J’ai attendu quelques jours pour évoquer la mort de Raymond Devos. Tout a été dit sur son immense talent. Sur son génie. Un souvenir vient de remonter à la surface.
Il y a une quinzaine d’année, le centre culturel Joël Le Theule l’avait invité à se produire à Sablé-sur-Sarthe.
Durant le spectacle, une fuite d’eau vint distraire l’artiste. Une goutte tombait toutes les secondes sur le piano. Raymond Devos sembla tout d’abord déconcentré par cet incident. Mais très vite il se lança dans une incroyable improvisation sur le thème de l’eau, du temps, de la fuite du temps et de l’impéritie de la collectivité. Ce fut un régal.
Après le spectacle je me rendis dans sa loge pour le féliciter. Je n’en eus pas le loisir car il saisit le premier mot que je prononçais pour démarrer une nouvelle improvisation si drôle que tout ceux qui assistaient à la rencontre furent pris d’un fou rire au sens littéral du terme. D’un rire fou qu’on ne peut plus contrôler. D’un fou rire qui ne cessa que très longtemps plus tard quand il fallut se résoudre à éteindre les lumières du théâtre et à quitter cet incroyable artiste, si attachant et si déroutant.