A l’occasion des journées parlementaires organisées par le Groupe UMP de l’Assemblée nationale, à Argenteuil le 28 septembre, François Fillon a participé à une table ronde consacrée à l’Avenir des jeunes. A cette occasion, il a pu redire ses convictions pour l’école de demain, et exposer sa méthode de travail pour la préparation de cette loi, à laquelle les parlementaires seront étroitement associés.
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Chers amis,
Depuis 2002, nous nous sommes attaqués aux grands dossiers qui structurent le pacte républicain et social : sécurité, retraites, assurance maladie, plan de cohésion sociale.
Reste le dossier de l’éducation qui est au cœur des principaux défis lancés à la société française : celui de l’égalité des chances, celui de l’excellence culturelle et scientifique, celui de l’emploi.
Le Président de la République a fait de la rénovation de notre système éducatif l’une des priorités de l’année 2005. En la matière, des ajustements sont nécessaires. Nous allons les définir et les incarner ensemble !
Le débat sur l’Ecole a mis en relief les atouts mais aussi certaines des lacunes de notre système. La commission Thélot poursuit son travail de réflexion. Le gouvernement aussi. Notre objectif est de présenter une loi d’orientation pour l’Ecole au début 2005. Dans le cadre de l’élaboration de cette loi, je m’appuierai sur vous. Je vous proposerai rapidement de constituer des groupes de travail communs.
Il nous faudra avancer ensemble, en transcendant les forces du statu quo et en contrant les attaques d’une opposition pour qui l’éducation constitue son « pré-carré » politique et « sa chasse gardée » électorale.
Qu’attendons-nous de notre école ?
Le premier des objectifs doit être que tous les enfants acquièrent un bagage commun. Face aux connaissances, il faut l’égalité des chances. Tout enfant qui entre en 6ème doit savoir lire, écrire, compter. Exiger une chose aussi évidente n’est pas triviale, lorsque l’on constate que tant d’adolescents éprouvent les plus grandes difficultés à lire ou à écrire.
Dans cette perspective, quatre axes sont, selon moi, importants :
* la maternelle doit être davantage considérée comme le premier chaînon éducatif ;
* les moyens doivent être ciblés sur les zones et les populations prioritaires, car le défi éducatif n’est pas le même partout ;
* l’accent doit être mis sur les pédagogies qui ont fait la preuve de leur efficacité. Si j’insiste sur certaines méthodes traditionnelles ce n’est pas par nostalgie, mais par pragmatisme. Il y a des recettes qui fonctionnent mieux que d’autres. Mon analyse découle des travaux conduits l’année dernière par René Rémond. Son rapport met en relief les 15% d’élèves qui éprouvent de fortes difficultés au collège et il souligne que les séquences d’enseignement en classe ne donnent parfois qu’une place insuffisante à des exercices individuels. C’est pourquoi, je suis convaincu qu’on doit demander aux élèves des exercices courts, répétés et variés tout au long de leur parcours scolaire. Dictée, récitation, commentaire de texte, prise de note, lectures, tout ceci crée des automatismes indispensables pour progresser. Je viens d’adresser une circulaire qui met l’accent sur ces méthodes au niveau du collège.
enfin et surtout, il faut s’interroger sur le périmètres des enseignements que nous jugeons prioritaires. Durant ces quinze dernières années, l’Ecole s’est vue confiée des missions éducatives de plus en plus larges. Le temps est venu de hiérarchiser les choses. Ce point délicat devra être abordé dans la loi d’orientation.
Le second objectif doit être de viser le chiffre de 100% d’élèves ayant une qualification. La perspective des 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat reste valable, mais derrière ce chiffre symbolique il y a la réalité : des élèves qui ont décroché et qui sont lâchés dans la nature sans perspective professionnelle … Il faut donc voir les choses différemment et plus largement.
On est là au cœur de la question du collège.
Je n’entre dans le débat théorique sur le collège unique ou multiple… Ce qui est important, c’est que le collège puisse donner à chacun les moyens d’acquérir des savoirs fondamentaux - c’est la notion de « socle » - et qui offre en parallèle une ouverture sur des filières professionnelles qui doivent être motivantes et valorisantes.
