Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Newsletter

Inscription à la newsletter

Album photos

Jeudi 20 avril 2006

Le voyage de Jacques Chirac en Egypte intervient dans un contexte difficile.

La tension est en train de monter au Moyen Orient sous le double effet de la poussée aux élections des fondamentalistes et du renforcement de l’autorité politique et morale de l’Iran dans la région.

Après la victoire du Hamas aux élections palestiniennes, le Président Egyptien envisage sérieusement de repousser de deux ans les élections dans son pays malgré les avertissements de l’administration américaine qui voit dans cette décision la négation de la politique qu’elle mène en Irak c’est à dire l’exportation par tous les moyens de la démocratie à l’occidentale.

L’Iran poursuit méthodiquement sa prise de contrôle de la région en soutenant les mouvements islamistes radicaux, en annonçant une aide financière à la Palestine pour compenser la suspension de celles des américains et des européens et surtout en se dotant d’armes nucléaires et de missiles à longue portée.

Cette montée en puissance de la vieille Perse se fait d’autant plus aisément qu’elle n’a plus à se préoccuper de son adversaire de toujours, l’Irak qui a provisoirement disparu de la scène en raison de la situation chaotique qui a suivi l’intervention américaine et dont on a du mal à voir l’issue.

Les propos cohérents et répétés du Président Ahmadinejad dont le roi de Jordanie m’a confié, il y a quelques semaines qu’ils traduisaient fidèlement le projet politique du régime iranien des Mollahs, ne laissent aucun doute sur la détermination de Téhéran.

La question qui se pose donc désormais à la communauté internationale est comment empêcher la réalisation d’un scénario qui conduit tout droit à une déflagration majeure dont les ondes de chocs ne peuvent pas épargner l’Europe.

Le Président des Etats-Unis vient d’élever la voix en menaçant pour la première fois l’Iran de frappes aériennes si aucune négociation ne s’engage sur l’arrêt du programme nucléaire militaire de Téhéran. Cette menace n’est pas seulement diplomatique. Elle suscite cependant beaucoup d’interrogations : Si les américains sont incontestablement en mesure de conduire des opérations aériennes d’envergure contre l’Iran, ils ne semblent pas capable de les accompagner d’opérations au sol pourtant indispensable pour détruire durablement les installations nucléaires iraniennes. L’importance des moyens mobilisés en Irak et la situation incontrôlable de ce pays ne leur permet pas de dégager les forces considérables qu’exigerait une telle intervention.

Les seules frappes aériennes ne peuvent sans doute pas empêcher l’Iran de se doter d’armes nucléaires et des missiles pour les porter. Elles ne feraient que retarder les échéances, ce qui n’est pas forcément inutile au regard des chances de voir les actuels dirigeants iraniens remplacés demain par des hommes plus modérés et plus soucieux du développement et des libertés.

Mais beaucoup d’observateurs s’accordent aussi à penser que ces frappes enflammeraient l’opinion internationale contre les Etats-Unis, en particulier dans le monde arabe, solidariseraient le peuple iranien avec ses dirigeants et exposeraient les troupes américaines en Irak à des représailles meurtrières.

La faisabilité, du point de vue militaire, de ces frappes est très discutée outre atlantique. Les experts ont dénombré au moins 24 sites susceptibles d’abriter des installations nucléaires militaires, la plupart  étant profondément enfouies dans le sol. L’emploi de munitions classiques ne serait sans doute que de peu d’effet sur de telles cibles. La presse américaine n’hésite donc pas à évoquer l’usage d’armes nucléaires de faible puissance seules capables de détruire des cibles aussi durcies.

http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006/04/08/AR2006040801082_3.html

Selon de nombreux observateurs la planification de ses frappes serait déjà très avancée. De nombreuses missions de reconnaissances auraient été conduites à l’aide de drones et même de troupes au sol. Des dispositions auraient déjà été prises par les Etats-Unis et leurs alliés britanniques pour sécuriser leurs intérêts en Iran. Bref les bruits de guerre se font de plus en plus audibles.

S’il est incontestable que l’accès de l’Iran aux armes nucléaires et aux missiles à longue portée constitue une menace très sérieuse pour la paix au Moyen Orient et dans le Monde, la perspective d’une nouvelle intervention militaire américaine dans la région n’est pas de nature à nous rassurer. Ne risque-t-elle pas de radicaliser contre l’occident une opinion publique iranienne qui est loin d’être acquise à la vision de l’avenir des Mollahs et qui ne demande sans doute qu’une occasion pour exprimer sa soif de liberté, de développement et de sécurité.

Notre première responsabilité n’est elle pas d’aider tous ceux, en Iran et en dehors d’Iran, qui pourraient permettre l’éclosion du printemps à Téhéran ?

 

par Francois Fillon publié dans : Actualités

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus