti sur le terrain comme moi : aujourd’hui, les Français ne nous regardent plus tout à fait de la même façon. Ils se disent : « ceux là, ils vont peut être changer le pays ! ». Au nom du Président de la république et au nom des conditions nettes et franches de sa victoire, je vous demande donc de situer cette campagne législative au niveau ou elle doit être : c'est-à-dire à son plus haut niveau politique.
Notre devoir est de nous montrer à la hauteur d’une formidable attente.
Cette attente exigeait un choc politique immédiat.
Un choc démontrant que l’élection de Nicolas Sarkozy bousculait tout, y compris les vieux clivages politiques qui plaisent tant à la gauche.
Dans sa défaite, la gauche attendait la droite classique au pouvoir pour remonter la pente aux législatives.
Elle escomptait encore et toujours nous diaboliser, nous stigmatiser, nous caricaturer.
La gauche attendait une vieille droite, crispée, dogmatique, la voici devant une droite et un centre modernes et conquérants !
Une droite et un centre modernes, sûrs d’eux-mêmes, rassemblant tous les Français quelles que soient leurs sensibilités politiques, une droite et un centre modernes décidés à réconcilier dans une synthèse nouvelle, la liberté économique et la justice sociale, la croissance et le développement durable, la fierté nationale et l’engagement européen, l’identité française et l’universalisme.
Oui, la gauche attendait, espérait, que nous retombions dans les clichés et les habitudes d’autrefois, et voilà que la nomination du gouvernement annonce avec fracas une nouvelle donne politique.
C’est un gouvernement qui respecte la parité entre les hommes et les femmes.
Cette parité légitime et nécessaire, tout le monde en parlait, et la gauche n’était pas la moins avare de conseils en la matière… Eh bien voici que c’est nous qui l’avons concrétisée, et vous pouvez en être fiers.
La nomination de Rachida Dati, au poste de garde des sceaux, ministre de la justice, a un sens qui honore la France républicaine que j’aime et que je veux. C’est la France du mérite, c’est la France riche de ses différences et qui mobilise tous ses talents.
C’est un gouvernement resserré car lorsque la tâche est aussi exigeante il faut une équipe de mission.
Une équipe où la collégialité ne soit pas simplement un mot mais une réalité de tous les instants.
Une équipe où le débat soit possible.
Une équipe qui assume collectivement les décisions stratégiques dont elle a débattu.
C’est un gage d’efficacité et de modernité.
Je suis fier que, dans ce domaine aussi, nous innovions.
C’est un gouvernement qui place au premier rang de ses priorités l’écologie, le développement et l’aménagement durable. C’est une révolution qui va nous permettre de passer de l’époque des colloques et de la prise de conscience à celle de l’action.
C’est enfin un gouvernement d’ouverture.
Il faut beaucoup de force et de grandeur pour ne pas céder à la tentation partisane lorsque la victoire est là.
Et cette force, Nicolas Sarkozy l’a eu.
Il faut aussi être animé par un profond sens de l’intérêt général pour ne pas se limiter à son camp quand vous avez la possibilité d’imposer vos vues à ceux qui vous ont combattu autrefois.
Ce sens de l’intérêt général, Nicolas Sarkozy l’a eu, et, avec lui, vous l’incarnez plus que n’importe qui, et vous en serez les interprètes dans chacune de vos circonscriptions.
Cette ouverture est le symbole d’une profonde recomposition politique et intellectuelle que nous avons décidé de provoquer. Nous l’avons réalisée comme aucun autre gouvernement ne l’avait réalisé.
D’Alain Juppé à Bernard Kouchner, d’Hervé Morin à Eric Besson, nous avons bousculé toutes les frontières partisanes. La gauche hurle au débauchage et se déchaîne sur ses propres amis d’hier.
Il y a un mois, le parti socialiste proposait de gouverner avec le centre. Aujourd’hui, il insulte celles et ceux qui ont eu le courage de nous rejoindre.
Ce qui était une bonne idée hier lorsqu’elle venait de la gauche, est désormais une manœuvre et une hérésie car elle vient de la droite.
