J’aime bien cette ambiance de concert et j’essaye d’y aller de temps en temps, juste par plaisir, avec ma femme et mes enfants. Quand j’étais plus jeune, j’y allais peu : les concerts pop n’étaient pas légion au Mans dans les années 70 ! Je crois que le premier concert pop auquel j’aie assisté était un concert de Pink Floyd.
Mon meilleur souvenir ? Le dernier concert de Leonard Cohen à l’Olympia. C’était d’une densité incroyable. Le dernier en date : Luz Casal au Châtelet.
J’écoute aussi de la musique chez moi, avec un casque, en travaillant sur mon ordinateur, dans l’avion quand je voyage. Je télécharge –légalement – sur mon iphone. Un peu de tout : Mes derniers achats : Sonny Rollins, Pat Metheny, Joss Stone, Keren Ann, Michael Buble.
Mon rapport avec la musique passe beaucoup par la voix. J’aime les voix qui sortent de l’ordinaire, un peu fêlées, rauques. Les voix graves et chaudes. Les voix de femmes, particulièrement celles chanteuses de jazz, comme Madeleine Peyroux ou Mélodie Gardot. Ou dans un autre registre celle d’Annie Lenox, la chanteuse du groupe Eurythmics.
Cet amour des voix me vient de mon enfance. Mon père est un vrai mélomane. Il m’a initié à la musique classique et il a formé mon oreille. Il a une très belle voix et a même chanté dans des groupes de choristes, comme c’était très à la mode dans les années cinquante. Il m’a transmis l’amour du jazz. Comme à mon frère qui, lui, est devenu un musicien professionnel et qui fait une très belle carrière de pianiste.
J’ai eu ma période très chanson française – Brel, Brassens, Moustaki – mais ensuite c’est surtout vers la pop music anglaise et américaine que je me suis tourné. J’étais plus Beatles que Rolling Stones (même si j’étais au dernier concert des Stones au Stade de France) et mon premier 33 tours, c’était Revolver, celui d’Eleanor Rigby et de Yellow Submarine. Je revois encore la pochette : les visages des Beatles dessinés au crayon. Et je n’ai plus décroché : Dire Straits, Jefferson Airplane restent parmi mes favoris. En 2006, j’avais surpris une journaliste de télévision en lui faisant découvrir Amy Winehouse qu’elle ne connaissait pas.
Dans ma vie d’élu, je suis très fier d’avoir soutenu et développé le Festival de musique baroque de Sablé-sur-Sarthe, qu’avait créé mon prédécesseur à la mairie Joël Le Theule Une de mes plus grandes émotions musicales, je l’ai d’ailleurs vécue à Sablé, au centre culturel : c’était un des derniers concerts du pianiste hongrois Georges Cziffra, un homme hors du commun, un virtuose, mais surtout un artiste d’une extraordinaire sensibilité, et d’une grande générosité.
Cette année, pour la Fête de la Musique, la cour d’honneur de Matignon était transformée en salle de spectacle avec un programme très éclectique : des chanteurs d’opéra, mais aussi des jeunes chanteurs français, comme Bensé ou Emilie Marsh. Il y avait une ambiance formidable. Les gens étaient assis par terre, les artistes défilaient sur la scène et plus personne ne bougeait : ceux qui étaient venus pour le programme classique écoutaient un beatboxer, ceux qui cherchaient de la chanson française ont découvert les chansons Renaissance en italien de l’Arpeggiata."
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