Intéressant éditorial du « Monde » sur la polémique sur les régimes spéciaux.
Mes déclarations sur la nécessaire réforme des régimes spéciaux a déclenché une tempête dans un verre d’eau comme en raffole notre système politico médiatique et en dit long sur son absence de mémoire, de culture et de courage !
Je n’ai jamais cessé de dire, depuis 2002, que la réforme des régimes spéciaux serait à l’ordre du jour de la prochaine législature. Si nous ne l’avons pas réalisé en 2003, c’est en raison de l’échec de 1995 et du coupable attentisme de la gauche qui a rendu plus difficile une évolution que tous les pays européens ont conduit, le plus souvent de façon consensuelle. En promettant la retraite à soixante ans quand nos voisins s’engageaient déjà sur l’allongement de la vie active, la gauche a trompé les français et a obscurci leur jugement sur cette question.
En 2007, tout gouvernement devra entreprendre la réforme des régimes spéciaux. Pourquoi ?
Parce que c’est une question de justice sociale. Qui peut prétendre qu’il est juste que les salariés de la banque de France ou de la SNCF puisse partir en retraite beaucoup plus tôt que les autres français ?
Parce que les entreprises qui emploient les ressortissants de ces régimes spéciaux ne pourront pas assumer la charge financière qu’ils représentent.
Parce que les règlements européens ne nous permettront pas de faire supporter ces charges par le régime général.
Bien entendu, l’UMP proposera dans son projet d’engager une large concertation avant de réformer les régimes spéciaux. Cette concertation peut s’organiser autour de la question de la pénibilité des métiers. Cette approche que nous n’avions pas retenue dans la réforme de 2003 en raison de sa complexité peut s’envisager si elle s’appuie sur des critères objectifs et notamment sur l’espérance de vie.
A ceux qui pensent que le moment était mal choisi pour évoquer cette question, je réponds que ce n’est pas en traitant les français comme des enfants, en leur cachant la vérité et en leur prodiguant des promesses dont nous savons pertinemment qu’elles ne sont pas réalistes que nous retrouverons leur confiance. L’élection présidentielle doit permettre d’ouvrir tous les débats sans tabou sans censure sans arrière-pensée.


