Paris, rue Huygens, XIVe arrondissement. La visite de François FILLON au Lycée Paul-Bert, commence sous les cris d’un petit groupe de lycéens.
- Les manifestations ne sont pas une façon de régler les sujets, relativise le Premier ministre, en pénétrant dans l’établissement où il doit tenir, avec Xavier DARCOS, ministre de l’Education nationale, et Rachida DATI, ministre de la Justice, une réunion de travail sur la politique de prévention contre les drogues en milieu scolaire.
Dans la salle polyvalente, la réunion rassemble une vingtaine de personnes représentant l’ensemble de la communauté scolaire.
- La première chose à rappeler, commence François FILLON, c’est qu’il n’y a pas de drogues douces ou dures : il n’y a qu’un phénomène, la toxicomanie, et
les ravages qui lui sont associés. Un phénomène qui, en France, touche de plus en plus d’adolescents, et de plus en plus jeunes !
- Il faudrait utiliser des mots concrets comme « joint » ou « gober », si on veut que la prévention leur parle, conseille Fabien.
Ce lycéen trouve par ailleurs que les mises en garde répétées ressemblent à un « bourrage de crâne ». Samira n’est pas d’accord :
- Toutes les interventions au sujet de la drogue sont bénéfiques, quand bien même elles ne toucheraient qu’un ou deux élèves à chaque fois. Le vrai problème, c’est que les établissements n’ont aucun pouvoir réel pour réprimer la consommation de drogue parmi les élèves. Et la police ne peut pas intervenir dans les lycées matin, midi et soir.
Le docteur NUSS signale l’utilité d’une solidarité entre camarades. Une mère d’élève rappelle :
- Vous, les ados, vous êtes éternels : le danger, c’est toujours pour plus tard !
Or les données médicales sont sans équivoque : le danger des drogues est immédiat. Y compris celui du cannabis, dont le commerce s’est banalisé aux abords des lycées.
- Pour mettre les plus jeunes à l’abri, constate Thomas, il faudrait d’abord lutter contre la présence de ceux qui en tirent profit, des petits dealers.
Madame AYRAULT, conseillère d’éducation principale, rappelle la difficulté d’agir :
- Que faire contre ceux qui introduisent quelques barrettes de hasch dans l’établissement et « pourrissent » les gamins ? Les dénoncer ? Bien souvent, les parents eux-mêmes ne veulent rien savoir des habitudes de leur enfant.
La réponse du Premier ministre est claire :
- La responsabilité des parents, des éducateurs exige de ne pas fermer les yeux.
- Interdire la drogue, ce n’est pas faire la morale, rappelle avec force Mme KHAYAT, le proviseur du lycée. C’est empêcher un délit que la loi réprime ! Il va bien falloir l’expliquer à un moment où à un autre à de futurs citoyens.
Xavier DARCOS comprend le besoin, exprimé par certains, d’un discours fort :
- En 2002, l’opération Lycées sans tabac semblait impossible. Elle a réussi parce que nous sommes allés chercher les images choc, les cancéreux, les malades que la cigarette avait détruits. Si nos outils actuels ne suffisent pas pour les élèves, il faudra peut-être aller chercher, comme dans d’autres pays, des outils plus forts : oser faire venir d’anciens drogués, ceux qui ont tout perdu…
Rachida DATI rebondit sur la déclaration de Mme KHAYAT :
- Interdire, ce n’est pas faire la morale : c’est éloigner un danger, c’est sauver des vies – comme nous sommes parvenus à le faire avec la violence routière. La lutte pour la sécurité routière, c’est la preuve que la loi peut changer les comportements.
Le ministre de la Justice évoque ses rencontres avec de jeunes adolescents placés en centre de rétention surveillée pour des délits liés à la drogue.
- Quand la répression pénale arrive, déplore une mère d’élève, c’est trop tard : il faudrait pouvoir intervenir en amont.
Les annonces du Premier ministre se concentrent effectivement sur la prévention :
- Le plan de lutte 2008-2011 visera d’abord à décourager les premières consommations de drogue. Le dialogue qui existe ici sera le point de départ d’un effort de communication très large. Votre lycée a tenu récemment deux colloques très utile sur la drogue : nous appuierons notre campagne nationale sur des exemples comme le vôtre.
