Vendredi 18 avril 2008
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François Fillon a participé, hier matin à l'Assemblée nationale, à un débat sans vote sur la révision
générale des politiques publiques (RGPP).
Dans son intervention, il a insisté sur quatre aspects (texte complet ici).
Premièrement, la réforme de l'Etat est une urgence absolue, une tâche trop longtemps retardée : « croit-on que l'Etat peut encore être efficace avec une dette publique qui croît sans cesse ?
Pense-t-on que l'Etat pourra aider ceux qui en ont vraiment besoin en cumulant pendant encore des décennies des déficits ? ».
Deuxièmement, ces dernières décennies tous les grands pays développés ont réalisé des réformes plus ambitieuses qu'en France. « Tous les pays qui ont su vaincre le chômage ont parallèlement diminué
le poids de leur dépense publique. (...) En France, nos dépenses publiques ont connu une évolution exactement inverse : en 25 ans, elles sont passées de 44% à 54% du PIB. (...) Tous les pays qui se
sont réformés ont parallèlement modernisé et resserré leur fonction publique. (...) En France, l'Etat a aujourd'hui 300 000 fonctionnaires de plus qu'au début des années 1980, cela malgré
l'informatisation massive de nos administrations, et malgré la décentralisation ».
Troisièmement, avec la révision générale des politiques publiques, la France se donne enfin les moyens de mener sa réforme de l'Etat efficacement, dans la concertation et avec détermination. Les
premières décisions adoptées en décembre 2007 et le 4 avril dernier « font bouger les lignes. Elles concrétisent un mouvement de réforme tous azimuts. (...) :
L'organisation locale de l'Etat amorce une mutation historique : des administrations multiples et fractionnées vont être regroupées en pôles cohérents par grandes missions. Le travail avec les
collectivités locales sera ainsi amélioré, de même que le service aux administrés.
Les administrations centrales sont réorganisées, de nombreuses directions sont rapprochées ou fusionnées. Au ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du
territoire, la quarantaine de directions va être rassemblée en 5 grandes directions générales de métier.
La direction générale des impôts et la direction générale de la comptabilité publique ont été fusionnées avec succès et la nouvelle structure a été inaugurée par le Président de la République le 4
avril dernier.
Le rapprochement de la police et de la gendarmerie va permettre des synergies et une augmentation de notre potentiel opérationnel en faveur de la sécurité de nos concitoyens.
Les armées vont voir leurs fonctions de soutien transformées par une mutualisation des moyens. Nous allons créer de véritables « bases de défense » et les implantations de petite taille seront
fermées dans le cadre d'une discussion approfondie avec les collectivités territoriales concernées. Les économies ainsi dégagées seront réinvesties sur le fonctionnement et les équipements de nos
forces armées.
La diplomatie va être réorganisée pour lui permettre de mieux assurer ses missions et d'adapter ses moyens aux nouvelles priorités stratégiques et géographiques.
La gestion du parc de logements sociaux va être modernisée et adaptée aux besoins de nos concitoyens.
Notre politique du logement va être modernisée pour mieux financer ses priorités.
Notre politique d'aide aux entreprises, tout comme notre politique de l'emploi et de la formation professionnelle seront adaptées pour concentrer nos efforts sur ceux qui en ont réellement
besoin.
Les fonctions de gestion de l'Etat comme la paye, l'immobilier, les pensions, les achats, sont profondément réorganisées et modernisées.
Des procédures inutiles, des doublons, des structures inefficaces sont supprimés. Partout, nous simplifions, nous adaptons, nous recentrons l'Etat sur ses missions prioritaires et nous le rendons
plus accessible et plus proche des citoyens ».
Quatrièmement, le Premier ministre a rappelé que, dans tous les grands pays développés, les réformes ont toujours été menées dans un relatif consensus politique trans-partisan. Il a déploré
l'attitude de l'opposition française qui caricature la réforme (« Certains sautent sur leur chaise comme des cabris en criant « la rigueur, la rigueur ! » »), qui se contredit en oubliant ce
qu'elle a fait par le passé, et qui ne propose aucune alternative crédible.
Enfin, François Fillon a conclu en appelant à sortir de la « tyrannie du statu quo » : « Réformer l'Etat, ce n'est pas une aventure technocratique : c'est une mission historique. C'est transformer
le modèle français pour le prolonger. C'est surmonter nos habitudes et nos corporatismes. Réinventer l'Etat, c'est nous réinventer collectivement ».
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Publié dans : TRIBUNES & DISCOURS
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