Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Newsletter

Inscription à la newsletter

Album photos

Mardi 6 décembre 2005

 

 

Il n'est jamais très sain pour un pays de se retourner de façon permanente sur son passé plutôt d'organiser son avenir. Pour autant, notre nation ne peut vivre sans mémoire collective. A cet égard, le silence gêné qui a entouré l'anniversaire de la bataille d'Austerlitz à quelque chose de pathétique.

 

Que Napoléon ne fut pas un "grand démocrate" ( encore qu'il le fut davantage que tous les monarques de son temps ! ), qu'il fut un chef de guerre croisant le fer avec tous les régimes dynastiques qui lui étaient hostiles comme ils étaient d'ailleurs hostiles aux acquis de la révolution française, qu'il fut celui qui a rétabli l'horreur de l'esclavagisme dans une époque où il convient cependant de rappeler que les inégalités entre les classes, les races et les sexes étaient partout présentes, ne se discute pas. A l'évidence, dans un siècle qui n'en comptait pas beaucoup, Napoléon n'était pas un saint.

 

Est-ce à dire qu'il ne fut pas l'un des grands visages de notre histoire ? Est-ce à dire qu'il faut enterrer "sous le politiquement correct" la date du 2 décembre 1805. A Austerlitz, la France remportait l'une de ses plus grandes victoires militaires. Tous les peuples, tous les historiens, d'hier et d'aujourd'hui, observèrent et regardent encore ce fait d'arme avec un mélange de stupeur et d'admiration. Aux quatre coins du monde, Austerlitz est entré dans la mémoire collective, non comme une tragédie, mais comme un épisode glorieux. Chaque nation possède les siens et fête leur souvenir avec un certain prestige.

 

Chez nous, deux cents ans plus tard : rien !

 

Pas un mot, pas une pensée... La France a honte, ou plutôt ses responsables ont honte. C'est tout simplement absurde.

 

Sans sombrer dans un chauvinisme mal placé, ne pouvait-on avec un peu de fastes célébrer cet événement militaire. Qu'est-ce que cette France qui n'assume pas son héritage ? Qu'est-ce que cette France qui a peur de son ombre ? Qu'est ce que cette France qui n'analyse plus son histoire que de façon aseptisée en se centrant sur les moments les plus "aimables" et les plus consensuels de son passé ou les moments les plus sombres qui appellent ses remords.

 

Face à cette tendance, nous ferions bien de repenser aux mots de Napoléon qui disait : "j'assume tout, de Clovis au Comité de Salut Public."

 

Au nom de quoi devrions-nous taire ces pans entiers de notre Histoire qui ont fait la France, qui lui ont permis de devenir une puissance écoutée et influente ? Parce qu'une certaine lecture du 19e siècle fait de Napoléon un "ogre" plutôt qu'un "aigle"? Parce qu'à un moment où l'Europe se construit, il n'est pas de bon ton de rappeler que son existence même est née de toutes ces guerres qui l'ont déchirée durant plus de deux siècles ?

 

C'est précisément parce que nous devons nous instruire du passé, que nous ne saurions nier ce que la France fut, entre ses ombres et ses gloires.

 

par Francois Fillon publié dans : Archives 2005

Calendrier

Décembre 2008
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

W3C

  • Flux RSS des articles
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus