Mercredi 8 mars 2006 3 08 /03 /Mars /2006 20:52

En route pour Londres dans l’Eurostar ! Dans mon tour d’Europe des « bonnes idées » la Grande Bretagne tient une place importante. Pourquoi ? Parce qu’elle est la preuve vivante que le déclin n’est pas inéluctable et que la barre peut être redressée pour peu qu’on s’en donne les moyens.

Il y a trente ans que je me rends régulièrement au Royaume Uni. Je m’y suis marié en 1980 dans une petite ville du Pays de Galles à l’ombre tranquille des collines que les Gallois s’obstinent à appeler des montagnes. J’y ai beaucoup de souvenirs, de bons souvenirs. J’y ai surtout rencontré un peuple fier de son histoire, de ses traditions et du lien qu’il a su maintenir entre les siècles. Pas d’ancien et de nouveau régime, pas de passage de l’ombre à la lumière, mais un continuum historique qui aboutit à l’une des démocraties les plus avancées du monde.

Lors de mes premières traversées du « Channel », la Grande Bretagne semblait pourtant glisser inexorablement sur la pente du déclin qui menace toutes les vieilles nations entraînées par le poids de leur expérience, de leur savoir, de leur culture, de leurs certitudes.

Les trains y étaient pitoyables, les services publics indigents mais surtout le chômage et la pauvreté omniprésent.

Maire de Sablé sur Sarthe depuis 1983, je pouvais comparer l’effort d’investissement public, la qualité des équipements collectifs. Je me souviens d’avoir renoncé à emmener mes enfants à la piscine publique à la vue de son état. Je me souviens aussi de la campagne de collecte de fonds organisée par l’hôpital public pour financer sa modernisation.

Difficile de reconnaître ce pays qui semblait avoir renoncé dans l’Angleterre de Blair dont je suis en train de me rapprocher !

Seuls peut être les trains… Il y a des traditions qui ont la vie dure !

Cette renaissance britannique n’est pas le fruit du hasard. Elle n’a rien à voir avec les cycles économiques. Elle doit tout à la volonté de Margaret Thatcher qui a su dynamiter les verrous qui barraient la route de l’avenir et à Tony Blair qui a eu l’intelligence de ne pas changer de route, au moins sur le plan économique, au moment où les résultats consacraient une politique que des ignorants ou des imbéciles, continuent, en France à qualifier d’inhumaine et d’antisociale quand elle a permis de tendre vers le plein emploi.

Bien sur la Grande Bretagne n’est pas la France et les mêmes politiques n’y donneraient pas nécessairement les mêmes résultats mais la leçon qu’il faut retenir de ce redressement spectaculaire est qu’il n’y a pas de fatalité du déclin.

Lors de ma première visite dans les « Black Moutains » le PIB Français était supérieur de près de vingt pour cent à celui du Royaume Uni. Aujourd’hui alors que mon train émerge du « Tunnel » sous la pluie (pardon pour le cliché) il lui est inférieur de dix pour cent !

J’entends déjà les réactions à ce billet : La précarité, les inégalités sont le prix de cette renaissance ! Pourtant, comme je l’ai montré il y a quelques semaines, en publiant ici même quelques extraits d’une étude sur les chiffres de l’emploi britannique, il n’y a guère plus de précarité chez eux que chez nous. Je vais employer les deux prochains jours à approfondir les raisons de la bonne santé de l’économie anglaise et de la longévité de Tony Blair et de son équipe. Ce serait bien le diable qu’il n’y ait rien à en tirer !

Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires - Publié dans : POINTS DE VUE & TEMOIGNAGES
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Commentaires

Les français sont un peuple extraordinaire !


On fustige les anglais pour la précarité qui règne sur leur marché du travail pendant que nous avons 10% de la population active au chomage !!!


Le chomage n'est il pas la pire des précarités ?!


On comprend que les anglais aient été aussi longtemps réticent à la construction du tunnel sous la manche ! La bétise, c'est peut être contagieux ... (certainnement plus que la grippe aviaire en tout cas) !

