En route pour Londres dans l’Eurostar ! Dans mon tour d’Europe des « bonnes idées »
Il y a trente ans que je me rends régulièrement au Royaume Uni. Je m’y suis marié en 1980 dans une petite ville du Pays de Galles à l’ombre tranquille des collines que les Gallois s’obstinent à appeler des montagnes. J’y ai beaucoup de souvenirs, de bons souvenirs. J’y ai surtout rencontré un peuple fier de son histoire, de ses traditions et du lien qu’il a su maintenir entre les siècles. Pas d’ancien et de nouveau régime, pas de passage de l’ombre à la lumière, mais un continuum historique qui aboutit à l’une des démocraties les plus avancées du monde.
Lors de mes premières traversées du « Channel »,
Les trains y étaient pitoyables, les services publics indigents mais surtout le chômage et la pauvreté omniprésent.
Maire de Sablé sur Sarthe depuis 1983, je pouvais comparer l’effort d’investissement public, la qualité des équipements collectifs. Je me souviens d’avoir renoncé à emmener mes enfants à la piscine publique à la vue de son état. Je me souviens aussi de la campagne de collecte de fonds organisée par l’hôpital public pour financer sa modernisation.
Difficile de reconnaître ce pays qui semblait avoir renoncé dans l’Angleterre de Blair dont je suis en train de me rapprocher !
Seuls peut être les trains… Il y a des traditions qui ont la vie dure !
Cette renaissance britannique n’est pas le fruit du hasard. Elle n’a rien à voir avec les cycles économiques. Elle doit tout à la volonté de Margaret Thatcher qui a su dynamiter les verrous qui barraient la route de l’avenir et à Tony Blair qui a eu l’intelligence de ne pas changer de route, au moins sur le plan économique, au moment où les résultats consacraient une politique que des ignorants ou des imbéciles, continuent, en France à qualifier d’inhumaine et d’antisociale quand elle a permis de tendre vers le plein emploi.
Bien sur
Lors de ma première visite dans les « Black Moutains » le PIB Français était supérieur de près de vingt pour cent à celui du Royaume Uni. Aujourd’hui alors que mon train émerge du « Tunnel » sous la pluie (pardon pour le cliché) il lui est inférieur de dix pour cent !
J’entends déjà les réactions à ce billet : La précarité, les inégalités sont le prix de cette renaissance ! Pourtant, comme je l’ai montré il y a quelques semaines, en publiant ici même quelques extraits d’une étude sur les chiffres de l’emploi britannique, il n’y a guère plus de précarité chez eux que chez nous. Je vais employer les deux prochains jours à approfondir les raisons de la bonne santé de l’économie anglaise et de la longévité de Tony Blair et de son équipe. Ce serait bien le diable qu’il n’y ait rien à en tirer !
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