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Je vous signale l'interview que publie aujourd'hui lundi Libération au sujet de la mise en oeuvre de la loi sur
l'école.
J'ai lu votre interview sur Libération. Je n'ai pas compris grand chose, sinon que vous vous voulez pousser les études aussi loin que possible, jusqu'à 50% d'une tranche d'âge à l'université. Diable! Après un bac au rabais, des maîtrises vendues au poids.
Passons.
Par contre j'ai fait tilt sur votre priorité concernant la réforme de l'université. Figurez-vous que presque quarante après je reprends le chemin des écoliers et m'inscris en maîtrise d'histoire à la fac de Bordeaux. Pour le plaisir, puisque j'aime l'histoire et ça coûte 140 ou 150 . Rien du tout. J'en ai eu pour mon argent. Guère plus.
D'abord, le vaste parking de l'université était en partie squatté par les gitans, pardon, gens du voyage. Il a fallu faire du slalom pendant des mois entre les caravanes.
Les locaux étaient dans un état lamentable, dignes d'une université du tiers monde. Et encore, je pense plutôt au quart monde.
Le premier cours a lieu avec un professeur qui nous dit être hostile à la réforme de la maîtrise (2002-2003) et que, sagissant dun cours secondaire, il nous demande pour tout travail de lannée, de résumer en 20 pages un livre. Et il ajoute, je ne veux plus vous voir jusquà la remise de votre travail en Mai. Dont acte.
Le cours principal, cest plutôt de la méthodologie pour faire le travail essentiel de la maîtrise : le Mémoire.
Jai travaillé darrache pied. Je nai pas présenté mon mémoire, donc je nai pas eu le diplôme. Par contre ce mémoire, qui portait sur le pays basque espagnol, ma permis de rencontrer de nombreuses personnes, de devenir presque un spécialiste en la matière et de me faire un nouveau cercle damis de qualité.
Mes 150 ont donc finalement été un investissement rentable. Mais je doute que la contribution de lEtat français ait été, elle, payée de retour.
Conclusion, oui Monsieur Fillon, il y a urgence à réformer luniversité.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=358959
je vous rappelle ou plutôt vous l'apprends puisque vous semblez l'ignorer, qu'actuellement en France seulement 37% d'une classe d'âge fait des études supérieures - ce qui est, excusez moi du mot, une performance minable et catastrophique, comparé aux autres pays développés et en considérant l'énorme quantité d'argent public investi dans ce secteur.
Aux Etat-Unis, cette proportion est de 64%, pour un système que le Français moyen considérera comme inégalitaire.
Moi je dirai plutôt que le système éducatif français malgré ses études quasi-gratuites est inefficient; paradoxalement le système américain avec des études payantes et chères est plus performant voire égalitaire - tout dépends comment on définit le terme - non pas seulement pour une minorité d'étudiants mais pour un majorité d'entre eux contrairement à la situation actuelle en France.
Je suis heureux que vos 150 d'inscription annuelle à l'université vous ait été rentable du point de vue individuel et personnel malgré que vous n'ayez pas obtenu de diplôme;
mais d'un point de vue collectif celà est encore un autre échec pour l'éducation nationale, car non seulement vous avez étudié dans des conditions honteuses, mais vous avez aussi coûté cher à la société sans pour autant en sortir diplômé.
Je tiens à préciser qu'il n'y a aucune attaque personnelle mais uniquement une critique du système et malheureusement trop d'étudiants français sont ou ont été dans votre cas.
Encore faut-il que ces dipômes aient une valeur et soient utiles à la société. D'où l'impérieuse nécessité de réformer l'université en y introduisant, entre autres, la concurrence et l'autonomie de gestion.
Je me suis permis de prendre mon cas pour montrer l'absurdité du système actuel. Avec ou sans diplôme, l'Etat n'avait pas grand intérêt à me payer des études.
Quel est le sujet de votre mémoire? Une partie de ma famille est originaire du Pays Basque et rien de ce qui concerne ce territoire ne m'est indifférent.
Monsieur Fillon, il semble que votre article soit en ligne !!!
Cela dit, effectivement, il est préférable d'acheter Libération, tout comme il est préférable d'acheter les disques...
En même temps, je ne suis pas fan de Libé, tout comme je ne suis pas fan de certains titres que j'écoute, alors pourquoi les acheter alors qu'on les trouve sur le net ???
Je plaisante, c'est un autre débat et la question n'est pas là.
Concernant les universités, et les études en général, il est certes important voir primordial de réformer.
Mais pour répondre au n°1, alias Bordenave-Gassedat qui dit entre autres bizarreries :
"Pour le plaisir, puisque j'aime l'histoire et ça coûte 140 ou 150 . Rien du tout. J'en ai eu pour mon argent. Guère plus"
ça se passe de commentaires !!!
Mais Monsieur B-G vous devriez savoir quand même que l'université est avant tout destinée aux étudiants, du moins en priorité, et qu'ils n'ont pas forcément les moyens de mettre d'avantage. N'oubliez pas que ce sont eux qui paieront votre retraite dans quelques années (à moins que vous le soyiez déjà si je fais le calcul ...)
De plus, la maîtrise porte bien son nom et donc puisque vous êtes devenus maître en pays basque, en effet votre investissement s'avère rentable.
Je considère votre réponse comme une logorrhée, guère plus.
Si l'université doit être réformée, c'est avant tout pour les étudiants, afin que les formations proposées soit en adéquation avec les attentes professionnelles à venir, et non passées chèr Bordenave-Gassedat.
Avant toute réplique, je précise que je n'ai rien contre les générations passées, loin de là, mais je ne supporte pas le corporatisme de certains...
Monsieur Fillon, comme nombre de ses collègues, a compris que c'est unis ensemble que nous progresserons et non opposés.
Je vous confirme que votre interview est en ligne... avez-vous testé le lien que j'ai communiqué hier soir ?
Je dois vous avouer que cette interview n'est pas facile à trouver sur le site de libé ... il m'a fallu surfer de rubrique en rubrique ... Mais la curiosité a été la plus forte... dans la rubrique "société" Je viens de vérifier, ce lien fonctionne aujourd'hui encore.
Cordialement.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=358959
Je lis à l'instant votre interview et je vous en félicite !
Etudiant en droit à Londres dans le cadre de la maitrise binationale organisée par la Sorbonne et le King's College, j'apprends à l'instant que nous aurons la possibilité de vous rencontrer et débattre avec vous de vive voix à Londres même !
Bravo pour cette initiative,
Dans l'attente de vous rencontrer !
Calmann Bellity
En France, c'est 37%. En Australie, c'est 77%.
C'est dire l'inefficacité de l'éducation nationale.
Un peu de lecture:
http://challengestempsreel.nouvelobs.com/chall_177.html
http://www.oecd.org/document/34/0,2340,fr_2649_33925_14152482_1_1_1_1,00.html
Il faut distinguer l'accès à l'enseignement supérieur et l'obtention d'un diplôme de l'enseignement supérieur. C'est là où les performances françaises sont les plus criticables puisque environ 50% d'une classe d'âge accède à l'enseignement supérieur sous toutes ces formes mais seulement 37% y obtient un diplôme.
Ce qui est en cause c'est effectivement l'efficacité du système éducatif secondaire mais aussi les conditions d'entrée à l'université qui ne permettent pas d'orienter les étudiants vers des filières qui correspondent à leurs capacités.
http://www.oecd.org/document/35/0,2340,fr_2649_34515_35321507_1_1_1_1,00.html
http://www.oecd.org/document/35/0,2340,fr_2649_34515_35321507_1_1_1_1,00.html
en particulier l'indicateur C2.
1)Il est vrai que la droite a un problème avec l'école, sans doute parce qu'elle n'a pas l'image "d'intello" dont sait si bien jouer le parti socialiste.
2) La liberté pédagogique était une réelle avancée de votre loi. Toutefois, il est pertinent de revenir aussi sur la méthode globale qui a sacrifié l'apprentissage de la lecture, donc du français. Il faut rappeler que cette méthode a été imposée par la hiérachie du ministère et de nombreuses "têtes pensantes" de l'éducation qui ne connaissait de l'école que ce qu'ils en lisaient dans les livres ou en apprenaient dans des colloques... Ces docteurs en sciences de l'éducation qui s'imposent à nous dans les IUFM.
3)L'université a effectivement besoin d'une réforme urgente, et il serait souhaitable qu'elle soit couplée à celle de la recherche dans le projet de 2007.
Pour ma part, MERCI à l'ECOLE de la REPUBLIQUE qui m'a tout donné... et surtout l'envie d'enseigner.
Un agrégé d'histoire, futur enseignant.
Vous avez raison de dire que les méthodes étaient imposées par le ministère et par l'inspection générale qui n'hésitait pas à sanctionner des enseignants qui s'en écartaient.
Le principe de la liberté pédagogique ne peut pas se diviser!
Ma mère est également d'origine basque, mais non nationaliste. Je suis à votre disposition pour de plus de renseignements.
Alain Devaquet présenta en 1986 un projet de réforme des études supérieures portant sur le rétablissement de la sélection entre les bacheliers (avec une hausse des droits dinscription et une plus grande autonomie financière des universités). Nous connaissons les résultats : énormes manifestations, le projet est retiré et le ministre démissionné.
Ce quil y a de dramatique cest que tout le monde admet le bien fondé des concours dentrée dans les grandes écoles et quelles soient payantes. Les études supérieures seraient donc divisées entre un système élitiste, qui dispense un enseignement de qualité, en phase avec les besoins du marché de lemploi et luniversité réservée aux moins méritants, tonneau des danaïdes des deniers publics et éloignée des besoins de formation du pays.