C’est dans cet esprit que nous allons adapter la 3ème . Parmi les évolutions envisagées, un parcours de « découverte professionnelle » sera proposé aux adolescents. Les jeunes seront ainsi sensibilisés sur les métiers et le monde du travail ; ils seront responsabilisés et invités à réfléchir à leur vie d’adulte. Cela participera à la confiance qu’il doivent avoir en eux-mêmes et que nous devons savoir leur insuffler.
Enfin, le troisième objectif renvoie aux principes qui doivent animer l’institution scolaire. La responsabilité du chef d’établissement, le respect des professeurs, les valeurs républicaines : tout ceci doit être réhabilités et restaurés. L’Ecole est le lieu du savoir et de l’apprentissage de la citoyenneté et pas le « ventre mou » de toutes les dérives de notre société !
Certaines « bonnes âmes » me reprochent ce discours ferme. On le qualifie ici ou là de « ringard ». Ceci me laisse de marbre. Ce qui est ringard, antirépublicain et antisocial, c’est le désordre et le laxisme à l’école dont les victimes sont toujours les enfants les plus faibles et les moins privilégiés.
N’ayons pas peurs de revitaliser l’alliance entre l’Ecole et le savoir, entre l’éducation et la morale civique.
C’est dans cet esprit que j’insiste sur l’autorité des enseignants.
C’est dans cet esprit aussi que j’ai réouvert la réflexion sur le redoublement.
C’est dans cet esprit que nous avons rédigé et adoptée ensemble la circulaire relative à la laïcité. Son application est respectée et comprise. La détention de nos otages, qui est une agression contre notre pays, a provoqué un déclic. Face à cet événement, l’adhésion aux valeurs républicaines et l’esprit de responsabilité ont surgi comme une lame de fond.
En fait, la laïcité est apparue pour ce qu’elle est : c’est à dire le vecteur de la France unie au delà des confessions et des origines de chacun.
Je vous livre quelques chiffres : l’an dernier, on dénombrait 1500 cas de filles voilées. Cette année, 635 cas ont été recensés à l’entrée des établissements. 534 cas ont été réglés dans le cadre du dialogue. Demeurent une centaine de cas qui sont traités dans le dialogue avec tact et fermeté.
Reste dans les établissement un « point noir »: c’est celui de la violence. En la matière, les chiffres ne sont pas bons. Je le dis avec franchise car ce n’est pas en masquant la réalité qu’on la combat. Plus que jamais, il faut de la prévention en amont et de la sanction en aval, ce qui nécessite de mobiliser tous les acteurs : enseignants, parents, élus locaux, associations, force de police et justice.
Dans les prochains jours, nous sortons avec le ministère de l’intérieur une convention pour lutter contre le racket et la toxicomanie et j’ai signé avec Dominique Perben une convention entre le rectorat de Paris et le procureur pour assurer un traitement des infractions en temps réel. Il faut que cette méthode se généralise.
Mais, au delà de ces mesures, je veux dire avec force que l’Ecole paie la « facture » de 25 années d’irrésolution de notre société face à la dissolution de ses repères moraux et civiques.
Quand la violence fut si longtemps excusée et non sanctionnée, quand le dealer gagne plus que le travailleur, quand certains parents démissionnent, quand les programmes télévisés surenchérissent dans le spectaculaire, quand l’enfant est considéré comme l’égal de l’adulte, il n’est alors pas surprenant de voir certains adolescents faire leur loi !
Tout ceci pour dire que la violence scolaire relève d’une responsabilité collective.
Mes amis,
Cette chaîne de l’éducation se prolonge vers les études supérieures, qui depuis une trentaine d’année se sont fortement généralisées.
Nos universités doivent relever un double défi : celui de la démocratisation et celui de l’excellence scientifique. Certains estiment que ces deux défis sont antinomiques… Je ne le crois pas. Nous devons structurer les objectifs de nos établissements. C’est l’objet de la réforme intitulée « LMD » (Licence-Master-Doctorat).