Commentaire n°1 posté par didier le 08/03/2006 à 23h17

Mon premier voyage remonte à 1936. Mon seul souvenir est la maison que des amis anglais nous avaient abandonnée, à Wembley, car j’étais en quarantaine avec la scarlatine. Mes parents, la maladie mise à part, en gardaient un merveilleux souvenir.


J’étais à Londres en 1948 pour les Jeux Olympiques, à Camberlay,  et juste après la guerre la Grande Bretagne était un modèle pour sa reconstruction, la propreté de ses villes et parcs, etc.


En 1975 et 1976 nous sommes allés en vacances avec nos enfants, en Cornouailles la première année, et au Pays de Galles la seconde. Le Pays de Galles fût un tel enchantement que nous y sommes resté toutes les vacances et ne sommes pas montés en Ecosse, comme il était prévu. Le change était favorable. Les chemins de fer avaient déjà mauvaise réputation, mais nous étions en voiture.


Les années suivantes les enfants partaient en vacances de leur côté et le Royaume Uni n’avait plus d’attrait.


I don’t say : improve your English. Ce n’est sûrement pas nécessaire.


Par contre, approfondissez bien les raisons de la prospérité actuelle. Comment ce grand pays qui a perdu son Empire,  une grande partie de ses richesses  et a touché le « fond », a t’il su remonter la pente alors que nous n’avons fait que la descendre ?


Vous n’êtes pas le diable et vous tirerez, sans aucun doute, quelque chose de votre voyage. J’ai grande envie de savoir ce que vous aurez glané

Commentaire n°2 posté par Christian BOIS le 09/03/2006 à 01h24
Quelle conclusion !!!
Comme Christian Bois, je suis curieux de connaitre le fruit de votre récolte !!!
Bonne cueillette Mr Fillon.

C'est ironique car nous connaissons déjà bien les raisons principales de ce redressement à l'anglaise.
Une politique puissante et avangardiste, un peuple peut être plus respectueux du moins dans certains domaines, que le nôtre.
Commentaire n°3 posté par Mickaël Accou le 09/03/2006 à 10h06

bonjour,


j'ai trouvé sur internet le blog d'un general d'active : le general de richoufftz appelé par les médias le general des banlieues...je vous donne le lien c'est très intéressant : http://general.de.richoufftz.over-blog.com

Commentaire n°4 posté par francois le 09/03/2006 à 17h12

Sitôt parti vous manquez déjà à qqn...


http://permanent.nouvelobs.com/societe/20060309.OBS9974.html

Commentaire n°5 posté par Alceste le 09/03/2006 à 17h50
Vous avez raison: il ya toujours des idées à prendre. Au delà, encore faut-il des gens pour les entendre!
A voir ce qui se passe actuellement, j'ai l'impression que les Français ne veulent pas sortir de leurs rêves et affronter la réalité. Reconnaissons qu'à gauche comme à droite, peu ont le courage de dire les choses telles qu'elles sont! Beaucoup proposent des solutions à la sauce démago.
Allons plus loin. Je me rappelle mes études de philosophie et notamment HEGEL qui a dit : " Et les bavardages s'arrêtent devant le sérieux de l'histoire". De mon point de vue, les français restent sous-informés des faits, et uniquement de faits dépouillés de tous ces commentaires idéologiques ou de cette posture préalable qui biaise le sujet. Je me rappelle ainsi l'intervention d'un sénateur sur LCI commençant son exposé sur le traitement à apporter : " La France est riche. Puisque la France est riche, il suffit de prendre cette richesse et de la mettre à disposition des projets pour faire que l' Etat retrouve des marges de manoeuvre". Ce sénateur s'appelle Jean-Paul Mélenchon. Sur quels chiffres peut-il affirmer que la France est riche? Mystère! Voilà le type de démagogie qui fait que les Français pensent qu'on peut ne rien changer et qu'il suffit de remettre de l'argent pris ailleurs dans leur modèle social pour qu'il fonctionne à nouveau.
Monsieur Fillon, est-ce possible que vous contribuiez à mettre à disposition des Français un outil d'informations de qualité pour leur permettre de retrouver le sens des réalités? Il ya tellement de personnes qui n'ont pas intérêt à réveiller les Français que la tâche ne sera pas facile!
Commentaire n°6 posté par Dominique M le 09/03/2006 à 18h46

Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charente, a fait part de son intention de priver de subventions les entreprises de sa région qui auraient recours aux CNE et CPE.

Un chantage qualifié par François Fillon, conseiller politique de l’UMP, « d’illégal et antirépublicain ». « Une région n’a pas le droit de discriminer une entreprise parce qu’elle aurait seulement le tort d’appliquer la loi votée par la représentation nationale » a déclaré le sénateur de la Sarthe et rappelé qu’à l’époque où il présidait la région des Pays de la Loire il n’a jamais conditionné les aides versées par sa région au fait que entreprises soient passée aux 35 heures.

Pour François Fillon, l’annonce de Ségolène Royal, n’est qu’une opération de com ! Et de prédire qu’une telle décision, si elle devrait s’appliquer, serait rapidement annulée par le Tribunal administratif.


Ségolène commence à faire des erreurs, sa nature socialo pur jus va bientôt réapparaître. Ne vous laissez pas embobiner par des effets de com, un produit des sondages.

Commentaire n°7 posté par MERENGUE le 09/03/2006 à 19h07

Bon courage M. Fillon ! Tachez d'être aussi prudent que faire se peut.

Commentaire n°8 posté par Alceste le 09/03/2006 à 20h29
Je pense que, ce soir, vous avez autre chose à faire que d'être sur votre blog, mais vous nous manquez quand même ! Bon courage. J'espère que tout va se terminer bien.
Commentaire n°9 posté par Christian BOIS le 09/03/2006 à 23h16

Tout est bien qui finit bien. :)


Enfin, si ça continue des gens vont se mettre à faire des prises d'otages chaquent fois qu'ils sont mécontents d'un plat au restau ou d'un film au ciné... Pfff.

Commentaire n°10 posté par Alceste le 09/03/2006 à 23h39

Monsieur Fillon,


Il est des moments où il faut se serrer les coudes...


Heureusement, la prise d'otages de Sablé sur Sarthe s'est terminée sans drame...en moins de temps qu'il m'en a fallu pour vous envoyer un message de soutien !


Merci également de votre message de soutien au gouvernement sur le CPE. Sur un tel sujet, et quoi qu'en disent quelques voix discordantes, la division de l'UMP serait mortelle. Il n'y a pas de fatalité à ce que notre majorité se fracasse à répétition sur le mur des conservatismes, dès lorsqu'il s'agit de réformes touchant la jeunesse...


Aujourd'hui, le conservatisme, la frilosité, le statu quo, c'est la Gauche. La réforme, le changement, c'est nous...


Que vive l'Union pour un Mouvement Populaire !


 

Commentaire n°11 posté par Fred le 10/03/2006 à 00h39

C'est terrible pour des parents, une prise d'otages. Je ne souhaite pas connaitre ce genre de situation ! Mais dans ce cas précis où l' issue fut heureuse, uniquement,  bien sur, j'aurais tenu personnellement à rencontrer cet homme. Pour deux raisons, la premiére: l'analyse des faits qui conduisent notre société à mener un individu, à ce tel désarroi. La deuxiéme, l'aider à comprendre qu'il y a toujours des solutions, et surtout qu'il y a d'autres moyens pour se faire entendre, et lui donner un message d'espoir. L'essentiel est que tout le monde se soit tiré indemne de cette histoire:  lui n'aura pas avancé, mais reculé ; jusqu'au prochain!

Commentaire n°12 posté par georges le 10/03/2006 à 21h06

Mail envoyé à la Fen (je suis fondamentalement de droite, mais les explications dont j'ai besoin me seront fournies bien plus simplement par un syndicat de gauche.)


Bonjour.

Désarmé. Je suis désarmé.

Je vous écris (crie) sans but précis, sinon celui de comprendre.

Il y a deux ans exactement, ma tante, Eléonore S., âgée de 56 ans, entrait à l'hopital et se voyait signifiée qu'elle souffait d'un cancer dont elle mourra le 3 septembre 2004. Elle était âgée de 56 ans, professeur agrégée de lettres classiques au lycée international de Saint-Germain en Laye. Elle souhaitait progressivement quitter l'enseignment classique pour se consacrer à une association qu'elle avait créée, Viva Voce, pour aider de jeunes gens à entrer dans la carrière lyrique. Ma souffrance était telle que j'ai dénié cette disparition jusqu'à aujourdhui où je suis allé me recueillir sur sa tombe à Wissant.

