Dimanche 17 février 2008
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ASTANA, KAZAKHSTAN. Pour la première visite d’un Premier ministre français, la nouvelle capitale du pays baigne dans une lueur laiteuse. Le vent glacé
disperse la neige autour des immeubles futuristes, en une poussière impalpable.
Au milieu de la plaine kazakhe, grande comme cinq fois la France, la ville étale le spectacle irréel de ses bâtiments flambants neufs :
- C’est le Dubaï des steppes ! s’exclame un membre de la délégation.
Depuis l’unique
visite d’un haut responsable français – c’était François Mitterrand, en 1993, deux ans après l’indépendance de cette ancienne république soviétique – beaucoup de choses ont changé ici. François
FILLON est venu le constater. Le programme de ce 8 février est extrêmement chargé : entretiens avec le Premier ministre, M. MASSIMOV, avec le Président, M. NAZARBAÏEV, puis avec le Président du
Sénat. Les contacts économiques sont au programme. Avec ses réserves immenses de pétrole et de minerais, le Kazakhstan intéresse les 17 chefs d’entreprise français qui accompagnent le chef du
gouvernement. AUBERT et DUVAL signe un accord pour une ligne d’approvisionnement d’Airbus en titane représentant 850 millions d’euros sur 12 ans. La construction d’une cimenterie confiée à VICAT
représente 140 millions. Tous sont impressionnés par la manière rapide dont le pays s’est ouvert aux investissements étrangers.
De son côté, le Kazakhstan, situé entre Chine et Russie, partage avec la France le
souci de préserver de grands équilibres géopolitiques. Il reconnaît aussi l’expérience de la France en matière d’administration publique. L’Académie de la fonction publique a été conçue sur le
modèle de l’ENA. François FILLON y répond aux questions des étudiants, manifestement intimidés, avant de recevoir un titre honorifique. Le Premier ministre revêt pour l’occasion la tunique brodée
traditionnelle. Quelques minutes plus tard, il doit la troquer contre un manteau épais. Au-dehors, la température tourne autour de -18° !
Autant dire que la visite du Premier ministre est tout sauf classique. Il règne
au Kazakhstan une ambiance étonnante, faite d’audace et de pragmatisme. Le pays a délibérément démantelé les arsenaux nucléaires hérités de l’URSS. Son président, Nursultan NAZABAÏEV, veut faire
du pays une zone de paix et d’échanges. Il est vrai que les religions cohabitent pacifiquement au Kazakhstan, pont immense entre Europe et Asie. A l’extrémité de l’esplanade centrale, François
FILLON découvre l’impressionnante « Pyramide de la Paix et de la Concorde », un bâtiment de 62 mètres de haut voué au dialogue entre les civilisations. C’est là que tout à l’heure, au soir tombé,
l’orchestre de la Garde Républicaine française offrira un concert aux hôtes du chef du gouvernement. Mais avant cela, il faut se rendre à l’ambassade de France, dont François FILLON doit
inaugurer les nouveaux locaux, en présence de l’ambassadeur, S.E. Monsieur Alain COUANON.
Seuls onze pays de l’Union
Européenne possèdent déjà une représentation sur place, la plupart dans le même immeuble. La France ne veut pas manquer son rendez-vous avec le Kazakhstan. L’heure est à l’intensification des
échanges. Des échanges qui ne sont pas uniquement économiques, mais aussi diplomatiques et culturels. Le président NAZARBAÏEV sera présent à Paris pour sa septième visite en France au second
semestre de 2008.
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