Je reconnais que ce pays est très difficile à réformer et cest bien pour cela que je me désole et admire ceux qui oeuvrent à leffort de changement.
Je pense que jamais je ne l'aurais eu et donc jamais je n'aurais eu la chance d'obtenir ma maîtrise.
Un bon professionnel ou ne s'évalue pas que sur la base d'un questionnaire.
Il est prioritaire de lutter contre les étudiants de première années "à vie". Nombreux sont ceux qui s'inscrivent mais qui ne vont jamais en cours, ni à l'examen. Juste pour bénéficier du régime d'étudiant. Limiter le nombre de premières années possible à 3 serait peut-être une bonne chose (et c'est déjà beaucoup).
En attaquant ce problème, les chiffres du taux de diplomé par rapport au taux d'accès montera de façon spectaculaire.
Mais rien qu'une telle réforme envoie l'ensemble des syndicats étudiants dans la rue!
Celà est fort dommageable quant à la qualité de l'enseignement dans les universités puisque qu'il en résulte une éducation à deux vitesses pour des durées d'études semblables.
De plus, les meilleurs éléments qui sortent des grandes écoles sont embauchés à la sortie de leur Bac+5 et ne sont pas incités à faire des études plus longues (doctorat/PhD, post-doc) contrairement à ce qui se passe dans d'autres pays, ce qui est un handicap pour la recherche française.
Un moyen de remédier à cette situation dichotomique serait d'instituer une sélection au Bac, tout comme l'a instaurée l'université Dauphine avec succès.
La mesure la plus efficace d'orientation est à mon avis la sélection des étudiants avant le début des études, et peut-être verrons-nous des taux de passage de 1ère en 2ème année enfin supérieurs à 50%.
Rapport du Sénat diponible ci dessous:
http://www.senat.fr/rap/a03-074-5/a03-074-515.html
Sur le site de l'OCDE, que je trouve très instructif on trouve au tableau B1.1:
Dépenses annuelles par étudiant (2002)
Secondaire 2ème cycle France: 9291 USD/an
Ensemble Tertiaire France 9276 USD/an
USA: 9607 versus 20545
En clair, par étudiant, on dépense plus d'argent pour un lycéen qu'un étudiant qui fait des études supérieures ! De plus ce statistiques ne tiennent pas compte de la disparité Universités/ Grandes écoles.
Borenave-Gassedat,
à propos du prix des concours et du prix des études en France en général, je ne sais pas si vous vous rendez compte de la modicité des sommes demandées par rapport à ce qui se pratique à l'étranger.
Je tiens à vous faire part, à travers ce billet, d'un projet qui me tient à coeur et qui je pense ne vous laissera pas indifférent.
Tout d'abord, je me présente, j'ai 20 ans et je suis étudiant à l'université Paris II Panthéon Assas en deuxième année de licence en droit.
Comme vous le savez, la France a tremblé durant le mois de novembre 2005. Etant originaire de Montereau (77), ville de M.Jégo qui, elle aussi, n'a pas été épargnée par cette vague de violence, j'ai pu ressentir la tension qui régnait. De là, nous avons organisé une rencontre avec d'autres étudiants de la ville et Yves Jégo. Je ne vous cache pas que le débat à tourné autour des difficultés que connaissent tous les jeunes dits "en décrochage sociale". Par ailleurs, nous ne nous aventurions pas sur un terrain inconnu puisqu'une grande majorité d'entre nous avons suivi notre cursus scolaire secondaire en ZEP, npous avons donc fréquenté ce milieu qui, il est vrai, est hostile à toute réussite.
A l'issue de ce débat, nous avons réfléchi à ce qu'il pourrait avoir de productif dans un premier temps au niveau local et si ça marche pourquoi pas à un niveau plus élevé.
Pour faire vite, je vous explique ce que nous souhaiterions créer. Notre idée reste encore à préciser mais nous pensons monter une association qui organiserait, au sein des communes, des rencontres, débats, réunions.... ou autre (à partir du moment qu'il y ait un échange). Ce projet à pour but de réconciloier les jeunes avec les décideurs locaux (voire plus...). Nous avons pris rdv avec M. Jégo pour lui exposer nos premières idées.
Nous pensons que ce problème, ce sentiment d'enfermement qui existent dans les grandes villes ayant des cités HLM, doit être résolu grâce au contact, à l'échange... Mais un échange différent que celui que nous connaissons aujourd'hui. Nous pensons que toutes les personnes se sentant concernées par ce projet ont à y gagner!
Ayant été Ministre des affaires sociales, du travail et de la solidarité mais aussi Ministre de l'éducation nationale, nous espérons vraiment que vous voudriez bien nous aider à finaliser ce projet.
Espérant pouvoir vous en parler plus concrètement lundi soir à la salle des fêtes de Melun.
je vous remercie de l'attention que vous porterez à ce billet.
Très cordialement.
BM