Mesdames et messieurs,
Chers amis et compagnons,
C’est avec émotion que je vous retrouve.
Ministère de l'Education nationale oblige : je n'ai pas revu beaucoup d’entre-vous depuis les élections régionales… Malgré notre bilan, malgré la qualité de nos équipes, nous avons perdu, en Pays de la Loire, la partie.
C’est la démocratie.
Dois-je vous dire combien cette défaite m'a été dure.
Au lendemain du second tour, j’ai recensé les erreurs que nous avions pu commettre. J’ai aussi pensé à vous et à tous ces militants qui n’ont jamais baissé les bras.
Présents pour les succès, présents dans les revers… Il y a chez les militants un fil rouge qui transcende les résultats électoraux : c’est la fierté.
La fierté de celui qui se bat pour ses idées.
La fierté de celui dont la cause n’est jamais vaine dès lors qu’elle est portée avec cohérence et panache.
La fierté de celui qui n’abandonne jamais le terrain.
« Hier la défaite, mais demain la victoire » : voilà l’écho que j’ai entendu résonner dans mes oreilles après ces régionales.
Aujourd’hui, je dis à tous ces militants dont je reconnais certains des visages : ici, dans cet Ouest Français qu’Olivier Guichard, puis moi-même avec bien d’autres, avons relancé et modernisé, nous allons nous battre.
Dans votre département, dans notre région, la gauche ne dormira pas longtemps sur ses deux oreilles.
Chers amis,
Mon cher Nicolas,
Durant les prochains mois, une nouvelle page va s’écrire. A la tête de l’UMP, les équipes et les objectifs vont être redessinés.
C’est maintenant que se décide le sursaut nécessaire.
Il est temps que l’UMP trouve une force d’âme !
Il est également temps de remettre l’opposition à sa place car il est lassant d’entendre ceux qui ont coulé la France se présenter aujourd’hui en maître nageur !
Le moment est venu de contrer le redressement de la gauche.
Il faut dire que le vide abyssal de son projet, parsemé de démagogie, préfigure le déclin de notre pays.
Il faut dire que François Hollande ambitionne de « re-légitimer l’impôt en France», comme d’autres ambitionnent de courir le 100 mètres à plat ventre.
Il faut dire que le brouillon Arnaud Montebourg songe à instaurer la VIème république pour mieux restaurer le régime désordonné des partis !
Il faut dire que Jacques Lang, est, comme il dit, « toujours partant » ! Pour où ? Pour quoi faire ? Nul ne sait, mais à l’évidence il est partant pour enjoliver quelques contrevérités !
Il faut dire qu’il y a Laurent Fabius qui, sur le tard, découvre, avec stupéfaction, le divorce entre les classes populaires et cette gauche libérale qu’il incarne à la perfection.
Et bien sûr, j’allais l’oublier : il faut dire qu’il y a Lionel Jospin qui est disponible, et, semble-t-il, en attente d’un coup de fil, d’un mot doux... Sa traversée du désert aura été aussi brève que la traversée d’un bac à sable.
Tous ce sac de nœuds de l’opposition doit être dénoncé. Nous devons être intraitables, mais également méthodiques, car depuis 20 ans, à chaque élection, le zapping électoral nous a fait mal !
Souvenons-nous en : la gauche mise moins sur sa valeur que sur nos erreurs.
Cher Nicolas,
Le challenge de l'UMP est difficile. Tu les aime ainsi !
Les défis sont considérables. Mieux vaut, à l'image de ton tempérament, les affronter plutôt que de les subir.
En un mot, tu as décidé de relever le gant.
Et bien, je le relève avec toi !
Ca n’est pas un secret : tous les deux, nous sommes distincts, nous nous sommes même parfois heurtés sans indulgence.
Pour tout dire, mesdames et messieurs : lui c'est Nicolas et moi c'est François !
Mais, malgré nos différences, où plutôt avec nos différences, nous allons travailler ensemble.
Nicolas a le punch et le talent pour faire bouger les choses. Mon rôle est de l’y aider avec détermination.
Je le ferai avec mes convictions.
Pour moi, l’UMP doit être le parti de la France.
Il faut rassembler autour d’une ambition française.
Savez-vous comment la France a été longtemps surnommée dans les pays anglo-saxons ? « The great nation ». La grande nation !
Dans un monde de 6 milliards d’habitants, les 60 millions de Français doivent faire bloc, fiers de leurs valeurs, de leurs réussites, de leur drapeau.
