Après quelques tâtonnements et quelques fausses manœuvres – les abonnés à la newsletter ont reçu un message les avertissant de la publication d’un article datant de l’année dernière ! – mon blog est de nouveau opérationnel.
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Dans l’actualité, c’est l’affaire d’Outreau qui, une nouvelle fois, domine.
Les auditions en direct de la commission d’enquête parlementaire ont créé une immense émotion. Elles ont d’ailleurs démontré le rôle que pouvait jouer un parlement moderne, travaillant dans la transparence et remplissant pleinement son rôle de contrôle de l’exécutif.
Mais le fait le plus marquant de la semaine est incontestablement le refus du juge Burgaud de présenter des excuses aux 13 victimes de cette erreur judiciaire dont la vie a été gâchée durablement.
Si je comprends qu’il ne veuille pas plaider coupable, qu’il souhaite se défendre, qu’il veuille démontrer la responsabilité d’un système judiciaire qui est, peut être, à bout de souffle, je suis abasourdi par son incapacité à trouver les mots qu’il doit aux victimes.
Je ne le connais pas et je ne veux surtout pas le juger, mais son enfermement dans la certitude que la justice ne peut pas se tromper n’est pas sans rappeler d’autres juges et d’autres affaires.
Cette foi inébranlable dans une justice par définition infaillible fait froid dans le dos. Elle confirme l’impression confuse qu’ont beaucoup de français d’une machine implacable qui peut broyer des citoyens innocents sans même s’en émouvoir.
Dans la crise politique et morale qu’affronte notre pays depuis au moins une décennie, l’absence de confiance dans la justice est un facteur aggravant.
C’est aussi, avec l’état de notre système pénitentiaire, un nouveau signe de notre déclin.
Dire qu’un pays dont la justice est en crise, dont les institutions politiques sont parmi les moins démocratiques d’Europe et dont le système pénitentiaire est digne de certaines nations en voie de développement est un pays en déclin n’est pas faire profession de pessimisme mais faire preuve de la lucidité qui doit précéder la réforme déterminée.