François Fillon, Premier ministre, "condamne les violences" en Iran et appelle "au dialogue" et au "respect du droit international" à l'occasion des questions au gouvernement à l'Assemblée
Nationale le mardi 16 juin 09. (version vidéo et version écrite intégrale)
Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Le Gouvernement est extrêmement préoccupé devant la dégradation de la situation en Iran. L'Iran est une grande nation, qui mérite une perspective politique constructive et qui mérite une
confiance démocratique. Or, aujourd'hui, force est de constater que ni l'une ni l'autre ne sont assurées.
La France, monsieur le député, condamne les violences contre les manifestants qui, vous l'avez rappelé, ont fait des morts. Et je veux à cet instant avoir une pensée pour ceux qui risquent
leur vie simplement pour manifester, pour défendre leurs convictions, pour défendre leur vision de la liberté et de la démocratie.
La France condamne les arrestations d'opposants et de personnalités politiques, ainsi que les restrictions qui ont été mises aux libertés publiques et à la liberté d'expression. Nous avons
pris deux décisions immédiates : la première, avec nos partenaires européens, nous avons demandé qu'une enquête sérieuse et impartiale soit menée au sujet des allégations d'irrégularité du
scrutin ; il serait en effet inacceptable que des manipulations aient faussé le résultat du vote. Le président de la République aura l'occasion d'évoquer à nouveau cette question avec les
responsables de l'Union européenne, au Conseil européen de jeudi et de vendredi. Nous avons ensuite exigé, que soit garantie la sécurité des ressortissants français, et en particulier des
journalistes, dont vous savez qu'ils ont fait depuis plusieurs jours l'objet de mesures répressives, et qu'il semble même que, à l'heure actuelle, on soit en train de leur retirer purement et
simplement l'autorisation d'exercer leur métier en Iran. Enfin, nous avons demandé aux autorités iraniennes de protéger l'ambassade de France qui a été l'objet de manifestations hostiles.
Nous respectons la souveraineté de l'Iran, qui a vocation à être l'une des grandes puissances au Moyen-Orient, mais nous lançons un appel aux autorités iraniennes pour qu'elles fassent le
choix du dialogue et du respect du droit international plutôt que de s'engager dans l'impasse d'un durcissement politique et de provocations qui ne pourraient mener nulle part.
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