Il semble qu'elle désirait consacrer son temps à l'enseignement de la musique et du chant et qu'elle en fut empêchée par une loi du ministre en poste à l'époque, Monsieur Fillon. Lorsque cette loi fut promulguée, il emble que tout se soit écroulée. Mais jamais je n'eus d'explications plus précises. Il m'a fallu plus de dix-huit mois pour enfin me rendre sur sa tombe à Wissant et ainsi enfin entamer le travail de deuil. Cependant, beaucoup de questions restent en suspens. Que signifiait cette loi pour son statut ? Apparemment beaucoup puisqu'à son inhumation, son compagnon cita nommément François Fillon comme responsable de la situation qui l'amenat à ne plus croire en la Vie.

Unanimement admirée de ses collègues, aimée au-delà de tout par ses dix-huit neveux et nièces plus les enfants de ceux-ci, leur amour aurait dû suffire à sa survie. Aujourd'hui, deux ans après cet épisode atroce, j'aimerai comprendre. La vie fit qu'elle ne put enfanter. Mais la joie et le bonheur qu'elle faisait ressentir à chaque naissance familiale, les sourires et les rires qu'elle provoquait chez chacun de nous, sa protection quant à notre situation personnelle mes trois frères et soeurs et mois, resteront gravés à jamais.

Elle repose aujourd'hui armi des gens du nord, ceux qu'elle aimait pour leur simplicité, leur gentillesse. Le soleil qui brillait au fond d'eux. Sous le joug du froid et du vent, j'ai enfin pu verser les larmes que j'avais retenues depuis tant de temps. Mais il reste une colère indicible envers des gens qui ont entravé sa marche, elle qui aimait tant à randonner sur les sentiers de GR français. Notamment avec moi.

Merci de vos explications.

Bien à vous,

Raphaël A.
Commentaire n°13 posté par Raphaël le 12/03/2006 à 06h38
La réponse à cette question est facile: Il n'y a eu aucune réforme de l'enseignement de la musique lorsqe j'étais ministre de l'éducation nationale.
Réponse de Francois Fillon le 15/03/2006 à 15h20

Félicitations Monsieur Fillon pour  votre billet que j'ai lu avec un réel bonheur.


J'aimerai vraiment que nos responsables en charge de la gestion du travail s'en imprègnent, cette révolution économique que les Anglais ont eu le courage de faire il nous faut pourtant l'initié dans notre pays, mais sommes nous en capacité de le faire???? Ne devrions nous pas commencer par revoir les 35 heures qui sont une ineptie au  développement économique de nos entreprises? Et que dire également des réactions au CPE, notament celles de la part des parties politiques de gauche qui ont en l'occurence une démarche si ringarde et concervatrice à l'égard du droit du travail que l'on peu se demander si nous sommes en mesure d'évoluer sur une question aussi fondamentales que celle ci!

Commentaire n°14 posté par Christophe de Balorre le 13/03/2006 à 18h41
Bonjour,
Sous les conseils d'Antoine, je suis allé sur le blog du fameux général... C'est génial! Enfin un homme qui sait où il va!
Je redonne le lien pour les étourdis:
http://general.de.richoufftz.over-blog.com
S@lut
Commentaire n°15 posté par Marc le 20/03/2006 à 17h14
Effectivement, Margaret Thatcher a su dynamiter les verrous : elle a fait passer la proportion de personne sous le seuil de pauvreté de 10 a 25 %.  Par contre, contrairement à ce que vous affirmez, Tony Blair a bien changé de route : cette proportion se rapproche maintenant de 20 %.  Est-ce vraiment ce que vous voulez pour la France ? (Ces nombres sont tirés du blog d'Olivier Bouba-Olga.)
Commentaire n°16 posté par JérÎme le 16/04/2006 à 22h34
Et bien ces chiffres sont inexacts et surtout il faut les comparer à ceux de notre pays.
Vous verrez qu'ils ne sont pas à notre avantage.
Réponse de Francois Fillon le 17/04/2006 à 09h15

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