A cette séance de pédagogie gouvernementale succède une visite au Palais de Justice de Paris. La section P12 du Parquet est une section de permanence, qui traite en temps réel les crimes et délits liés à la drogue. La qualité de son action repose sur un large éventail de réponses pénales et sur une excellente connaissance des réalités de la toxicomanie. Dans un petit bureau du rez-de-chaussée, un fonctionnaire explique au Premier ministre :
- Nous fonctionnons en flux tendu, avec des psychiatres de permanence. Notre plus gros problème, c’est le crack. L’addiction est immédiate, et les dégâts physiques terribles. Le drame, c’est qu’on le trouve facilement dans le 18e pour 10 ou 20 euros la dose.
- Combien s’en sortent ? demande François FILLON
- 60 à 70% arrivent à décrocher – mais pas toujours du premier coup. Forcément, dans leur quartier, les tentations sont trop proches... Il faudrait peut-être faciliter les mesures d’éloignement.
La Justice ne ménage pas ses efforts pour apporter à chaque cas une réponse adaptée.
Dans une salle tendue de bleue, François FILLON écoute le procureur de la
République, M. Jean-Claude MARIN, décrire la mise en place d’une nouvelle mesure : des stages de sensibilisation aux dangers de la toxicomanie. Médecins et associatifs dressent le bilan de leur
collaboration avec le parquet.
- La prison, insiste Rachida DATI, ce n’est pas seulement la répression : c’est aussi un cadre de prise en charge pour des gens avalés par la spirale de la drogue.
François FILLON conclut cette table ronde en soulignant la cohérence des différentes actions engagées :
- Lutter contre la drogue
va devenir une priorité nationale ; une priorité aussi forte que de lutter contre le tabac ou la violence routière. Une action globale va mettre fin au sentiment d’isolement de certains acteurs :
l’objectif, c’est que le soutien du Gouvernement entraîne toute l’opinion publique derrière le travail que vous faites.

- Les manifestations ne sont pas une façon de régler les sujets, relativise le Premier ministre, en pénétrant dans l’établissement où il doit tenir, avec Xavier DARCOS, ministre de l’Education nationale, et Rachida DATI, ministre de la Justice, une réunion de travail sur la politique de prévention contre les drogues en milieu scolaire.
Dans la salle polyvalente, la réunion rassemble une vingtaine de personnes représentant l’ensemble de la communauté scolaire.
- La première chose à rappeler, commence François FILLON, c’est qu’il n’y a pas de drogues douces ou dures : il n’y a qu’un phénomène, la toxicomanie, et
les ravages qui lui sont associés. Un phénomène qui, en France, touche de plus en plus d’adolescents, et de plus en plus jeunes !- Il faudrait utiliser des mots concrets comme « joint » ou « gober », si on veut que la prévention leur parle, conseille Fabien.
Ce lycéen trouve par ailleurs que les mises en garde répétées ressemblent à un « bourrage de crâne ». Samira n’est pas d’accord :
- Toutes les interventions au sujet de la drogue sont bénéfiques, quand bien même elles ne toucheraient qu’un ou deux élèves à chaque fois. Le vrai problème, c’est que les établissements n’ont aucun pouvoir réel pour réprimer la consommation de drogue parmi les élèves. Et la police ne peut pas intervenir dans les lycées matin, midi et soir.
Le docteur NUSS signale l’utilité d’une solidarité entre camarades. Une mère d’élève rappelle :
- Vous, les ados, vous êtes éternels : le danger, c’est toujours pour plus tard !
Or les données médicales sont sans équivoque : le danger des drogues est immédiat. Y compris celui du cannabis, dont le commerce s’est banalisé aux abords des lycées.
- Pour mettre les plus jeunes à l’abri, constate Thomas, il faudrait d’abord lutter contre la présence de ceux qui en tirent profit, des petits dealers.
Madame AYRAULT, conseillère d’éducation principale, rappelle la difficulté d’agir :
- Que faire contre ceux qui introduisent quelques barrettes de hasch dans l’établissement et « pourrissent » les gamins ? Les dénoncer ? Bien souvent, les parents eux-mêmes ne veulent rien savoir des habitudes de leur enfant.
La réponse du Premier ministre est claire : - La responsabilité des parents, des éducateurs exige de ne pas fermer les yeux.
- Interdire la drogue, ce n’est pas faire la morale, rappelle avec force Mme KHAYAT, le proviseur du lycée. C’est empêcher un délit que la loi réprime ! Il va bien falloir l’expliquer à un moment où à un autre à de futurs citoyens.
Xavier DARCOS comprend le besoin, exprimé par certains, d’un discours fort :
- En 2002, l’opération Lycées sans tabac semblait impossible. Elle a réussi parce que nous sommes allés chercher les images choc, les cancéreux, les malades que la cigarette avait détruits. Si nos outils actuels ne suffisent pas pour les élèves, il faudra peut-être aller chercher, comme dans d’autres pays, des outils plus forts : oser faire venir d’anciens drogués, ceux qui ont tout perdu…
Rachida DATI rebondit sur la déclaration de Mme KHAYAT :
- Interdire, ce n’est pas faire la morale : c’est éloigner un danger, c’est sauver des vies – comme nous sommes parvenus à le faire avec la violence routière. La lutte pour la sécurité routière, c’est la preuve que la loi peut changer les comportements.
Le ministre de la Justice évoque ses rencontres avec de jeunes adolescents placés en centre de rétention surveillée pour des délits liés à la drogue.
- Quand la répression pénale arrive, déplore une mère d’élève, c’est trop tard : il faudrait pouvoir intervenir en amont.
Les annonces du Premier ministre se concentrent effectivement sur la prévention :
- Le plan de lutte 2008-2011 visera d’abord à décourager les premières consommations de drogue. Le dialogue qui existe ici sera le point de départ d’un effort de communication très large. Votre lycée a tenu récemment deux colloques très utile sur la drogue : nous appuierons notre campagne nationale sur des exemples comme le vôtre.
A cette séance de pédagogie gouvernementale succède une visite au Palais de Justice de Paris. La section P12 du Parquet est une section de permanence, qui traite en temps réel les crimes et délits liés à la drogue. La qualité de son action repose sur un large éventail de réponses pénales et sur une excellente connaissance des réalités de la toxicomanie. Dans un petit bureau du rez-de-chaussée, un fonctionnaire explique au Premier ministre :
- Nous fonctionnons en flux tendu, avec des psychiatres de permanence. Notre plus gros problème, c’est le crack. L’addiction est immédiate, et les dégâts physiques terribles. Le drame, c’est qu’on le trouve facilement dans le 18e pour 10 ou 20 euros la dose.
- Combien s’en sortent ? demande François FILLON
- 60 à 70% arrivent à décrocher – mais pas toujours du premier coup. Forcément, dans leur quartier, les tentations sont trop proches... Il faudrait peut-être faciliter les mesures d’éloignement.
La Justice ne ménage pas ses efforts pour apporter à chaque cas une réponse adaptée.
Dans une salle tendue de bleue, François FILLON écoute le procureur de la
République, M. Jean-Claude MARIN, décrire la mise en place d’une nouvelle mesure : des stages de sensibilisation aux dangers de la toxicomanie. Médecins et associatifs dressent le bilan de leur
collaboration avec le parquet. - La prison, insiste Rachida DATI, ce n’est pas seulement la répression : c’est aussi un cadre de prise en charge pour des gens avalés par la spirale de la drogue.
François FILLON conclut cette table ronde en soulignant la cohérence des différentes actions engagées :
- Lutter contre la drogue
va devenir une priorité nationale ; une priorité aussi forte que de lutter contre le tabac ou la violence routière. Une action globale va mettre fin au sentiment d’isolement de certains acteurs :
l’objectif, c’est que le soutien du Gouvernement entraîne toute l’opinion publique derrière le travail que vous faites.
par JDL
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Actualités
Jeudi 28 mai. François FILLON replace le numérique parmi les grands enjeux de l’avenir français, avec un déplacement parisien qu’accompagne M Eric BESSON, secrétaire
d’Etat chargé de la prospective et du développement de l’économie numérique.
Ancien ministre des Technologies de l’information, le chef du Gouvernement n’a jamais caché son goût de l’informatique. C’est en passionné qu’il parcourt d’abord les locaux de l’éditeur de jeux Darkworks. François FILLON saisit même une manette pour tester le gameplay d’un projet en cours de développement.
Mais cette visite est surtout l’occasion d’annoncer la signature des textes instituant le crédit impôt « Jeu vidéo ». Ce dispositif devrait réduire les dépenses de création et renforcer la compétitivité de la France dans cette industrie au développement intense.
Une table ronde réunit ensuite les principaux acteurs du secteur à la Cantine numérique, un espace de création et de diffusion récemment inauguré dans le 2e arrondissement. Le Premier ministre, visiblement à son aise, définit le dividende numérique, et évoque son expérience personnelle d’utilisateur de la plate-forme Viadéo, dont le créateur est présent.

- Le développement des TIC, des Technologies de l’Information et de la Communication est un enjeu majeur pour le Gouvernement. Eric BESSON doit d’ailleurs présenter avant fin juillet un plan de développement de l’économie numérique à l’horizon 2012. Les Assises du numérique organisées à partir du 29 mai sont destinées à dégager dès maintenant des idées, des procédés nouveaux.
Le Premier ministre égrène les objectifs : haut débit fixe pour tous les Français d’ici 2012 ; très haut débit pour plus de 4 millions de Français à la même date, passage à la télévision tout numérique d’ici fin 2011…
- L’Internet mobile haut débit doit devenir dans ces mêmes délais une réalité pour tous les Français. La mobilité, c’est la nouvelle révolution numérique !
Au Gouvernement, s’amuse François FILLON en se tournant vers Eric BESSON, nous ne sommes pas nombreux à nous servir sérieusement d’un ordinateur ; mais tous les ministres
s’envoient des SMS à longueur de journée !
L’objectif est d’étendre ce développement du numérique à de très nombreux secteurs et services : enseignement, médecine, administration… Le public partage l’enthousiasme de François FILLON, mais exprime certaines inquiétudes concernant ce nouveau modèle économique :
- Le développement de l’offre légale, la lutte contre le piratage et la cybercriminalité doivent dessiner un « cadre de confiance » dans l’économie numérique, répond François FILLON. L’Etat doit trouver un point d’équilibre entre son rôle d’encouragement et son rôle de protecteur. Eric BESSON le sait. Je suis naturellement porté plutôt vers le camp de l’encouragement !

Ancien ministre des Technologies de l’information, le chef du Gouvernement n’a jamais caché son goût de l’informatique. C’est en passionné qu’il parcourt d’abord les locaux de l’éditeur de jeux Darkworks. François FILLON saisit même une manette pour tester le gameplay d’un projet en cours de développement.
Mais cette visite est surtout l’occasion d’annoncer la signature des textes instituant le crédit impôt « Jeu vidéo ». Ce dispositif devrait réduire les dépenses de création et renforcer la compétitivité de la France dans cette industrie au développement intense.
Une table ronde réunit ensuite les principaux acteurs du secteur à la Cantine numérique, un espace de création et de diffusion récemment inauguré dans le 2e arrondissement. Le Premier ministre, visiblement à son aise, définit le dividende numérique, et évoque son expérience personnelle d’utilisateur de la plate-forme Viadéo, dont le créateur est présent.

- Le développement des TIC, des Technologies de l’Information et de la Communication est un enjeu majeur pour le Gouvernement. Eric BESSON doit d’ailleurs présenter avant fin juillet un plan de développement de l’économie numérique à l’horizon 2012. Les Assises du numérique organisées à partir du 29 mai sont destinées à dégager dès maintenant des idées, des procédés nouveaux.
Le Premier ministre égrène les objectifs : haut débit fixe pour tous les Français d’ici 2012 ; très haut débit pour plus de 4 millions de Français à la même date, passage à la télévision tout numérique d’ici fin 2011…
- L’Internet mobile haut débit doit devenir dans ces mêmes délais une réalité pour tous les Français. La mobilité, c’est la nouvelle révolution numérique !
Au Gouvernement, s’amuse François FILLON en se tournant vers Eric BESSON, nous ne sommes pas nombreux à nous servir sérieusement d’un ordinateur ; mais tous les ministres
s’envoient des SMS à longueur de journée !L’objectif est d’étendre ce développement du numérique à de très nombreux secteurs et services : enseignement, médecine, administration… Le public partage l’enthousiasme de François FILLON, mais exprime certaines inquiétudes concernant ce nouveau modèle économique :
- Le développement de l’offre légale, la lutte contre le piratage et la cybercriminalité doivent dessiner un « cadre de confiance » dans l’économie numérique, répond François FILLON. L’Etat doit trouver un point d’équilibre entre son rôle d’encouragement et son rôle de protecteur. Eric BESSON le sait. Je suis naturellement porté plutôt vers le camp de l’encouragement !

par JDL
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