Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Newsletter

Inscription à la newsletter

Album photos

Mercredi 6 février 2008

undefined









C'est par cette phrase de Saint-Exupéry que François Fillon a conclu le colloque organisé le 31 janvier par "Les Progressistes", le nouveau mouvement créé par Eric Besson. 

La rencontre portait sur le rapport entre mondialisation et progrès, la réduction des inégalités sociales et le rôle de l'Etat ; trois thèmes emblématiques du besoin de rassemblement de toutes les bonnes volontés autour de réformes d'intérêt général.

undefined
S'exprimant après Tony Blair, venu accorder son soutien à cette nouvelle force de gauche responsable, le Premier ministre a rappelé la philosophie qui inspire l'ouverture politique voulue par Nicolas Sarkozy, et a salué le courage de ceux qui ont osé saisir la main tendue. 

Voici le texte du discours :

 
Monsieur le Premier ministre, cher Tony Blair,
Monsieur le Secrétaire d’Etat, cher Eric,
 
En passant par le Quartier Latin, je me suis demandé : 
« Mais qu’auraient pensé les étudiants réunis en « AG » sur ces bancs, en mai 1968, si une voyante leur avait prédit que, quarante ans plus tard, des progressistes de gauche y organiseraient un colloque conclu par un chef de gouvernement issu du mouvement gaulliste ? »  
 
Je crois que la plupart de ces jeunes gens auraient dit que c’est impossible.  
 
Impossible, parce qu’ils étaient habitués à concevoir la vie politique comme un affrontement binaire, camp contre camp, droite contre gauche, conservateurs contre réformistes.
 
Impossible, car ils ne pouvaient s’imaginer que la gauche se détourne de la tentation du grand soir pour préférer infléchir concrètement  les réalités.
 
Impossible enfin parce qu’il leur était impensable qu’un gouvernement – de droite, au surplus ! - s’ouvre au-delà de son camp, pour faire appel à toutes les compétences.  
 
« L’imagination au pouvoir », scandaient-ils. Parmi les slogans de l’époque, en voici un que nous reprenons volontiers à notre compte.
N’en déplaise à l’opposition, ceux qui tentent aujourd’hui de faire autre chose et autrement, c’est vous !
Et pourquoi le faisons-nous ensemble ?
Parce que nous sentons tous que nous sommes allés au bout d’un système politique et idéologique qui ne correspond plus aux réalités et aux exigences de notre époque.
Pendant des décennies, les gouvernements de droite et de gauche se sont succédés sans réussir à rénover la France en profondeur.
On a oscillé entre une gauche dogmatique dans la forme et parfois libérale sur le fond, et une droite libérale dans la forme et finalement assez conformiste sur le fond.
Tout ceci alimentant la confusion intellectuelle, l’immobilisme politique et le zapping électoral.
Face aux grands défis lancés à la France, une nouvelle donne politique était nécessaire, et Nicolas Sarkozy l’a concrétisé à travers l’ouverture.
 
Pourquoi l’ouverture ?
Parce que la rénovation de la France ne peut être l’œuvre d’un seul parti.
Transformer la France, cela exige de mobiliser tout le corps social.
Rebâtir le « système français », cela requiert de bousculer les dogmes, de faire bouger les lignes.
Bref, il faut savoir rassembler.
Et pour rassembler, il faut avoir l’audace et le courage de franchir les frontières partisanes. Cette audace, le Président de la République l’a eue en vous tendant la main, et cela malgré les critiques qui émanaient de son propre camp. Mais le courage, c’est surtout vous qui en avez fait preuve.
 
Je parle de courage parce qu’il est souvent plus facile de taire ses convictions au nom des intérêts partisans que de les exprimer à haute voix, au nom de l’intérêt national.
Je parle de courage parce que dans notre milieu on a tendance à préférer les hommes liges aux hommes libres.
 
Vous avez saisi la main que l’on vous tendait, mais pas à n’importe quel prix. Vous l’avez fait autour d’un projet. Et vous l’avez fait avec la volonté de peser sur sa mise en œuvre.
Au gouvernement, Eric Besson m’est directement rattaché et ses compétences sont unanimement reconnues.
Sa fonction est importante puisqu’il s’agit, ni plus ni moins, d’évaluer nos politiques et de défricher les sujets les plus complexes.
Je veux te dire, cher Eric, que je suis fier et heureux de te compter dans mon équipe.
 
Comme toi, j’ai la conviction que l’ouverture politique est une réponse aux attentes du peuple français et une nécessité face aux grands enjeux de demain.
 
Croyez-vous sincèrement que, si rien n’est fait pour lutter contre le réchauffement climatique, nos petits enfants se diront : « c’est la faute de la droite ! » ?
 
