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Lundi 29 octobre 2007
 
   La nuit est tombée quand les visiteurs franchissent le seuil de l’hôtel Matignon. Beaucoup arrivent à pied, en voisins, de Saint-Germain-des-Prés, où le milieu des lettres français conserve ses habitudes : ce soir, le Premier ministre reçoit les romanciers français et leurs éditeurs. C’est une première dans l’histoire récente, et plus d’une centaine d’auteurs ont accepté avec une certaine curiosité l’invitation de François Fillon. La date du 25 octobre n’a pas été choisie au hasard : c’est celle du Grand Prix du roman de l’Académie française, qui ouvre la saison des prix littéraires. L’occasion d’un hommage au talent et à l’imagination, que le Premier ministre entame avec un sourire : XN8C9574b.jpg
    « Je vous dois un aveu : je n’ai lu aucun des livres de la rentrée littéraire ! C’est la première fois depuis des années, et je préfère le reconnaître avec simplicité : entre les livres et la charge du gouvernement, j’ai dû faire un choix exclusif. Parmi les hommes politiques français, il est de tradition de se prétendre connaisseur, familier des textes : je ne m’y risquerai pas. »

    Le Premier ministre préfère partager avec son auditoire les conclusions plutôt rassurantes de la mission Livre 2010 sur l’avenir de l’imprimé :
    « La dématérialisation progressive ne tue pas la littérature. Un progrès général de la lecture profite aussi bien au livre qu’aux supports électroniques. L’autre bonne nouvelle, c’est que le modèle économique de l’édition française survit bien à ces évolutions. »

    Plus que celle des éditeurs, la situation de la librairie indépendante appelle l’attention du gouvernement :
« Au cœur des villes, les petits libraires effectuent un travail irremplaçable de passeurs, de conseillers. Ils écoutent le lecteur, relaient et éduquent sa curiosité. Ils méritent notre soutien et ils l’obtiendront. »
    Christine Albanel, ministre de la Culture, présente aux côtés du Premier ministre, approuve. Elle s’est prononcée en ce sens au cours du dernier Conseil des ministres. Au passage, François Fillon prend sur le piratage des droits des positions très fermes :
    « A l’heure de la phase numérique, la diffusion clandestine de textes ou de traductions doit être efficacement punie, leur diffusion légale précisément encadrée et protégée. »

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    Peu à peu, le Premier ministre quitte son texte des yeux pour partager ses propres expériences de lecteur : « Le retour en force de la fiction romanesque est aussi celui de la créativité, de l’enthousiasme et du vertige. Je me rappelle la première fois que j’ai ouvert les Mémoires d’Outre-tombe de Chateaubriand : j’ai senti un vent glacé me descendre dans le dos... »
    Pendant quelques minutes, le chef du gouvernement improvise et évoque l’émotion dégagée par une scène des Bienveillantes, de Jonathan Littel.

    Le moment est venu de partager un verre avec les auteurs présents, Nathalie Rheims, Jean d’Ormesson, Philippe Djian, et leurs éditeurs. Le Premier ministre semble trouver un vrai plaisir à leurs conversations, qui se prolongent bien au-delà des habitudes.
 
  
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«
J’aime ce pays où l’on est encore sensible à la force des mots ; ces mots qui nous surprennent  toujours par leur pouvoir. » conclut François Fillon.XN8C9639b.jpg

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