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Samedi 10 décembre 2005

Je rentre de Copenhague où j’ai débuté un tour d’Europe des politiques économiques et sociales « qui marchent » !

Syndicat (il n’y en n’a qu’un seul !), patronat, gouvernement, tous font preuve d’une belle confiance dans l’avenir et d’une foi impressionnante dans leur modèle qui repose sur une très grande flexibilité du marché du travail et une exceptionnelle sécurité des parcours professionnels.

Même si ce modèle n’est pas transposable dans notre pays qui n’a, ni la même histoire, ni la même dimension, ni les mêmes responsabilités internationales, plusieurs leçons sont à retenir :

Les bons résultats dans la lutte contre le chômage sont obtenus par des pays qui ont poussé très loin la flexibilité de l’emploi.

Il n’y a aucune raison que la France ne puisse suivre cette voie à condition d’offrir simultanément aux salariés des parcours professionnels sécurisés. Nous devons retravailler notre système d’indemnisation du chômage, réformer en profondeur le service public de l’emploi à l’image des expériences nordiques et britanniques dont l’efficacité est impressionnante et poursuivre la voie ouverte par la loi de 2004 sur la formation tout au long de la vie que j’ai eu l’honneur de présenter au Parlement.

La place donnée aux partenaires sociaux dans l’élaboration des normes sociales et dans leur mise en œuvre dans les entreprises est une clé de l’efficacité danoise.

Ce n’est pas parce que nous avons des organisations syndicales peu représentatives et insuffisamment responsables que nous devons renoncer à suivre cette voie.

Elles sont peu représentatives et insuffisamment responsables parce que notre organisation des relations sociales a abouti à ce résultat.

La loi du 4 mai 2004 sur le dialogue social nous a fait franchir un pas dans la bonne direction. Il faudra évidemment prendre le risque d’aller plus loin et de généraliser le principe de l’accord majoritaire. Cette généralisation suppose des organisations dont la représentativité dans l’entreprise est démontrée. Il faudra que le patronat accepte que soient organisées dans les entreprises des élections de représentativité. Bien entendu au premier tour des ces élections la liberté de candidature devrait être reconnue à tous !

Les changements qui sont devant nous sont considérables. Ils doivent être réalisés et surtout mis en œuvre dans la durée.

Nous ne passerons pas de la peur de l’avenir à la confiance dans notre capacité à relever les défis du siècle après quelques réformes courageuses.

Il faudra des années pour que notre peuple reprenne espoir.

Autant ne pas perdre encore des années !

 

 

 

 

par Francois Fillon publié dans : Archives 2005
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