Partager l'article ! Décryptage: La fin de la semaine a été chargée en évènements politiques. Comme d’habit ...
Commençons par le conseil national de l’UMP. Il était destiné à discuter du projet législatif de notre formation politique. On n’en retiendra que l’échange entre Michèle Alliot-Marie et Nicolas Sarkozy. Pourtant, ce conseil national a été riche en débat avec les cadres de l’UMP et a permis d’enrichir notre projet puisque qu’une cinquantaine d’amendements y ont été adoptés. L’intervention de Michèle Alliot-Marie était très largement hors sujet. Que nous a-t-elle dit ? Qu’elle approuvait les grandes lignes du projet mais qu’elle avait trois désaccords fondamentaux : Sur le concept de discrimination positive parce qu’il conduit au communautarisme, sur l’évolution des Institutions, parce que le Président doit rester la référence de tous les français et sur la politique à l’égard de la jeunesse au sujet de laquelle elle a évoqué les centres de la deuxième chance qu’elle a lancé au sein du ministère de la défense.
La discrimination positive au profit de minorités ethniques défavorisées n’apparaît à aucun moment dans le projet de l’UMP qui n’a retenu que la mobilisation de moyens adaptées à la réduction des handicaps des territoires et des personnes comme c’est déjà le cas avec la politique de la ville ou la politique conduite par l’institut d’études politiques de Paris en direction des jeunes issus des zones d’éducation prioritaire.
Les changements institutionnels préconisés par le projet de l’UMP remettent moins en cause les équilibres de la cinquième république que le quinquennat ou la cohabitation qui n’avaient pas appelé de tels condamnations de la part du ministre de la défense.
Les propositions du projet de l’UMP à l’égard des jeunes visent justement à généraliser les outils de l’égalité des chances à travers le contrat d’autonomie, les études dirigées, le développement des internats ou encore le droit imprescriptible à une deuxième chance grâce à la formation tout au long de la vie.
Les modestes manifestations de désapprobation à ce discours qui n’avait rien à voir avec notre projet mais tout à voir avec la caricature des positions de Nicolas Sarkozy ne reflètent pas, loin s’en faut, la désapprobation de la très grande majorité des adhérents de l’UMP devant une stratégie de déstabilisation du président de l’UMP.
Pourquoi s’offusquer que celui-ci lui ait répondu ? C’est une curieuse conception du débat que celle qui consiste à venir délivrer un discours très agressif puis à se retirer sans accepter la contradiction. Nous avons certainement encore des progrès à réaliser pour faire vivre un débat apaisé. Celui qui a permis aux membres du conseil national d’amender le projet a été, lui exemplaire ! Il est surtout inédit car tous les donneurs de leçons sur la démocratie interne devraient se souvenir de la manière dont était élaboré nos projets dans le passé.
Le choix de Ségolène Royal par les militants du Parti Socialiste a fait l’objet d’un raz de marée de commentaires complaisants. S’il faut saluer la performance que constitue cette victoire inattendue au sein du Parti Socialiste, on ne peut pas en oublier qu’il ne s’agit pas d’un choix de projet mais seulement de celle qui devra porter l’affligeant programme du Mans qui ne comporte aucune grande réforme structurelle, se contente d’abroger tout ce qui a été fait depuis 2002 et de restaurer la politique conduite en 1997 par Lionel Jospin.
L’écume médiatique retombée nous allons pouvoir entrer dans le débat projet contre projet qui seul peut éclairer les français sur le double choix qu’ils vont devoir faire : celui du Président de la République et celui de la majorité législative avec laquelle il devra gouverner. Celle de madame Royal, si elle était élu, se composerait non seulement du PS, du PC et des verts dont les députés ne peuvent être élus sans les voix de l’extrême gauche. On est loin du choix d’un demi dieu républicain dont le langage synchronisé en temps réel avec les sondages tient lieu de programme sinon de conviction.
La bataille de 2007 s’annonce à la fois rude et décisive pour la France qui semble toujours hésiter à entrer vraiment dans le nouveau siècle. L’enjeu est trop important pour qu’il soit escamoté par une bataille d’image.
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