A la tête du Ministère de l’Education Nationale, si j’insiste tant sur les principes républicains, si j’ai fait respecté la loi interdisant les signes religieux à l’Ecole et notamment le voile, c’est parce que je crois que l’unité nationale se joue dès le plus jeune âge.
Cette fierté nationale ne doit pas être étroite, mesquine, mortifère.
Elle doit être mise au service de l’Europe.
On ne peut parler de l'Europe sans évoquer ce qui s’est passé aux Etats Unis…
Vous l’aurez constaté, la récente victoire de Georges Bush a été abondamment commentée chez nous. Et cela notamment par la gauche qui a trouvé là un bouc émissaire facile pour faire passer son conservatisme hexagonal pour un progressisme.
Ceux qui critiquent copieusement le Président des Etats Unis, cachent en réalité une peur bleue des défis qui nous sont lancés par la puissance américaine.
Moi, j’estime qu’il n’y a pas à encenser ou à condamner un homme qui a été élu par son peuple. C’est l’affaire des américains, et je trouverais de très mauvais goût si ces mêmes américains investissaient bruyamment la politique française.
Par contre, je tire une leçon de cette élection américaine : plus que jamais l’Union européenne doit passer à la vitesse supérieure.
Pour cela, il faut une Europe plus politique, ce qui signifie plus de souplesse, car à 25, toutes les nations ne pourront aller au même rythme.
Il faut aussi une Europe plus ambitieuse dans sa stratégie économique, ce qui exige d’adapter le pacte de stabilité, comme Nicolas Sarkozy l’a d’ailleurs obtenu de la commission de Bruxelles. Il serait bon, par exemple, de soustraire les dépenses engagées dans les domaines porteurs de la recherche et de l’innovation de la comptabilité des déficits européens.
Enfin, il faut une Europe plus énergique dans la défense de ses intérêts vitaux, qu’ils soient industriels, culturels ou diplomatiques. Face à nos grands concurrents internationaux, face aux délocalisations, face, précisément, à la puissance américaine et demain chinoise, l’Union européenne doit faire entendre sa voix avec plus d’assurance.
Voilà l’Europe que nous devrons promouvoir au sein de l’UMP.
Mais soyons clairs, il n’y aura pas d’Europe forte, avec une France craintive et assoupie sur ses vieux lauriers. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, le XXIème siècle sera sans pitié pour les nations endormies.
La France doit renouer avec le courage, un courage mis au service de notre progrès social.
Je le dis à mes concitoyens : on ne peut avoir l’un des meilleurs systèmes de santé des pays développés, l’un des régimes de retraites les plus généreux d’Europe, l’un des dispositifs d’assurance chômage les plus protecteurs, l’Ecole et l’Université gratuite pour tous, sans qu’en contrepartie nous ne nous retroussions les manches.
C’est l’effort de chacun, c’est le travail de tous, qui financent notre pacte de solidarité.
Je l'affirme : tout autre langage est mensonger et tout autre projet est antisocial.
La gauche rêve de nous voir cantonné dans une pensée "réactionnaire", à la « solde - comme elle dit - du MEDEF » . Nous ne devrons pas tomber dans ce piège. Nous devrons imaginer de nouveaux horizons économiques et sociaux qui transcendent les clichés politiques.
La gauche rêve d’un débat caricatural où le « camp des riches » s’opposerait à « celui des pauvres ». Nous rejetterons ce médiocre film en noir et blanc sorti de "la lutte des classes". Nous serons les avocats des classes moyennes dont les espérances se sont épuisées au cours des vingt dernières années.
Mes chers amis,
Nous voici donc à nouveau en compagne. Mais en campagne pas comme les autres. En campagne pour faire de notre UMP une force d'innovation politique.
Il est de la responsabilité historique de notre génération que de pérenniser ce grand projet d'union des familles de droites. Une union née à l'initiative de Jacques Chirac, une union sans précédent dans l'histoire de nos courants de pensée.
Le doute ne nous est plus permis. Nous n'avons pas le droit de trahir l'espérance de ceux des français qui pendant tant d'années nous ont reproché d'alimenter la machine à perdre.
Nous n'avons plus le droit de nous considérer simplement comme une option aux alternances mais le devoir de nous affirmer comme les tenants modernes d'un grand courant de pensée politique.