Le LMD assigne à chacun des trois cursus – licence, master, doctorat – des objectifs spécifiques :
* le cursus licence, c’est la proximité et l’accueil de publics divers. Il doit permettre d’orienter les étudiants en fonction de leurs capacités et de leurs projets, soit vers l’insertion professionnelle, soit vers la préparation à des études plus longues ;
* le cursus master, c’est l’attractivité pour les étudiants français et étrangers. Au niveau master, les établissements valorisent leurs compétences spécifiques fondées sur leurs forces scientifiques et leurs domaines de recherche reconnus ;
* enfin, le cursus doctoral, c’est l’excellence fondée sur des pôles de recherche qui fédèrent, sur un site, un campus, les capacités des établissements d’enseignement supérieur et de recherche au sein de puissantes écoles doctorales. Ces pôles doivent avoir une vocation européenne et internationale, car la concurrence universitaire et scientifique est un défi que notre pays doit relever.
Ce dernier point me permet de rebondir sur le dossier de la recherche, qui constitue l’un des nerfs vitaux de l’ambition française. Avec mon collègue François D’Aubert, nous avons rétabli le dialogue avec le monde de la recherche :
* nous préparons une loi d’orientation et de programmation qui vous sera proposée au printemps ;
* le budget 2005, témoigne dès à présent, de notre volonté pour la recherche française.
Pourquoi avons-nous connu, l’année dernière, la crise de la recherche ?
Certes, il y a eu un élément déclencheur ( les postes ), mais ce conflit a des racines plus profondes : certaines sont structurelles avec l’essoufflement du modèle public de recherche et l’internationalisation des acteurs ; d’autres sont culturelles avec le relativisme qui a désacralisé le progrès scientifique.
Une approche globale est donc nécessaire.
Définition des priorités nationales, amélioration de gestion des grands organismes et articulation avec les universités, optimisation de l’évaluation, organisation, attractivité et modularité des carrières , accroissement de la recherche privée, réhabilitation du progrès scientifique au sein l’opinion publique, niveau et sources de financement de la recherche : tels sont les axes sur lesquels nous allons devoir avancer dans le cadre de la loi d’orientation et de programmation.
Voilà les réflexions que je souhaitais vous livrer. J’ai l’intime conviction que l’épine dorsale du progrès national est dans l’élaboration d’une stratégie éducative et scientifique renouvelée. Notre système a suffisamment d’atouts pour échapper au dilemme absurde du statu-quo ou de la table rase. C’est une voie innovante que je vous invite à tracer ensemble.
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Chers amis,
Depuis 2002, nous nous sommes attaqués aux grands dossiers qui structurent le pacte républicain et social : sécurité, retraites, assurance maladie, plan de cohésion sociale.
Reste le dossier de l’éducation qui est au cœur des principaux défis lancés à la société française : celui de l’égalité des chances, celui de l’excellence culturelle et scientifique, celui de l’emploi.
Le Président de la République a fait de la rénovation de notre système éducatif l’une des priorités de l’année 2005. En la matière, des ajustements sont nécessaires. Nous allons les définir et les incarner ensemble !
Le débat sur l’Ecole a mis en relief les atouts mais aussi certaines des lacunes de notre système. La commission Thélot poursuit son travail de réflexion. Le gouvernement aussi. Notre objectif est de présenter une loi d’orientation pour l’Ecole au début 2005. Dans le cadre de l’élaboration de cette loi, je m’appuierai sur vous. Je vous proposerai rapidement de constituer des groupes de travail communs.
Il nous faudra avancer ensemble, en transcendant les forces du statu quo et en contrant les attaques d’une opposition pour qui l’éducation constitue son « pré-carré » politique et « sa chasse gardée » électorale.
Qu’attendons-nous de notre école ?
Le premier des objectifs doit être que tous les enfants acquièrent un bagage commun. Face aux connaissances, il faut l’égalité des chances. Tout enfant qui entre en 6ème doit savoir lire, écrire, compter. Exiger une chose aussi évidente n’est pas triviale, lorsque l’on constate que tant d’adolescents éprouvent les plus grandes difficultés à lire ou à écrire.
