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Jeudi 7 octobre 2004

Mesdames et messieurs, chers amis et compagnons,

Durant les prochains mois, une nouvelle page va s’écrire.
A la tête de l’UMP, les équipes et les objectifs vont être redessinés. Ce changement ne peut se résumer à une simple réorganisation interne ou à une étroite aventure personnelle. Et ceci pour trois raisons majeures.

La première, c’est que le sort de l’UMP est en jeu. C’est maintenant ou jamais que se décide le sursaut nécessaire.

Certains diront que le terme de «sursaut» est excessif...

Qu’importe les nuances ! J’utilise les mêmes mots que les
militants ! Ils pensent que la machine est grippée et qu'elle manque d'une force d'âme. Voilà ce qui se dit dans nos permanences. Voilà ce que vous dites !

La deuxième raison, c’est que ce changement intervient à mi mandat de l’action gouvernementale. C’est maintenant que doit s’enclencher ce second souffle qui permettra à notre majorité de conclure son contrat avec efficacité et panache.

Il ne peut y avoir un gouvernement audacieux sans un parti performant. La vitalité de l’un, dépend de la force de l’autre.

Enfin, la troisième raison est que la gauche commence à sortir la tête de l’eau. Nous avons subi deux échecs électoraux… Le redressement de l’opposition doit être pris au sérieux.

Alors bien sûr, il y a ses divisions et le vide abyssal de son projet.

Bien sûr, il y a François Hollande qui ambitionne de «réhabiliter l’impôt en France», comme d’autres ambitionnent de courir le 100 mètres à plat ventre.

Bien sûr, il y a Laurent Fabius qui, sur le tard, découvre, avec stupéfaction, le divorce entre les classes populaires et cette gauche libérale qu’il incarne à la perfection.

Malgré tout cela, il faut être vigilant, car depuis 20 ans, à chaque élection, le zapping électoral nous a fait mal !.

Chacune des étapes qui nous mène vers les prochaines échéances doit donc être abordée avec responsabilité, car, nous le savons, la gauche mise moins sur sa valeur que sur nos erreurs.

Au regard de ces trois raisons, ce n’est pas te faire injure Nicolas, que de dire que les enjeux qui entourent la présidence de l’UMP dépassent ta seule personne…

Ils dépassent ta personne, mais, à l’évidence, ils collent à ta personnalité !

Le challenge est difficile. Tu les aime ainsi !

Les obstacles sont nombreux. Ils sont, comme tu le sais, faits pour être franchis !

Les défis sont considérables. Mieux vaut, à l'image de ton tempérament, les affronter plutôt que de les subir.

En un mot, tu as décidé de relever le gant.

Et bien, je le relève avec toi et avec vous !

Mesdames et messieurs,

Avec Sarkozy, nous sommes distincts, nous nous sommes même parfois heurtés sans indulgence.

Pour tout dire : lui c'est Nicolas et moi c'est François.

Il est rassurant de voir que le futur Président de l'UMP ne s'entoure pas de sosie.

Malgré nos différences, je n’ai jamais confondu l’essentiel de l’accessoire.

Il y a six mois, j’avais indiqué que la stratégie du T.S.S («Tout sauf Sarkozy») était absurde. J’estimais suicidaire de nous quereller entre nous, alors que l'adversaire nous court aux "basques".

Sous l’impulsion du Président de la République, le bon sens l’a heureusement emporté.

Désormais, chacun s’accorde à dire ce qui devait être dit : Nicolas Sarkozy n’est pas un problème pour la droite, il est surtout un gros souci pour la gauche !

L’heure est donc venue de lancer un autre T.S.S, un TSS plus judicieux et dont je vous livre la clé : «tout sauf les socialistes !».

Pour cela, nous allons devoir nous remobiliser.

par Francois Fillon publié dans : Discours
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