Ce qui nous oppose à la gauche, ce n'est pas simplement la compétition pour le pouvoir. La droite n'est pas ce qu'en dit la gauche, ni même ce que trop souvent en pense la droite elle-même.
Droite contre gauche, c'est Tocqueville contre Marx.
Droite contre gauche, c'est la réforme contre la révolution.
Droite contre gauche, c'est la libre pensée contre les préjugés.
Français, nous sommes tous issus du siècle des Lumières ; nous sommes tous enfants de la révolution de 1789, mais nous n'avons pas tous la même conception des libertés.
Pour nous "liberté" veut dire d'abord cette capacité accordée à la démocratie de s'interroger sans cesse sur elle-même.
Pour nous, l'Etat juste n'est pas celui qui veut faire le bonheur du citoyen contre son gré, mais celui qui fonde les meilleurs conditions possibles à son jugement et à ses choix.
Le droit d'inventaire n'est pas le privilège du seul M. Jospin.
A la lumière des évènements qui ont bouleversé ces dernières décennies, à nous de rappeler à ses amis, que les idéologies sont à bout de courses, que les avocats du dirigisme administratif sont battus en brèche. Oui, nous avons le droit d'exercer ce droit d'inventaire à l'endroit du dernier grand champion du prêt à penser dans ce bas monde : le modèle socialiste français.
Mes chers amis que l'on dit de "droite", vous êtes vous demandés ce que vous êtes ? Ces « ennemis du peuple » qu'on stigmatise dans certains salons à la mode ? Ces réactionnaires que l'on fustige, rue de Solférino ? Ces mauvais républicains toujours "amis des privilèges", comme il se dit à Lutte Ouvrière ?
Falsification que tout cela !
Souvenez vous que c'est votre énergie, votre travail, votre bon sens, qui, au cours de ce demi siècle, ont fait la grandeur de notre Nation.
C'est vous, sous de Gaulle qui avez porté de dynamisme des "trente glorieuses" !
C'est vous qui sous Pompidou avez fait de la France une grande puissance industrielle !
C'est vous qui sous Valéry Giscard d'Estaing avez mis la société à jour des évolutions de notre époque.
Et que faites vous en ce moment, sinon de garantir l'avenir des retraites, sinon de restaurer la sécurité, sinon de conserver la pérennité de notre protection sociale, sinon d'engager la modernisation de notre système éducatif ?
Avec Nicolas Sarkozy, ensemble, nous devons guérir notre pays de ces deux maladies chroniques qui nous rongent et que j'appellerais la camélionite et la scorpionite.
La camélionite, c'est, comme chez le caméléon, cette manie étrange que nous avons de nous faire plus gris que terre devant le terrorisme intellectuel de nos adversaires; à devenir si vite rouge de confusion devant nos propres réussites.
J'appelle la scorpionite, la facilité que nous avons à considérer la France sur le déclin, à oublier tout ce que chaque jour les français font pour la France, et à la moindre difficulté, à la moindre courbe économique descendante, poser nos armes et bagages comme si un rêve était passé.
Oui, chers amis, si déclin il y a, c'est celui de notre propre foi; si le doute persiste, c'est que nous n'avons pas assez compris que notre union n'est pas un mariage de raison, mais un mariage de conviction.
Vous, militants, vous le savez !
Vous savez que tout au long de ces dernières années, chacun d'entre vous a fait le pas qu'il fallait vers son frère séparé en politique, pour s'entendre sur nos institutions, sur l'Europe, sur la politique étrangère et de défense, sur les grands enjeux de la justice sociale.
Qui dit que ces petits pas ont été facile à vivre ? Qui dit que ce grand bon en avant de nos retrouvailles n'a pas nécessité des révisions, des concessions, de longues années de débats intellectuels ?
Mais c'est cette maturation qui fait notre force, c'est d'elle que nous devons être fier. C'est elle qui a montré au grand jour de l'opinion publique, la naissance d'un nouveau projet politique.
Nicolas, ce projet est à tout le monde. A toi de l'organiser, de l'ordonner, de l'enrichir ; à toi de mettre le feu là où le dynamisme s'est éteint.
Faire de l'UMP le parti de la France qui avance, la France qui rassemble, la France qui traverse le XXIème siècle, non à genoux, mais debout.
Voilà notre perspective !
Voilà notre ambition !
En somme, mes chers amis, voilà notre devoir.
