Sarkozy, et s'il allait dans le mur?
Il y a encore quelques semaines, jamais je ne pensais pouvoir écrire ça de Nicolas Sarkozy. Mais là, il faut bien l'avouer, le doute m'habite. En effet, après avoir donné un élan d'espoir à un nombre phénoménal de français, le super président commence à faire pschitt comme dirait son prédécesseur. Entre gaffes en tout genre, interventionnisme parfois limite et mesures à la décidées à la va-vite, la carrure du Président en prend un coup. Et ses électeurs aussi. Quelques exemples qui prouvent la dislocation de Nicolas Sarkozy.1- Travailler plus pour gagner plus ? Ok mais...
D'un slogan de campagne, cette phrase est devenue réalité... Pour lui. En soit, rien de plus normal de très bien payer l'homme le plus important de France. En effet, c'est lui qui dirige la 5e plus grande nation au monde et son rôle mérite des revenus dignes de son travail (à l'instar d'un grand patron). Mais voilà 2 choses sont mal perçues pour le coup :
La France est en déficit permanent et dans une entreprise, la banqueroute serait en point de mire. Dans ces cas là, il est rare qu'un patron s'autorise une augmentation substantielle de son salaire ? même s'il vient d'arriver. Il risquerait même de se faire virer sur le champ s'il ne met pas en place des mesures drastiques pour redresser la barre. Or, le package fiscal, voté cet été, s'il est sur le papier intéressant pour conserver les grandes fortunes en France, n'a rien de bon pour réduire les déficits de l'Etat.
Alors que la grogne monte chez certains et que les Français se retrouvent en partie (minoritaire) dans la rue, il est plus que maladroit de s'accorder une augmentation à ce moment là. En effet, même si l'on travaille plus (c'est clairement le cas) et que l'on bénéficie donc d'heures sup' défiscalisées, il semble bien difficile pour un français moyen de combler la perte du pouvoir d'achat liée notamment aux diverses augmentations subies récemment (essence, pain, produits laitiers...). Un peu de patience avant d'effectuer cette augmentation aurait été bienvenue.
2- Des gaffes malvenues
A force de vouloir être partout tout le temps, c'est une évidence, on ne travail plus aussi bien ses dossiers. Et sur ce coup là, Nicolas Sarkozy peut parfois faire fort. Une nouvelle fois, 2 exemples qui prouvent une certaine approximation du "bonhomme" :
Afin de montrer qu'il est à l'écoute des manifestants, le Président s'en va à la rencontre d'agents SNCF en banlieue parisienne. Cette démarche est forte car c'est énorme qu'un Président ose "s'approcher de la rue". Mais voilà, en pleine discussion avec un syndicaliste, M. Sarkozy improvise en déclarant qu'il ne souhaite pas que la mesure de réforme des régimes spéciaux soit appliquée aux personnes déjà en exercice. Il s'arrête, se rend compte qu'il a gaffé vu la satisfaction générale de ses opposants et enchaîne sur d'autres sujets. Un loupé heureusement peu relayé par les médias.
Deuxième face à face avec des opposants et deuxième raté avec les pêcheurs cette fois-ci. Outre l'opposition musclée dès son arrivée (physiquement mais surtout dans la parole), Nicolas Sarkozy fini par promettre aux pêcheurs des mesures très fortes comme notamment l'exonération des charges. Sur le papier, c'est pas mal, mais en réalité, c'est plus compliqué. En effet, l'Europe ne va pas laisser passer ça si facilement ; surtout dans un Etat où le déficit est chronique. De plus, après cette main tendue très (trop ?) rapidement aux pêcheurs, le risque est de voir les transporteurs, les taxis et toutes autres métiers touchés par la hausse du pétrole réclamer les mêmes avantages. Et là... On serait mal barré.
3- Une diplomatie à deux vitesses
Il avait commencé fort avec le traité européen simplifié. Il avait enchaîné avec la libéralisation des infirmières en Lybie. Mais il commence à déraper un petit peu. Outre son rapprochement souhaitable avec les Etats-Unis mais un brin excessif pour une France qui se veut forte et indépendante, le Président est tout de même en train de se mettre à dos bon nombre de ses partenaires européens en souhaitant mettre en place des mesures impossibles.
Par ailleurs, sa gestion plus que discutable de l'affaire de l'Arche de Zoé commence à faire peur. D'abord on dit que le Tchad va pouvoir gérer l'affaire en interne, on envoie Rama Yade au casse-croûte et ensuite, on dit qu'on va ramener tout le monde en Franc et fissa et tout gérer en France. Bon, là, y'a pas à dire, la méthode est à revoir. Notre vieux partenaire tchadien, s'il sait être dépendant des nombreuses aides accordées par la France, a le droit d'être traité comme un Etat souverain. De plus, cette Arche de Zoé, elle ne semble pas si clean que ça et il serait bon d'avancer avec prudence sur ce genre de sujet. En Afrique, après son discours peu apprécié de Dakar, Nicolas Sarkozy commence à cumuler les casseroles. Attention, le retour de bâton pourrait faire mal.
Pour finir sur cette mini réflexion très personnelle sur notre cher Président, comme beaucoup de ses électeurs, je commence à douter de la méthode. Si une (petite) partie de la France bloque le pays, c'est en fait l'économie globale de l'hexagone qui trébuche. Alors monsieur le Président, nous restons bien sûr derrière vous mais ne nous faites pas un quinquennat à la Giscard. De grandes promesses, de belles idées, mais une catastrophe au final. N'oublions pas que c'est comme ça que la gauche a fini par prendre le pouvoir. Avec les conséquences que l'on connaît.




Il est en effet difficile de faire des réformes en France, et plus on attend plus le pays régresse. Oui, j'ai voté pour Monsieur Sarkozy pour que les réformes indispensables soient enfin entreprises et il y a urgence. Ce n'est pas pensable qu'une minorité irresponsable puisse bloquer le pays.
Tenez bon monsieur le Premier Ministre, la majorité des français vous soutient, quoi qu'en disent les syndicats.
Franca Garaude - 95600 Eaubonne