Que souhaiter à notre pays pour 2006 ?
Oui nous avons d’abord besoin de raison.
De raison pour comprendre ce qui fait la grandeur de la France et ce qui l’affaiblit dans un monde qui entrera au même instant que nous dans l’année 2006.
De raison pour refuser l’expression des passions qui conduisent aux affrontements stériles entre deux lectures de l’histoire, à la stigmatisation des intellectuels qui ne se conforment pas à la pensée unique symbolisée cette semaine par la condamnation sans appel émanant du président du MRAP à l’encontre d’Arno Klarsfeld auquel
De raison pour attendre le travail d’Arno Klarsfeld avant de le réfuter!
De raison pour comprendre que la crise qui vient de secouer plusieurs des banlieues de nos villes n’est due ni au vocabulaire du ministre de l’intérieur, ni à la présence de la police dans les quartiers réputés difficiles, ni à la politique de la ville, et encore moins à l’échec du modèle d’intégration français mais à la conjonction d’une croissance en emplois trop faible depuis 15 ans et d’une absence de politique d’immigration.
De raison pour comprendre que l’heure de vérité va bientôt sonner pour un pays dont une génération n’a jamais connu un budget en équilibre et dont la dette va bientôt ligoter sa capacité d’investissement, d’innovation et de réforme.
De raison pour admettre qu’un système d’éducation qui absorbe près du quart du budget de la nation et qui peine à nous maintenir dans la moyenne basse des pays européens n’est pas un bon système qu’il suffirait de renforcer par des moyens supplémentaires.
De raison pour reconnaître que la glissade irrésistible des universités françaises vers les profondeur du classement international est due à une loi néfaste, celle de 1984, dont l’auteur, Alain Savary, reconnaissait lui-même qu’elle devait presque tout aux équilibres du programme commun de la gauche.
De raison pour ouvrir les yeux sur l’instabilité politique de notre pays qu’une constitution d’exception n’a pas réussie à protéger de la tentation de laisser gouverner « l’opinion » ou plus exactement ceux qui la font !
De raison pour comptabiliser les 26 gouvernements qui se sont succédés en France depuis 1981 quand nos amis allemands en comptaient 9 et nos voisins britanniques 7 !
Mais nous avons aussi besoin de passion. Pas celle qui déchaîne l’incompréhension et la violence mais celle qui fait adhérer, qui donne envie de se battre, qui rend fier de son pays et sur de son avenir.
Cette passion qui fait entendre, au milieu du bruit de fond médiatique, une parole qui redonne l’espoir.
Oui nous avons besoin d’une année de raison mais nous ne retrouverons pas la confiance des français sans exprimer notre passion pour la France, notre passion pour l’action publique, notre passion pour la politique.
La voie est étroite entre l’exigence de raison et la passion qu’exige un peuple exceptionnel qui n’en finit plus d’exprimer son désarroi face à un risque de déclin qu’il perçoit bien plus violemment que ceux qui le dirigent depuis longtemps.
Saurons nous la trouver ?
C’est mon vœu le plus cher !
Commentaires
Je passe vite sur le s défaillant à "profondeur" qui est probablement une erreur de frappe.
Néanmoins,avec tout le respect que je vous dois je vous signale monsieur l'ancien ministre de l'éducation que l'on écrit :"avec 26 gouvernements qui se sont succédé" et non "succédés" comme cela figure dans le exte que vous venez de signer ci-dessus. C'est une règle bien connue de nos collégiens sur l'accord du participe passé des verbes (intransitifs)pronominaux qu'il faut appliquer.
Cette remarque de forme étant dite, je partage tout à fait le fond de votre pensée et il est grand temps que nous remédions à cette instabilité qui rend la politique française peu crédible. J'ai des propositions concrètes à vous faire sur ce sujet notamment :
- limiter le mandat présidentiel à 2 consécutifs soit 10 ans d'exercice au plus haut sommet de l'Etat ce qui est déjà beacoup par rapport à des pays amis ou voisins ;
- limiter le nombre de ministres dans la constitution à un par région soit 27.
- supprimer le poste de premier ministre et toute hiérarchie ministérielle en faisant relever les ministres directement du président de la République ce qui est déjà sensiblement le cas dans les faits pour ce qui est des nominations
- interdire le cumul d'un mandat national ou européen avec celui d'un mandat exécutif qu'il soit maire, maire adjoint, président de région ou de département ou vice présidents de ces collectivités ;
J'aurais d'autres propositions mais je me limite déjà à ces 3 là qui donneraient de la lisibilité à la vie politique et donc par conséquent un peu moins de turn-over car quand les français comprendront mieux le système ils le rejetteront moins.
Jean-Marc SIRY
J.M.Siry,
Je visite aujourd'hui les archives, et une actualité chassant l'autre, je passerai, moi, sur le fond, pour vous répondre sur la forme :
Oui, les nouvelles technologies ont introduit une communication rapide, instantanée ; le clavier a remplacé le vieux brouillon, permettant d'effacer un mot, une phrase, de reprendre un paragraphe, et à la relecture, on vérifie avant tout que le texte que l'on a écrit a bien un sens, que l'on n'a pas oublié de supprimer un mot précédent, ce qui rendrait nos propos incompréhensibles.
Dès la publication, "la" faute de syntaxe ou d'accord nous saute aux yeux et nous horrifie, mais c'est trop tard !
A propos, beaucoup prend 2 u, le texte prend un t,
vice-présidents et maires-adjoints s'écrivent avec un trait d'union, et "les Français" prend une majuscule (ce sont des règles plus simples que celle des verbes pronominaux, que de nombreux profs ignorent).
Cordialement, et excuses pour ce que j'aurais pû laisser passer !
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A force de défendre l'égalité, la France a oublié ce qu'est l'équité.
Je résume la situation à cette image: Tout le monde tire la couverture de son côte depuis des années, elle commence maintenant à se déchirer.
Moi, petit "jeune", je vais probablement quitter ce pays à la fin de mes études.
Elle n'est pas de moi mais je me permet de citer quand même: Ce n'est pas qu'il y ait une fuite des cerveaux, c'est la France qui fuit du cerveau.
Signé: un "déclinologue"