Chers amis et compagnons,
C’est avec émotion que je vous retrouve.
Ministère de l'Education nationale oblige : je n'ai pas revu beaucoup d’entre-vous depuis les élections régionales… Malgré notre bilan, malgré la qualité de nos équipes, nous avons perdu, en Pays de la Loire, la partie.
C’est la démocratie.
Dois-je vous dire combien cette défaite m'a été dure.
Au lendemain du second tour, j’ai recensé les erreurs que nous avions pu commettre. J’ai aussi pensé à vous et à tous ces militants qui n’ont jamais baissé les bras.
Présents pour les succès, présents dans les revers… Il y a chez les militants un fil rouge qui transcende les résultats électoraux : c’est la fierté.
La fierté de celui qui se bat pour ses idées.
La fierté de celui dont la cause n’est jamais vaine dès lors qu’elle est portée avec cohérence et panache.
La fierté de celui qui n’abandonne jamais le terrain.
« Hier la défaite, mais demain la victoire » : voilà l’écho que j’ai entendu résonner dans mes oreilles après ces régionales.
Aujourd’hui, je dis à tous ces militants dont je reconnais certains des visages : ici, dans cet Ouest Français qu’Olivier Guichard, puis moi-même avec bien d’autres, avons relancé et modernisé, nous allons nous battre.
Dans votre département, dans notre région, la gauche ne dormira pas longtemps sur ses deux oreilles.
Chers amis,
Mon cher Nicolas,
Durant les prochains mois, une nouvelle page va s’écrire. A la tête de l’UMP, les équipes et les objectifs vont être redessinés.
C’est maintenant que se décide le sursaut nécessaire.
Il est temps que l’UMP trouve une force d’âme !
Il est également temps de remettre l’opposition à sa place car il est lassant d’entendre ceux qui ont coulé la France se présenter aujourd’hui en maître nageur !
Le moment est venu de contrer le redressement de la gauche.
Il faut dire que le vide abyssal de son projet, parsemé de démagogie, préfigure le déclin de notre pays.
Il faut dire que François Hollande ambitionne de « re-légitimer l’impôt en France», comme d’autres ambitionnent de courir le 100 mètres à plat ventre.
Il faut dire que le brouillon Arnaud Montebourg songe à instaurer la VIème république pour mieux restaurer le régime désordonné des partis !
Il faut dire que Jacques Lang, est, comme il dit, « toujours partant » ! Pour où ? Pour quoi faire ? Nul ne sait, mais à l’évidence il est partant pour enjoliver quelques contrevérités !
Il faut dire qu’il y a Laurent Fabius qui, sur le tard, découvre, avec stupéfaction, le divorce entre les classes populaires et cette gauche libérale qu’il incarne à la perfection.
Et bien sûr, j’allais l’oublier : il faut dire qu’il y a Lionel Jospin qui est disponible, et, semble-t-il, en attente d’un coup de fil, d’un mot doux... Sa traversée du désert aura été aussi brève que la traversée d’un bac à sable.
Tous ce sac de nœuds de l’opposition doit être dénoncé. Nous devons être intraitables, mais également méthodiques, car depuis 20 ans, à chaque élection, le zapping électoral nous a fait mal !
Souvenons-nous en : la gauche mise moins sur sa valeur que sur nos erreurs.
Cher Nicolas,
Le challenge de l'UMP est difficile. Tu les aime ainsi !
Les défis sont considérables. Mieux vaut, à l'image de ton tempérament, les affronter plutôt que de les subir.
En un mot, tu as décidé de relever le gant.
Et bien, je le relève avec toi !
Ca n’est pas un secret : tous les deux, nous sommes distincts, nous nous sommes même parfois heurtés sans indulgence.
Pour tout dire, mesdames et messieurs : lui c'est Nicolas et moi c'est François !
Mais, malgré nos différences, où plutôt avec nos différences, nous allons travailler ensemble.
Nicolas a le punch et le talent pour faire bouger les choses. Mon rôle est de l’y aider avec détermination.
Je le ferai avec mes convictions.
Pour moi, l’UMP doit être le parti de la France.
Il faut rassembler autour d’une ambition française.
Savez-vous comment la France a été longtemps surnommée dans les pays anglo-saxons ? « The great nation ». La grande nation !
Dans un monde de 6 milliards d’habitants, les 60 millions de Français doivent faire bloc, fiers de leurs valeurs, de leurs réussites, de leur drapeau.
