L’annonce d’un accord franco-américain sur le texte d’un projet de résolution du conseil de sécurité de l’ONU appelant à une cessation immédiate des combats au Liban est une bonne nouvelle. Elle ouvre la perspective d’un passage à la phase diplomatique d’un conflit qui risque à chaque instant de faire à nouveau basculer le Liban dans le chaos qui fut son état durant plus de quinze ans. Le gouvernement français doit être félicité pour son engagement dans la recherche d’un accord susceptible de recevoir l’adhésion des Etats-Unis sans lesquels aucune solution internationale ne peut espérer prospérer dans cette région. J’avoue avoir douté de notre capacité à convaincre l’administration Bush d’accepter une résolution qui exige un cessez le feu immédiat. Sans doute, les Etats-Unis n’ont-ils pas donné leur accord à ce texte sans avoir vérifié que les Israéliens n’y mettaient pas un veto absolu. Qu’importe ! L’important pour l’heure est de faire cesser une offensive militaire qui donne à la Syrie des arguments pour s’ingérer à nouveau dans les affaires libanaises, démontre, s’il en était besoin, l’extrême faiblesse du gouvernement Libanais et renforce la popularité du Hezbollah et de ses alliés iraniens dans la population libanaise. La France a joué un rôle prépondérant dans la recherche de cette solution quand l’Allemagne et la Grande-Bretagne semblaient adopter une attitude trop prudente, trop attentiste. Il faut maintenant croiser les doigts pour que cette résolution soit adoptée sans tarder et surtout mise en œuvre sans délai. Viendra ensuite la question de la force internationale qui pourrait s’interposer entre le Hezbollah et les Israéliens. Sa tâche risque d’être impossible, à l’image de celle qui avait été confié à la FINUL en 1978 et qu’elle n’a jamais pu accomplir, se réduisant au final à un rôle d’observation qui n’a jamais pu empêcher les attaques à la roquette contre le nord d’Israël. Mais à chaque jour suffit sa peine. Une lueur d’espoir est apparue, il faut, pour le moment, nous en contenter.