Cette mauvaise foi et cette agressivité sont la preuve que nous ne sommes pas dans le gadget mais dans une très sérieuse remise en cause des clivages intellectuels et politiques.
L’ouverture est une chance pour notre famille politique, pour notre gouvernement, et surtout pour notre pays.
Nos concitoyens attendent de leurs responsables politiques qu’ils cessent de manier l’exclusive et qu’ils pratiquent le dialogue, la synthèse, le travail d’équipe.
Eh bien c’est ce nous voulons faire avec cette large majorité présidentielle qui rassemble gaullistes, centristes, libéraux, radicaux, personnalités de gauche, mais aussi nos amis de l’UDF qui, avec responsabilité et hauteur de vue, nous ont rejoint pour amplifier notre dynamique.
Cette ouverture s’effectue dans la diversité mais s’engage aussi dans la clarté. Ceux qui nous rejoignent le font sur un projet que nous avons porté durant la campagne.
C’est un projet fondé sur la vérité.
La vérité sur les défis considérables que nous lance la mondialisation.
La vérité sur l’état de notre pays qui, en bien des domaines, a décroché par rapport aux grandes nations.
La vérité sur la nécessité de nous retrousser les manches si nous voulons vivre debout et non à genoux.
C’est un projet dont la clarté nous impose un devoir : celui de l’accomplir.
Nous avons trois priorités immédiates qui seront, je l’espère, au cœur de vos travaux législatifs durant la session extraordinaire du parlement.
La première, c’est la sécurité des Français. Face à la violence et la délinquance il ne faut pas céder d’un millimètre. Face à la violence et la délinquance nous allons faire ce que nous avons dit ! La question des mineurs délinquants et celle des multirécidivistes seront traitées dès le mois de juillet.
La seconde priorité, c’est la revalorisation du travail.
Le temps des hésitations est fini !
Nous visons, d’ici cinq ans, le plein emploi et nous sommes bien décidés à nous en donner les moyens.
Nous l’avons dit et nous le ferons tout de suite : nous allons libérer les heures supplémentaires.
A l’automne, tous ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus le pourront ! Cette mesure, vous le savez, c’est plus qu’une mesure technique, c’est une révolution culturelle !
En France, la valeur travail est de retour ! C’est elle qui nous permettra d’aller à la conquête de la croissance ; c’est elle qui nous permettra de sortir de la paupérisation salariale ; c’est elle qui nous permettra de financer notre pacte social.
Dans un même élan nous vous proposerons de défiscaliser le travail étudiant, de favoriser le cumul entre l’emploi et la retraite, de prévoir la déduction des intérêts d’emprunts immobiliers, de supprimer les droits de succession, d’instaurer le bouclier fiscal à 50% de l’ensemble des revenus et l’investissement direct dans le capital des PME.
Il s’agit de provoquer un choc de confiance du même ordre que celui qui avait permis en 1958 d’initier une longue période de prospérité restée dans l’histoire comme « les trente glorieuses ».
Cette dynamique économique, sera complétée par une réforme fondamentale : celle de nos universités.
Depuis plus de vingt ans, rien n’a bougé en la matière.
La France a décroché sur le plan universitaire et scientifique.
Les universités françaises qui étaient les meilleures du monde ont disparu dans la profondeur des classements internationaux.
La démocratisation de l’enseignement supérieur est venue se briser sur le mur de l’échec qui frappe près de 50% de nos étudiants de première année de licence.
Le temps de l’action est venu !
En libérant le travail, en redonnant toute sa place à la recherche et à l’innovation, nous allons créer un « choc de croissance » qui constituera le socle à partir duquel la poursuite des réformes s’enclenchera.
L’une d’entre-elles est d’actualité : c’est celle du service minimum.
Sur cette question, je souhaite, avec le Président de la république, une solution qui réponde à l’attente des Français. Le droit de grève est indiscutable, mais la continuité du service public ne l’est pas moins.
Vous me connaissez : je suis un homme d’écoute, je ne suis pas un idéologue ! Mais je suis aussi un réformateur décidé. Décidé à tenir nos engagements. Décidés à toujours choisir l’intérêt général contre les intérêts particuliers si légitimes soient ils !
