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Dimanche 18 décembre 2005
Quel chemin parcouru depuis que quelques uns d’entre nous, dont Jean Pierre Raffarin, Philippe Douste Blazy, Alain Juppé et moi-même lancions cette idée saugrenue de fusionner les partis de la droite républicaine dont les différences idéologiques s’étaient estompées avec le temps et les bouleversements du monde.

Nicolas Sarkozy n’y était pas favorable à l’époque. Pourtant c’est lui qui va réaliser la véritable fusion du parti gaulliste, des libéraux et des centristes en réussissant la création d’un véritable parti populaire dont le nombre des adhérents aura doublé d’ici l’été prochain.

Ce parti n’est pas à l’image du RPR d’autrefois. Il n’a pas les défauts des vieux partis de droite dont le seul rôle était de fournir des colleurs d’affiche et de remplir les salles pendant les campagnes électorales.

La qualité des conventions que l’UMP organise depuis un an, la liberté de débat qui règne désormais, la démocratisation qu’achève la décision prise par le bureau politique la semaine dernière de soumettre le soutien de notre candidat à l’élection présidentielle au vote de tous les adhérents, sont autant de signes qu’une véritable révolution est en marche à droite.

Il est de bon ton de railler les partis politiques et de leur attribuer tous les défauts ! Pourtant ils sont indispensables au fonctionnement de la démocratie.

Je suis convaincu, par exemple, que l’absence d’un travail en profondeur pour renouveler notre corps de doctrine a renforcé la dérive gauchiste du parti socialiste. Quand la majorité de droite au pouvoir défend des concepts de gauche, quand elle se coule dans le discours de la pensée unique, non seulement elle trahit ses électeurs mais surtout elle contribue à figer la réflexion politique autour de références dépassées.

Une droite plus fière de ses valeurs est sans doute la clé d’une évolution profonde de la gauche française vers un socialisme moderne qui prenne en compte les sanglants échecs du socialisme au vingtième siècle et les conséquences d’une globalisation d’autant plus inéluctable qu’elle s’inscrit dans un mouvement historique de rééquilibrage du développement mondial.

Dans cet esprit nous devons renoncer à nos certitudes et revisiter notre doctrine.
Etre fidèle à l’esprit du gaullisme ne consiste pas à répéter inlassablement les mêmes formules devenues creuses parce qu’elles ne s’adaptent pas au temps présent.

 

par Francois Fillon publié dans : Archives 2005
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