François Fillon a répondu aujourd'hui aux attaques dont il a été la cible à la suite de son utilisation du mot « détail ». Il
avait employé ce mot dans son discours du 6 octobre
2007 au conseil national de l’UMP :
« C’est la loi sur l’immigration - cette loi dont les polémiques ont grossi jusqu’au ridicule un détail, en masquant l’essentiel : qu’elle rendait à la France le
droit de choisir son immigration ; qu’elle renforçait la qualité des contrôles ; qu’elle instaurait une politique d’intégration véritable, fondée sur notre langue, sur notre culture,
sur notre histoire, sur le respect d’une identité nationale dont nous n’avons pas à rougir ! ».
François Fillon a répondu, ce soir, dans son discours à la convention de rentrée des Réformateurs, aux réactions suscitées par cette phrase :
« Je vois renaître les habituels serviteurs de la pensée unique, les traditionnels gardiens du politiquement correct. Ils se sont fait entendre ce week-end au détour
d’un discours que j’ai prononcé. Alors que j’évoquais l’ensemble de la politique d’immigration choisie que recouvre le projet de loi de Brice Hortefeux, j’ai eu
« l’inconvenance suprême» d’user du mot « détail » pour qualifier l’amendement de Thierry Mariani.
Que n’avais-je dit ? Utiliser le mot « détail » : « quel dérapage », « quelle horreur », « quelle atteinte insupportable à la
démocratie… ». Qu’une partie de la gauche et du microcosme s’empressent de faire un parallèle avec Mr Le Pen, révèle le vide de l’opposition et le conformisme d’une partie des observateurs
politiques.
Ce parallèle n’est pas seulement ridicule, il est honteux. Placer au même niveau un test ADN volontaire et encadré par un juge et les chambres à gaz est déshonorant. C’est
une injure pour ceux qui ont connu les camps de la mort et c’est une injure à l’intelligence.
Libre à la gauche d’être hostile à notre projet de loi. En revanche, je récuse cette culture de l’intimidation. Je récuse ces amalgames déplacés. Je dénonce la
« police des mots » dont parlait déjà Orwell, qui prétend savoir ce qu’il faut dire, quant il faut le dire et comment il faut le dire ! Je ne crois pas que la gauche qui a assisté
passivement à la montée de l’extrême droite dans les années 80 et qui a provoqué le 21 avril 2002 puisse vraiment donner des leçons.
Oui, mes amis, je dénonce ce politiquement correct qui interdit de parler lucidement d’immigration sans être soupçonné de xénophobie.
Qui interdit de parler de sécurité sans être soupçonné d’être liberticide.
Ce politiquement correct qui interdit de parler de revalorisation du travail sans être soupçonné de « faire le jeu des patrons» contre les salariés.
Qui interdit d’être à la fois libéral et social.
Qui interdit de baisser les impôts sans être suspecté de « servir les intérêts du grand capital ».
Qui interdit de parler de l’identité de la France sans être accusé de nationalisme.
Qui interdit à des personnalités de droite et de gauche de travailler ensemble sans être accusés de haute trahison.
Les Français en ont assez de toutes ces caricatures qui les étouffent. Assez de ces affrontements fondés sur des postures et des clichés
qui donnent au débat public des allures de guerre civile. Notre démocratie mérite mieux que cela et le peuple Français exige mieux que cela ».
par YM
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