Croyez-vous que si tout n’est pas mis en œuvre pour financer nos retraites, nos enfants penseront « c’est à cause de la gauche ! » ?
 
Croyez-vous que si l’aventure européenne échouait nos enfants se retourneraient contre tel ou tel parti ?
 
Bien sûr que non ! Ils se retourneraient vers nous, en nous demandant « qu’avez-vous fait ? ».
 
Eh bien ensemble, nous avons osé placer le rassemblement des compétences au cœur de notre démarche politique.
Ta présence Eric, comme celle de Jean-Marie Bockel, de Jean-Pierre Jouyet, de Fadela Amara, de Martin Hirsch n’a pas seulement pour effet d’oxygéner la démocratie française.
Elle marque aussi une nouvelle façon de réfléchir, de débattre et d’agir.
Il y a une chose dont je suis sûr, c’est que sans l’ouverture, il n’y aurait pas dans mon équipe le même climat de créativité et d’efficacité.
 
Avec vous et grâce à vous, nous pouvons réformer plus vite et plus profondément.
Quand nous construisons une flex-sécurité à la française, quand nous rénovons le dialogue social, quand nous donnons leur l’autonomie aux universités, quand nous modernisons l’aide aux demandeurs d’emploi, quand nous réformons les régimes spéciaux, quand nous réussissons le Grenelle de l’environnement, nous épousons, je le crois, votre démarche progressiste.
 
J’ai lu, cher Eric, les trois thèmes choisis pour ce colloque.
 
 « Mondialisation et progrès », avec ce premier thème, vous tordez le cou à l’idée encore répandue selon laquelle la mondialisation serait une option, et non un fait.
Vous adoptez le bon angle, celui qui consiste à regarder la réalité économique mondiale telle qu’elle est, et à rechercher comment en retirer des bénéfices pour nos emplois, pour notre économie, pour notre solidarité.
 
Ce discours où la lucidité est placée au service du volontarisme, les Français l’attendent.
Contrairement aux idées reçues, nos concitoyens n’ont pas peur de la mondialisation. Ils veulent seulement y être mieux préparés pour agir et non pas subir.
L’ouverture des marchés est la clé de la prospérité et du développement.
Mais cela n’exclut pas un langage de vérité quand les conditions de la concurrence sont faussées, quand la mondialisation engendre des dérives écologiques ou sociales, quand elle nécessite d’imposer plus de transparence et de coordination, quand il faut l’empêcher de se faire aux dépens des plus vulnérables.
 
Sur le deuxième thème, celui de « la réduction des inégalités sociales », vous contribuez là aussi à briser un certain nombre de dogmes absurdes. Des dogmes plus ou moins persistants qui amène encore – au XXIème siècle ! – une large fraction du parti socialiste à se demander si Olivier Besancenot ne serait pas un allié possible…
 
Votre conception du progrès social n’est pas celle de l’égalitarisme mou, cet égalitarisme de façade qui étouffe la dignité et la responsabilité humaine.  
 
« Donner sa chance à chacun », faire de la politique sociale un tremplin avant d’être un filet de sécurité, rechercher une « égalité des possibles » : ces idées qui vous sont chères se retrouvent dans le revenu de solidarité active, dans la promotion du travail et du mérite, dans le plan espoir banlieues. 
 
Quant au troisième thème du jour, celui du « rôle de l’Etat », il est symbolique de votre volonté de faire bouger les lignes du passé.
La réforme de l’Etat n’est ni de droite, ni de gauche, elle est tout simplement nécessaire à la France et à l’Etat lui même.
Cette réforme, tous les gouvernements depuis 20 ans l’ont voulue, et toutes les oppositions depuis 20 ans l’ont critiquée.
L’assainissement des dépenses publiques n’est ni libéral, ni social. Il est tout simplement incontournable sur le plan économique, et moralement non négociable vis-à-vis des générations futures.
Sur tous ces sujets, l’urgence comme l’intérêt national commandent de cesser avec les postures
 
Ensemble, nous allons, mesdames et messieurs, continuer de réformer.
Nous savons que nos différences constituent notre force.
 
 
 « Si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis » écrivait Saint-Exupéry.
 
Restez vous-mêmes.
Vous avez une histoire et des valeurs. Elles contribuent à faire la France.
En assumant ensemble les héritages pluriels de la nation, en fédérant le meilleur de ce que nous croyons et de ce que nous voulons, nous pouvons saisir l’avenir et donc servir au mieux notre pays.  
 
 
 
 
 
 
 

 

Calendrier

Décembre 2008
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

W3C

  • Flux RSS des articles
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus