Mercredi 27 août 2008
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Ce lundi 25 août, le Premier Ministre et le ministre de l’Education nationale se sont rendus à l'école primaire d’Avrillé (49) pour observer le fonctionnement des
stages de remise à niveau mis en place depuis Pâques 2008.
Les familles inscrivent librement et gratuitement leur enfant - élève de CM1 ou de CM2 - à ces stages dont l’encadrement est assuré par des professeurs des
écoles.
Destinés à réviser les connaissances fondamentales dans les disciplines opératoire - français et mathématique, notamment , les stages permettent à l’élève de se mettre en confiance avant la
rentrée.
A Avrillé, 8 élèves, répartis en 2 groupes, révisent ainsi sous la conduite de deux institutrices.
Le député-maire de la commune, Marc LAFINEUR a mis à disposition de cette opération les locaux d’une des quatre écoles de
la commune.
Après avoir assisté à une courte séquence de remise à niveau, François FILLON a pu s’entretenir avec les institutrices et la directrice de l’école. Celles-ci ont souligné l’intérêt pédagogique
que représente cette aide individualisée.
Au total près de 200 000 élèves auront bénéficié cette année de stages de remise à niveau, assurés par près de 38 000 professeurs.
***
Au terme de sa visite, le Premier ministre a prononcé un discours dont voici les principaux passages :
(...) la prospérité de la France, sa cohésion nationale et le sens de la fraternité se décident au sein de l’institution scolaire.
Dans la concurrence internationale, notre pays doit miser à fond sur l’intelligence et la formation.
Et dans le monde chahuté et parfois violent qui est le nôtre, la République doit plus que jamais affirmer son dessein.
La République, c’est une façon d’apprendre à vivre ensemble; c’est une façon de respecter nos différences, de juger sur les seuls mérites, de se reconnaître dans des valeurs communes.
Tout cela se forge dès le plus jeune âge, à l’école.
Ces valeurs qui nous sont chères - elles ont pour noms l’égalité, la tolérance, la justice, la liberté – ces valeurs ont une résonance universelle. Mais voilà: elles ont aussi leurs
adversaires.
Il y a quelques jours, la Nation a honoré avec gravité et tristesse ses jeunes soldats morts en Afghanistan. Leur combat était et est juste.
Depuis 2001, en Afghanistan, le nombre d’enfants scolarisés est passé de 900.000 à près de 7 millions.
Je crois que les lumières du savoir sont une façon de combattre la haine.
Je crois que les enfants, où qu’ils naissent, ont droit à l’éducation.
Je crois qu’ils doivent pouvoir grandir avec le goût des livres plutôt que celui des armes.
(...)
En 2008, 59 milliards d’euros seront consacrés au budget de l’enseignement scolaire.
A la rentrée, 12 millions d’élèves seront pris en main par 870 000 enseignants.
Nulle part l’avenir du pays ne se joue de manière plus décidée, plus collective, plus solidaire.
Cet engagement massif ne peut – je l’ai dit – aller sans lucidité et exigence.
Malgré les moyens engagés depuis des décennies, malgré le dévouement de la communauté éducative, nous connaissons des déceptions, nous enregistrons des reculs et des échecs. Plusieurs enquêtes,
notamment internationales, l’attestent.
Cette situation n’est nullement irrémédiable.
Nous devons et nous pouvons améliorer la performance du système éducatif français en réorganisant ses structures, ses méthodes de travail, ses contenus pédagogiques.
La réussite de nos enfants commence dans les écoles primaires; et c’est donc ici que le renouveau éducatif doit être engagé.
(...)
Dans le stage de remise à niveau, il y a trois logiques simples, dont la réforme du primaire va étendre le bénéfice à tous les élèves.
La première de ces logiques, c’est celle de l’allégement horaire.
Un enseignement trop chargé n’est pas un enseignement fécond. L’élève doit avoir le temps d’intégrer ses connaissances nouvelles, et le temps de les compléter par une vie personnelle ou familiale
plus riche, plus construite.
Avec la réforme du primaire, c’est toute l’année scolaire qui retrouvera cette respiration, en passant de 26 à 24 heures par semaine, réparties sur quatre jours ou quatre jours et demi.
Cet allégement des horaires, nous en parlions depuis des années !
De multiples rapports dénonçant leur lourdeur par rapport à la plupart de nos voisins européens se sont accumulés… Chacun connaissait le diagnostic. Mais personne n’osait agir.
Voilà qui est fait !
La deuxième logique, c’est celle du ciblage des programmes.
Là encore, c’est un vieux sujet sur lequel nous avons beaucoup disserté et peu avancé.
A l’évidence, il y a un juste milieu à trouver entre la richesse des contenus et leur éclatement, leur éparpillement.
Le stage de remise à niveau se centre sur les bases fonctionnelles, dans les matières importantes, français ou mathématiques. Ce n’est pas de l’utilitarisme, c’est du bon sens ! Il faut
maîtriser les fondamentaux afin de pouvoir, ensuite, élargir ses connaissances et ses compétences.
La refonte des programmes du primaire répond à cette saine et évidente préoccupation.
Son objectif est clair : il faut s’assurer qu’aucun élève ne quitte un niveau sans disposer des outils nécessaires pour affronter le suivant. Cet objectif s’inscrit dans le droit-fil de la loi
d’avril 2005 sur la maîtrise du socle commun des connaissances.
La troisième logique, c’est celle de la personnalisation.
Le gouvernement est décidé à répondre à un double défi: assurer un enseignement pour tous, tout en garantissant un soutien individuel pour chacun, et notamment ceux qui décrochent.
Tous les élèves méritent le même cours, mais tous n’ont pas besoin du même temps ou des mêmes approches. Au nom de l’égalité, il faut savoir appréhender la diversité !
Cela demande naturellement de l’attention, du dévouement et du professionnalisme.
Mais cela demande aussi une organisation différente; et c’est pourquoi la réforme du primaire prévoit que 2 heures hebdomadaires seront désormais consacrées entièrement au soutien individuel.
Les évaluations nationales seront refondues pour que les enseignants et les familles disposent d’un diagnostic précis sur les progrès de l’élève.
Ne laisser aucun enfant sur le bord du chemin : voilà l’esprit de notre politique.
C’est une politique résolue et concrète. Une politique qui répond aux engagements pris par le Président de la République devant les Français.
Depuis Pâques, près de 200.000 élèves de CM1 et CM2 se sont inscrits dans les stages de remise à niveau, assurés par 38 000 enseignants volontaires, rémunérés en heures supplémentaires
défiscalisées.
A titre expérimental, 200 lycées ont déjà ouvert des stages de remise à niveau à 6 000 lycéens, durant la seconde quinzaine d’août.
En réalité, notre éducation nationale est en train de se lancer dans une formidable mutation centrée sur l’accompagnement éducatif.
Dès la rentrée, les opérations d’accompagnement éducatif après la classe vont être étendues à tous les collèges et écoles de l’éducation prioritaire.
Dans le cadre du plan Espoir-Banlieues, 30 sites d’excellence vont être créés autour de lycées pratiquant l’accompagnement individualisé.
70 000 places seront offertes à des élèves, pour une expérimentation du bac professionnel en 3 ans.
250 Unités Pédagogiques d’Intégration nouvelles seront ouvertes aux élèves handicapés.
1 000 écoles seront équipées en visioconférence pour l’apprentissage des langues étrangères. 5 000 classes du primaire et du collège seront jumelées avec des établissements européens, grâce à la
plateforme « e-Twinning".
Enfin, l’assouplissement de la carte scolaire sera poursuivi.
A l’heure actuelle, plus de 86 000 dérogations ont été accordées, avec un taux de satisfaction de 88%.
Voilà l’ambition éducative qui est la nôtre et que je voulais illustrer à Avrillé.
C’est une ambition qui mérite d’être partagée par tous ceux qui servent et aiment l’Ecole de la République.
C’est une ambition qui doit être portée par tous ceux qui ont conscience que l’avenir de nos enfants dépend étroitement d’une institution qui doit être modernisée et respectée.
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