L’élection présidentielle nous a donné un mandat qui n’est pas contestable.
J’en serai, avec vous, le garant.
Dans cette campagne, je vous invite à vous présenter comme les acteurs fidèles de ce mandat.
Vous le savez tout comme moi, les Français ne supportent plus les renoncements, les capitulations devant une pensée unique qui n’a réussi qu’à accroitre les injustices et les inégalités qu’elle prétendait combattre.
Notre feuille de route est claire. Nous allons l’appliquer !
Mes chers amis,
Une nouvelle campagne électorale a commencé.
Elle exige une mobilisation totale.
Elle exige de ne pas céder à la facilité et au triomphalisme.
Elle exige que nous allions au devant de ceux que notre victoire a ébranlés ou, bien à tort, inquiétés.
Elle exige que nous allions au devant de tous les électeurs avec la volonté de convaincre et non pas de vaincre.
Car il ne s’agit pas de battre une France contre une autre.
Il s’agit au contraire d’entraîner dans notre sillage toutes les bonnes volontés.
Face aux appels dérisoires à la « résistance », nous allons inviter les Français à construire une espérance commune.
Face à ceux qui, à gauche, rêvent d’une cohabitation stérile, nous allons rassembler une majorité claire et ouverte à tous les talents.
Les Français ont voté pour une rupture, dites leur que nous la concrétiserons !
Les Français ont voté pour le changement, dites leurs que nous allons l’engager !
Les Français ont voté pour des réformes, dites leur que nous allons réformer !
Les Français ont voté pour réhabiliter le travail, dites leur que nous allons le réhabiliter !
Les Français ont voté pour l’identité de la France, dites leur que nous allons la ranimer !
Les Français ont voté pour l’autorité de l’Etat, dites leur que nous allons la restaurer !
Les Français ont voté pour que le défi de l’environnement soit relevé, dites leur que nous sommes décidés à être à la hauteur de l’enjeu.
Les Français ont voté pour une transformation de notre pacte social qui redonne à la justice et à l’égalité des chances une crédibilité aujourd’hui en faillite. Dites leur que nous allons le transformer !
Les Français ont voté pour que la voix de la France soit respectée en Europe et influente dans le monde. Dès à présent, des initiatives ont été prises par le Président de la république pour replacer notre pays au cœur de l’Union européenne. Dites à nos concitoyens que nous ferons entendre la voix de notre nation partout où les valeurs qu’incarne la France sont attendues !
Vous êtes les candidats du changement et de l’espoir. Le projet présidentiel dont vous êtes, chacun dans votre circonscription, le porte-parole, est un projet de rassemblement et d’audace.
Le Président de la République a besoin d’une majorité décidée et créative.
Il a donc besoin de vous.
Vous pouvez compter sur moi : je vais m’engager totalement car j’ai la certitude que vous en ferez autant.
Ensemble, nous allons aller chercher la victoire.
PARIS, 22 mai 2007 (AFP) - François Fillon a rendu mardi hommage au physicien
français Pierre-Gilles de Gennes, décédé vendredi à l'âge de 74 ans, en
évoquant sa "personnalité généreuse" et "l'excellence" de son travail.
Le prix Nobel de physique 1991 "illustra par sa personnalité généreuse la
figure du chercheur", a déclaré le Premier ministre dans un communiqué.
"J'exprime la reconnaissance du gouvernement français", a-t-il encore écrit,
"pour le rayonnement qu'il donna aux travaux des laboratoires qu'il a dirigés
au CEA, à l'université d'Orsay, au Collège de France, à l'Ecole Supérieure de
Physique et de Chimie industrielle de la ville de Paris".
Pour M. Fillon, Pierre-Gilles de Gennes "a illustré mieux que quiconque non
seulement l'excellence académique de la recherche fondamentale française, mais
l'importance des liens entre celle-ci et le monde de l'entreprise pour
conforter la compétitivité de notre économie".
cs/db/swi
Je voudrais pourtant garder ce lien précieux noué depuis plus d'un an avec quelques milliers de français qui viennent régulièrement exprimer leurs désirs, leurs attentes et leurs opinions ou plus simplement lire mes contributions.
