La confusion qui caractérise l’analyse de la crise des banlieues ne facilite pas l’émergence de solutions.
Ce n’est pas l’insuffisance de la politique de la ville qui est responsable de cette explosion de violence.
Ce sont encore moins les fluctuations marginales des aides aux associations dont il n’est pas inutile d’évaluer de temps à autre l’efficacité.
Ce n’est pas la suppression du service national dont le maintien dans le cadre d’une armée réduite à moins de 500 000 hommes aurait conduit à la pire des discriminations.
C’est encore moins l’action de la police et du ministre de l’intérieur qui ont le grand mérite de tenter de revenir sur deux décennies de laxisme, qui ont permis aux caïds d’instaurer leur état d’urgence sur des pans entiers du territoire de la république.
Non la cause principale de cette révolte, c’est la conjonction d’une croissance insuffisante et de la non maîtrise des flux migratoires.
Cette situation conduit la France à accueillir ceux qui lui font l’honneur de la choisir pour s’y établir dans des conditions indignes qui ne pouvaient que conduire au désastre.
Le modèle d’intégration français ne s’est pas désintégré ! Il ne fonctionne plus parce que le pays ne produit pas assez de richesses pour donner à chacun des conditions d’existence décentes.
La seule réponse efficace à cette situation réside donc dans un changement radical de politique économique et sociale. Il faut reconnaître nos erreurs collectives et admettre que ceux qui, en Europe, ont réussi à approcher du plein emploi ont utilisé de meilleures solutions que les nôtres.
C’est dans la réforme de notre fiscalité, de notre droit du travail, de notre protection sociale et dans la maîtrise des flux migratoires que se trouvent les vraies solutions à la crise qui secoue les fondations de notre République.
J’y ajoute la réforme de l’école car, personne ne peut nier l’échec d’un système qui conduit chaque année 12000 jeunes à abandonner l’école avant la fin de la scolarité obligatoire et 70 000 à la quitter sans savoir lire, écrire ni compter. Ces jeunes, qui sont dans leur très grande majorité des garçons, constituent désormais un problème redoutable pour la société française qui doit trouver les moyens de les récupérer.
La réponse est en grande partie dans la loi d’orientation sur l’avenir de l’école qui doit être mise en œuvre dans son intégralité.
La définition d’un socle commun de connaissances et de compétences fondamentales conjugué à un dispositif massif de soutien individuel doit permettre d’atteindre l’objectif qui aurait toujours dû être celui de l’école de la République : Illettrisme zéro !
Qu’on ne me dise pas que les moyens manquent pour y parvenir : Avec un million deux cent cinquante mille fonctionnaires, l’éducation nationale bénéficie des ressources publiques les plus élevées des pays développés. Une meilleure gestion de ces moyens et en particulier des professeurs sans affectation et un recours plus important aux heures supplémentaires, correctement rémunérées, produiraient les marges de manœuvres dont nous avons besoin pour relever le défi existentiel qui vient d’être lancé à la Nation.
Pour conduire ces réformes radicales, nous avons sous les yeux deux exemples à nos portes :
Celui du Royaume Uni où le gouvernement de Tony Blair a conduit, grâce à la durée, de profondes réformes de structure et celui de l’Allemagne qui s’apprête à prendre des mesures aussi radicales que l’augmentation de trois points de la TVA ou le report à 67 ans de l’age de la retraite dans un consensus gauche droite qui laisse rêveur !
Le congrès du parti socialiste nous dira dimanche quelle est la voie la plus réaliste !
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"Ce n’est pas la suppression du service national dont le maintien dans le cadre d’une armée réduite à moins de 500 000 hommes aurait conduit à la pire des discriminations."
En quoi est-ce que ca constitue de la discrimination ? Pourtant, il me semble que le service national ne serait pas une mauvaise chose. C'est un bon moyen de mixité sociale et surtout ça redonnerait l'amour de la France à certains.