Dans cette perspective, quatre axes sont, selon moi, importants :
* la maternelle doit être davantage considérée comme le premier chaînon éducatif ;
* les moyens doivent être ciblés sur les zones et les populations prioritaires, car le défi éducatif n’est pas le même partout ;
* l’accent doit être mis sur les pédagogies qui ont fait la preuve de leur efficacité. Si j’insiste sur certaines méthodes traditionnelles ce n’est pas par nostalgie, mais par pragmatisme. Il y a des recettes qui fonctionnent mieux que d’autres. Mon analyse découle des travaux conduits l’année dernière par René Rémond. Son rapport met en relief les 15% d’élèves qui éprouvent de fortes difficultés au collège et il souligne que les séquences d’enseignement en classe ne donnent parfois qu’une place insuffisante à des exercices individuels. C’est pourquoi, je suis convaincu qu’on doit demander aux élèves des exercices courts, répétés et variés tout au long de leur parcours scolaire. Dictée, récitation, commentaire de texte, prise de note, lectures, tout ceci crée des automatismes indispensables pour progresser. Je viens d’adresser une circulaire qui met l’accent sur ces méthodes au niveau du collège.
enfin et surtout, il faut s’interroger sur le périmètres des enseignements que nous jugeons prioritaires. Durant ces quinze dernières années, l’Ecole s’est vue confiée des missions éducatives de plus en plus larges. Le temps est venu de hiérarchiser les choses. Ce point délicat devra être abordé dans la loi d’orientation.
Le second objectif doit être de viser le chiffre de 100% d’élèves ayant une qualification. La perspective des 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat reste valable, mais derrière ce chiffre symbolique il y a la réalité : des élèves qui ont décroché et qui sont lâchés dans la nature sans perspective professionnelle … Il faut donc voir les choses différemment et plus largement.
On est là au cœur de la question du collège.
Je n’entre dans le débat théorique sur le collège unique ou multiple… Ce qui est important, c’est que le collège puisse donner à chacun les moyens d’acquérir des savoirs fondamentaux - c’est la notion de « socle » - et qui offre en parallèle une ouverture sur des filières professionnelles qui doivent être motivantes et valorisantes.
C’est dans cet esprit que nous allons adapter la 3ème . Parmi les évolutions envisagées, un parcours de « découverte professionnelle » sera proposé aux adolescents. Les jeunes seront ainsi sensibilisés sur les métiers et le monde du travail ; ils seront responsabilisés et invités à réfléchir à leur vie d’adulte. Cela participera à la confiance qu’il doivent avoir en eux-mêmes et que nous devons savoir leur insuffler.
Enfin, le troisième objectif renvoie aux principes qui doivent animer l’institution scolaire. La responsabilité du chef d’établissement, le respect des professeurs, les valeurs républicaines : tout ceci doit être réhabilités et restaurés. L’Ecole est le lieu du savoir et de l’apprentissage de la citoyenneté et pas le « ventre mou » de toutes les dérives de notre société !
Certaines « bonnes âmes » me reprochent ce discours ferme. On le qualifie ici ou là de « ringard ». Ceci me laisse de marbre. Ce qui est ringard, antirépublicain et antisocial, c’est le désordre et le laxisme à l’école dont les victimes sont toujours les enfants les plus faibles et les moins privilégiés.
N’ayons pas peurs de revitaliser l’alliance entre l’Ecole et le savoir, entre l’éducation et la morale civique.
C’est dans cet esprit que j’insiste sur l’autorité des enseignants.
C’est dans cet esprit aussi que j’ai réouvert la réflexion sur le redoublement.
C’est dans cet esprit que nous avons rédigé et adoptée ensemble la circulaire relative à la laïcité. Son application est respectée et comprise. La détention de nos otages, qui est une agression contre notre pays, a provoqué un déclic. Face à cet événement, l’adhésion aux valeurs républicaines et l’esprit de responsabilité ont surgi comme une lame de fond.
En fait, la laïcité est apparue pour ce qu’elle est : c’est à dire le vecteur de la France unie au delà des confessions et des origines de chacun.
Je vous livre quelques chiffres : l’an dernier, on dénombrait 1500 cas de filles voilées. Cette année, 635 cas ont été recensés à l’entrée des établissements. 534 cas ont été réglés dans le cadre du dialogue. Demeurent une centaine de cas qui sont traités dans le dialogue avec tact et fermeté.