A la tête du Ministère de l’Education Nationale, si j’insiste tant sur les principes républicains, si j’ai fait respecté la loi interdisant les signes religieux à l’Ecole et notamment le voile, c’est parce que je crois que l’unité nationale se joue dès le plus jeune âge.
Cette fierté nationale ne doit pas être étroite, mesquine, mortifère.
Elle doit être mise au service de l’Europe.
On ne peut parler de l'Europe sans évoquer ce qui s’est passé aux Etats Unis…
Vous l’aurez constaté, la récente victoire de Georges Bush a été abondamment commentée chez nous. Et cela notamment par la gauche qui a trouvé là un bouc émissaire facile pour faire passer son conservatisme hexagonal pour un progressisme.
Ceux qui critiquent copieusement le Président des Etats Unis, cachent en réalité une peur bleue des défis qui nous sont lancés par la puissance américaine.
Moi, j’estime qu’il n’y a pas à encenser ou à condamner un homme qui a été élu par son peuple. C’est l’affaire des américains, et je trouverais de très mauvais goût si ces mêmes américains investissaient bruyamment la politique française.
Par contre, je tire une leçon de cette élection américaine : plus que jamais l’Union européenne doit passer à la vitesse supérieure.
Pour cela, il faut une Europe plus politique, ce qui signifie plus de souplesse, car à 25, toutes les nations ne pourront aller au même rythme.
Il faut aussi une Europe plus ambitieuse dans sa stratégie économique, ce qui exige d’adapter le pacte de stabilité, comme Nicolas Sarkozy l’a d’ailleurs obtenu de la commission de Bruxelles. Il serait bon, par exemple, de soustraire les dépenses engagées dans les domaines porteurs de la recherche et de l’innovation de la comptabilité des déficits européens.
Enfin, il faut une Europe plus énergique dans la défense de ses intérêts vitaux, qu’ils soient industriels, culturels ou diplomatiques. Face à nos grands concurrents internationaux, face aux délocalisations, face, précisément, à la puissance américaine et demain chinoise, l’Union européenne doit faire entendre sa voix avec plus d’assurance.
Voilà l’Europe que nous devrons promouvoir au sein de l’UMP.
Mais soyons clairs, il n’y aura pas d’Europe forte, avec une France craintive et assoupie sur ses vieux lauriers. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, le XXIème siècle sera sans pitié pour les nations endormies.
La France doit renouer avec le courage, un courage mis au service de notre progrès social.
Je le dis à mes concitoyens : on ne peut avoir l’un des meilleurs systèmes de santé des pays développés, l’un des régimes de retraites les plus généreux d’Europe, l’un des dispositifs d’assurance chômage les plus protecteurs, l’Ecole et l’Université gratuite pour tous, sans qu’en contrepartie nous ne nous retroussions les manches.
C’est l’effort de chacun, c’est le travail de tous, qui financent notre pacte de solidarité.
Je l'affirme : tout autre langage est mensonger et tout autre projet est antisocial.
La gauche rêve de nous voir cantonné dans une pensée "réactionnaire", à la « solde - comme elle dit - du MEDEF » . Nous ne devrons pas tomber dans ce piège. Nous devrons imaginer de nouveaux horizons économiques et sociaux qui transcendent les clichés politiques.
La gauche rêve d’un débat caricatural où le « camp des riches » s’opposerait à « celui des pauvres ». Nous rejetterons ce médiocre film en noir et blanc sorti de "la lutte des classes". Nous serons les avocats des classes moyennes dont les espérances se sont épuisées au cours des vingt dernières années.
Mes chers amis,
Nous voici donc à nouveau en compagne. Mais en campagne pas comme les autres. En campagne pour faire de notre UMP une force d'innovation politique.
Il est de la responsabilité historique de notre génération que de pérenniser ce grand projet d'union des familles de droites. Une union née à l'initiative de Jacques Chirac, une union sans précédent dans l'histoire de nos courants de pensée.
Le doute ne nous est plus permis. Nous n'avons pas le droit de trahir l'espérance de ceux des français qui pendant tant d'années nous ont reproché d'alimenter la machine à perdre.
Nous n'avons plus le droit de nous considérer simplement comme une option aux alternances mais le devoir de nous affirmer comme les tenants modernes d'un grand courant de pensée politique.
Ce qui nous oppose à la gauche, ce n'est pas simplement la compétition pour le pouvoir. La droite n'est pas ce qu'en dit la gauche, ni même ce que trop souvent en pense la droite elle-même.
Droite contre gauche, c'est Tocqueville contre Marx.
Droite contre gauche, c'est la réforme contre la révolution.
Droite contre gauche, c'est la libre pensée contre les préjugés.
Français, nous sommes tous issus du siècle des Lumières ; nous sommes tous enfants de la révolution de 1789, mais nous n'avons pas tous la même conception des libertés.
Pour nous "liberté" veut dire d'abord cette capacité accordée à la démocratie de s'interroger sans cesse sur elle-même.
Pour nous, l'Etat juste n'est pas celui qui veut faire le bonheur du citoyen contre son gré, mais celui qui fonde les meilleurs conditions possibles à son jugement et à ses choix.
Le droit d'inventaire n'est pas le privilège du seul M. Jospin.
A la lumière des évènements qui ont bouleversé ces dernières décennies, à nous de rappeler à ses amis, que les idéologies sont à bout de courses, que les avocats du dirigisme administratif sont battus en brèche. Oui, nous avons le droit d'exercer ce droit d'inventaire à l'endroit du dernier grand champion du prêt à penser dans ce bas monde : le modèle socialiste français.
Mes chers amis que l'on dit de "droite", vous êtes vous demandés ce que vous êtes ? Ces « ennemis du peuple » qu'on stigmatise dans certains salons à la mode ? Ces réactionnaires que l'on fustige, rue de Solférino ? Ces mauvais républicains toujours "amis des privilèges", comme il se dit à Lutte Ouvrière ?
Falsification que tout cela !
Souvenez vous que c'est votre énergie, votre travail, votre bon sens, qui, au cours de ce demi siècle, ont fait la grandeur de notre Nation.
C'est vous, sous de Gaulle qui avez porté de dynamisme des "trente glorieuses" !
C'est vous qui sous Pompidou avez fait de la France une grande puissance industrielle !
C'est vous qui sous Valéry Giscard d'Estaing avez mis la société à jour des évolutions de notre époque.
Et que faites vous en ce moment, sinon de garantir l'avenir des retraites, sinon de restaurer la sécurité, sinon de conserver la pérennité de notre protection sociale, sinon d'engager la modernisation de notre système éducatif ?
Avec Nicolas Sarkozy, ensemble, nous devons guérir notre pays de ces deux maladies chroniques qui nous rongent et que j'appellerais la camélionite et la scorpionite.
La camélionite, c'est, comme chez le caméléon, cette manie étrange que nous avons de nous faire plus gris que terre devant le terrorisme intellectuel de nos adversaires; à devenir si vite rouge de confusion devant nos propres réussites.
J'appelle la scorpionite, la facilité que nous avons à considérer la France sur le déclin, à oublier tout ce que chaque jour les français font pour la France, et à la moindre difficulté, à la moindre courbe économique descendante, poser nos armes et bagages comme si un rêve était passé.
Oui, chers amis, si déclin il y a, c'est celui de notre propre foi; si le doute persiste, c'est que nous n'avons pas assez compris que notre union n'est pas un mariage de raison, mais un mariage de conviction.
Vous, militants, vous le savez !
Vous savez que tout au long de ces dernières années, chacun d'entre vous a fait le pas qu'il fallait vers son frère séparé en politique, pour s'entendre sur nos institutions, sur l'Europe, sur la politique étrangère et de défense, sur les grands enjeux de la justice sociale.
Qui dit que ces petits pas ont été facile à vivre ? Qui dit que ce grand bon en avant de nos retrouvailles n'a pas nécessité des révisions, des concessions, de longues années de débats intellectuels ?
Mais c'est cette maturation qui fait notre force, c'est d'elle que nous devons être fier. C'est elle qui a montré au grand jour de l'opinion publique, la naissance d'un nouveau projet politique.
Nicolas, ce projet est à tout le monde. A toi de l'organiser, de l'ordonner, de l'enrichir ; à toi de mettre le feu là où le dynamisme s'est éteint.
Faire de l'UMP le parti de la France qui avance, la France qui rassemble, la France qui traverse le XXIème siècle, non à genoux, mais debout.
Voilà notre perspective !
Voilà notre ambition !
En somme, mes chers amis, voilà notre devoir.
par Francois Fillon
publié dans :
Discours