En attendant que ma réflexion débouche sur une décision je vais essayer de poursuivre cette expérience en publiant mes principales interventions publiques qui pourront servir de support au débat.

Je suis heureux de me retrouver parmi vous après ces mois de campagne qui m’ont tenu plus éloigné de Sablé que je ne l’aurais souhaité.
Toutes les fonctions que j’ai occupées au cours de ma vie politique, je vous les dois puisque vous êtes les premiers à m’avoir fait confiance. Je n’ai jamais oublié Sablé et la Sarthe, je ne vous ai jamais été infidèle, je ne vous ai jamais trahi.
Je veux rendre hommage à tous les anciens combattants et à leurs associations qui assurent la permanence du souvenir sans lequel aucun peuple ne peut construire son avenir.
La commémoration du 8 mai 1945 célèbre la victoire des démocraties sur la barbarie. Cette victoire acquise au prix du sang de millions d’êtres humains est la victoire de la liberté, du respect de l’individu, des droits de l’homme.
Il faudra hélas encore cinquante ans pour que les peuples d’Europe de l’Est puisse accéder à cette liberté et au droit sacré de tous les peuples de choisir leur dirigeants et de contrôler étroitement leurs pouvoirs.
Aujourd’hui, grâce au sacrifice de tous les anciens combattants, grâce à la détermination des démocraties, grâce à la résistance des peuples et au combat d’hommes exceptionnels comme Soljenitsyne, Walesa, Vaclav Havel ou Jean Paul II toute l’Europe vit libre et en paix. Tous les Européens peuvent choisir leurs dirigeants et mettre fin à leur pouvoir comme nous venons de le faire dimanche au terme d’une campagne électorale passionnante qui a démontré la vivacité de la démocratie française.
Pourtant le combat n’est pas terminé :
Les droits de l’homme ne sont qu’un rêve pour des centaines de millions d’êtres humains qui continuent de mourir de faim, qui n’ont pas accès à l’eau, à la santé et qui sont soumis à des pouvoirs autoritaires et injustes.
Les droits de l’homme ne sont qu’un rêve pour les centaines de millions d’enfants et de femmes à travers le monde qui sont traités comme des esclaves.
Les droits de l’homme ne sont qu’un rêve pour les otages du terrorisme comme Ingrid Betancourt ou Eric Damfreville retenu par les Talibans en Afghanistan.
Sur notre propre territoire, les droits de l’homme sont encore bien souvent bafoués quand les femmes sont mariées de force, empêchées de sortir, d’étudier ou même de se soigner.
La commémoration du 8 mai n’est pas une manifestation de nostalgie. Elle est là pour nous rappeler d’où nous venons. Elle est là pour nous rafraichir la mémoire sur les dangers que nous avons affronté, sur la violence qui est en chacun d’entre nous et que seule la civilisation permet de dompter. Elle est là pour nous convaincre de protéger comme une fleur qui vient d’éclore, la démocratie qui reste la plus belle conquête de l’homme.
La commémoration du 8 mai est un encouragement à reprendre le chemin de l’unification de l’Europe si nécessaire au maintien de la paix mais aussi à la défense d’un modèle économique et social européen mis à mal part une mondialisation mal maitrisée.
La commémoration du 8 mai est un encouragement à amplifier nos efforts pour le développement du tiers monde où les droits de l’homme ne sont encore qu’un songe lointain.
La commémoration du 8 mai est un encouragement à défendre notre identité nationale qui est le fruit des combats de nos ancêtres et sans le respect de laquelle nous ne trouverons bientôt plus de raison de vivre ensemble.
La commémoration du 8 mai est une manifestation de respect envers notre passé. Elle est le contraire de cette repentance qui a conduit à la détestation de notre histoire et finalement de notre Nation. Nous sommes les héritiers de deux mille ans d’Histoire, d’une Histoire que nous devons accepter toute entière parce que c’est elle qui nous a façonné, qui a fait ce que nous sommes.
Nous devons être fier de notre Histoire, fier de notre Pays, fiers de ces soldats, de ces hommes et de ces femmes de l’ombre qui ont sacrifié leur liberté et leur vie pour la France.
S’ils avaient douté, s’ils avaient hésité, s’ils avaient mesuré leur sacrifice, notre nation aurait sombré, elle aurait été engloutie dans le doute et la lâcheté.
La meilleure façon de leur rendre hommage c’est d’aimer la France, de défendre ses valeurs et de vouloir pour elle le meilleur !
Avec beaucoup de retard, je veux tirer pour ce blog les leçons de l’élection présidentielle.
Depuis des années, les français votaient contre, contre Jospin au premier tour de l’élection présidentielle de 2002, puis contre Le Pen au second, contre le gouvernement de Jean Pierre Raffarin aux régionales de 2004 pour lesquelles j’avais parlé, à juste titre, de 21 avril à l’envers, contre l’Europe en 2005…
Ils votaient contre l’impuissance, l‘excessive prudence et la pensée unique de leurs gouvernants qu’ils soient de droite, du centre ou de gauche.
C’est parce que Nicolas Sarkozy a compris le message répété du peuple français, parce que sa campagne décriée par les « élites » a rencontré le peuple qu’il a pu rassembler une majorité aussi nette.
La participation exceptionnelle, plus de 80%, l’importance de la confiance que les français lui ont accordé, plus de 53%, et la réduction des votes extrémistes constitue une victoire historique. Une victoire historique pour la France, pas pour Nicolas Sarkozy, pas pour l’UMP, pas pour un camp. Une victoire qui ouvre une porte pour sortir de la crise de confiance qui ankylose la France depuis si longtemps. Derrière cette porte, nous savons désormais qu’il y a un chemin long et difficile qui doit être parcouru pour retrouver la réussite et les premières places. Le nouveau Président de la République dispose d’un mandat clair pour réformer, d’un mandat de changement, d’un mandat de rupture. Le premier engagement que nous devons prendre, c’est de respecter scrupuleusement cet engagement. Nous ne trahirons pas, nous ne mentirons pas, nous ne reculerons pas.
Mais cette victoire nous engage aussi à répondre aux inquiétudes et aux peurs de ceux qui ont voté pour d’autres candidats. Contrairement à ce que voudraient faire croire quelques agitateurs professionnels de l’extrême gauche et quelques citoyens abusés par la scandaleuse diabolisation de Nicolas Sarkozy, il n’y a pas deux France mais une seule. Une France qui n’est pas tirée d’affaire mais qui vient de se donner les moyens de son redressement.
Le gouvernement que Nicolas Sarkozy nommera dans quelques jours devra incarner le rassemblement des français et s’attaquer immédiatement à la résolution des problèmes les plus graves et les plus urgents auxquels font face nos concitoyens : la faiblesse du pouvoir d’achat, l’insuffisance de travail et de croissance, le déclin de notre enseignement supérieur, la violence et l’exclusion.
Ségolène Royal voulait rassembler les français autour d’elle. Ceux-ci n’ont pas cru qu’elle était capable de le faire et ils ont choisi de faire confiance à Nicolas Sarkozy. La gauche devra démontrer qu’elle ne croit pas que le rassemblement n’est possible qu’autour d’elle ! Elle devra, comme c’est le cas dans tous les pays européens, accepter de dialoguer avec le gouvernement et sa majorité pour dégager quelques consensus qui permettraient de gagner de précieuses années dans la rénovation de notre pays. Le rassemblement est possible autour de la modernisation des institutions de la 5° république, de la consolidation des régimes de retraites, de la lutte contre les dérèglements climatiques ou de la priorité à donner au co-développement pour réduire la pression de l’immigration.
C’est parce qu’elle a refusé ce dialogue sur la réforme des retraites en 2004 ou sur la question de la sécurité, qu’elle a préféré s’opposer avec obstination à des politiques que conduisaient au même moment la plupart des socialistes européens qu’elle a perdu cette élection présidentielle. Saura t elle en tirer enfin les conséquences ?