Reste dans les établissement un « point noir »: c’est celui de la violence. En la matière, les chiffres ne sont pas bons. Je le dis avec franchise car ce n’est pas en masquant la réalité qu’on la combat. Plus que jamais, il faut de la prévention en amont et de la sanction en aval, ce qui nécessite de mobiliser tous les acteurs : enseignants, parents, élus locaux, associations, force de police et justice.
Dans les prochains jours, nous sortons avec le ministère de l’intérieur une convention pour lutter contre le racket et la toxicomanie et j’ai signé avec Dominique Perben une convention entre le rectorat de Paris et le procureur pour assurer un traitement des infractions en temps réel. Il faut que cette méthode se généralise.
Mais, au delà de ces mesures, je veux dire avec force que l’Ecole paie la « facture » de 25 années d’irrésolution de notre société face à la dissolution de ses repères moraux et civiques.
Quand la violence fut si longtemps excusée et non sanctionnée, quand le dealer gagne plus que le travailleur, quand certains parents démissionnent, quand les programmes télévisés surenchérissent dans le spectaculaire, quand l’enfant est considéré comme l’égal de l’adulte, il n’est alors pas surprenant de voir certains adolescents faire leur loi !
Tout ceci pour dire que la violence scolaire relève d’une responsabilité collective.
Mes amis,
Cette chaîne de l’éducation se prolonge vers les études supérieures, qui depuis une trentaine d’année se sont fortement généralisées.
Nos universités doivent relever un double défi : celui de la démocratisation et celui de l’excellence scientifique. Certains estiment que ces deux défis sont antinomiques… Je ne le crois pas. Nous devons structurer les objectifs de nos établissements. C’est l’objet de la réforme intitulée « LMD » (Licence-Master-Doctorat).
Le LMD assigne à chacun des trois cursus – licence, master, doctorat – des objectifs spécifiques :
* le cursus licence, c’est la proximité et l’accueil de publics divers. Il doit permettre d’orienter les étudiants en fonction de leurs capacités et de leurs projets, soit vers l’insertion professionnelle, soit vers la préparation à des études plus longues ;
* le cursus master, c’est l’attractivité pour les étudiants français et étrangers. Au niveau master, les établissements valorisent leurs compétences spécifiques fondées sur leurs forces scientifiques et leurs domaines de recherche reconnus ;
* enfin, le cursus doctoral, c’est l’excellence fondée sur des pôles de recherche qui fédèrent, sur un site, un campus, les capacités des établissements d’enseignement supérieur et de recherche au sein de puissantes écoles doctorales. Ces pôles doivent avoir une vocation européenne et internationale, car la concurrence universitaire et scientifique est un défi que notre pays doit relever.
Ce dernier point me permet de rebondir sur le dossier de la recherche, qui constitue l’un des nerfs vitaux de l’ambition française. Avec mon collègue François D’Aubert, nous avons rétabli le dialogue avec le monde de la recherche :
* nous préparons une loi d’orientation et de programmation qui vous sera proposée au printemps ;
* le budget 2005, témoigne dès à présent, de notre volonté pour la recherche française.
Pourquoi avons-nous connu, l’année dernière, la crise de la recherche ?
Certes, il y a eu un élément déclencheur ( les postes ), mais ce conflit a des racines plus profondes : certaines sont structurelles avec l’essoufflement du modèle public de recherche et l’internationalisation des acteurs ; d’autres sont culturelles avec le relativisme qui a désacralisé le progrès scientifique.
Une approche globale est donc nécessaire.
Définition des priorités nationales, amélioration de gestion des grands organismes et articulation avec les universités, optimisation de l’évaluation, organisation, attractivité et modularité des carrières , accroissement de la recherche privée, réhabilitation du progrès scientifique au sein l’opinion publique, niveau et sources de financement de la recherche : tels sont les axes sur lesquels nous allons devoir avancer dans le cadre de la loi d’orientation et de programmation.
Voilà les réflexions que je souhaitais vous livrer. J’ai l’intime conviction que l’épine dorsale du progrès national est dans l’élaboration d’une stratégie éducative et scientifique renouvelée. Notre système a suffisamment d’atouts pour échapper au dilemme absurde du statu-quo ou de la table rase. C’est une voie innovante que je vous invite à tracer ensemble.
par Francois Fillon
publié dans :
Discours


