Partager l'article ! L'acte de candidature de Nicolas Sarkozy: Tous les journaux et toutes les radios s'intéressent à la façon dont l ...
Tous les journaux et toutes les radios s'intéressent à la façon dont les candidats à l'élection présidentielle se sont déclarés par le passé ou vont se déclarer. On a revu les images de Mitterrand annonçant de façon elliptique son choix au journal télévisé. On a vu celles de Balladur à Matignon lisant son texte sur un ton officiel. On a vu celles de Chirac annonçant dans une réunion, avec une spontanéité toute feinte, qu'il se représentait. On a reparlé du fax rêche de Jospin…
Toutes ces annonces de candidatures empruntent des styles différents, mais elles ont un point commun : c'est leur caractère très formel et finalement très distant. L'événement n'est pas utilisé pour éclairer vraiment les Français sur les raisons et les propositions qui motivent celui ou celle qui s'apprête à se "donner à la France". C'est comme si l'acte de candidature devait revêtir un caractère exceptionnel, presque surnaturel. On rejoint ici mon diagnostic critique à l'égard du fonctionnement et des usages de notre "monarchie républicaine"…
Face à ces pratiques coutumières, Nicolas Sarkozy devrait après un acte de candidature symbolique dans la journée de Jeudi, débattre en direct sur France 2 avec des Français qui, sur le plateau, seront immédiatement appelés à l'interroger sur des questions précises relatives à l'éducation, au pouvoir d'achat, à la sécurité et à l'immigration. Cette démarche directe, ouverte au débat et à la contradiction, est inédite. Elle n'est pas sans risques vous diront les experts en communication qui préfèrent les exercices balisés et aseptisés.
En choisissant de s'expliquer de façon franche et transparente, Nicolas Sarkozy démontre qu'il se fait une idée moderne de la démocratie et exigeante du débat présidentiel. C'est à dire un débat de fond. Les modalités qui entourent son acte de candidature nous éclairent aussi sur ce que pourrait et devrait être la nature de la fonction présidentielle dans le cadre du quinquennat et face aux défis du XXIème siècle : une présidence engagée, qui s'explique clairement et quotidiennement sur ses choix et qui les assume franchement.
Cette conception moderne du pouvoir est-elle dans l'esprit et le tempérament de Ségolène Royal ? Pour l'instant, nous n'en savons rien. Tant que la forme l'emportera sur le fond, tant que l'esquive prendra le pas sur la responsabilité intellectuelle et politique, je serai tenté de dire qu'avec cette façon d'aborder l'exercice du pouvoir, la "monarchie républicaine" peut dormir tranquille.
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