
Jeudi soir, dîner débat avec le club de développement économique de Sablé sur Sarthe. La discussion s’organise autour de mon livre. La plupart des participants semblent partager mes analyses et adhérer à mes conclusions. Mais les questions révèlent une très grande incrédulité sur la probabilité de leur mise en œuvre. Comment restaurer la confiance ? C’est la principale question de la prochaine élection présidentielle. Les projets sont, évidemment, très importants, mais ils ne peuvent suffire à convaincre des français échaudés par vingt ans de promesses rarement tenues. La crédibilité des candidats et de leurs équipes est un point essentiel. Certains ont démontré leur aptitude à tenir leurs engagements, leur capacité à convaincre et leur courage politique.
C’est le cas de Nicolas Sarkozy. Pourtant les doutes subsistent. Pourquoi serait il différent de ses prédécesseurs, une fois installé dans les murs de l’Elysée ? Il faut répondre à cette interrogation qui alimente l’abstention et le vote extrémiste. La réponse est dans l’organisation des pouvoirs publics. Elle est dans l’évolution des institutions que je réclame. Pour changer la politique, il faut de nouvelles règles. Pour prendre à bras le corps la réforme de l’Etat qui conditionne la réduction des déficits et le désendettement de la France, il faut une équipe réduite, soudée, rassemblée autour d’un « Président » directement engagé dans la mise en œuvre des réformes. Il ne doit pas y avoir le moindre doute sur la cohésion et sur la détermination de cette équipe, pas plus que sur la durée de son mandat qui doit être celle que lui ont fixé les électeurs : 5 ans !
Ce « pack » doit pouvoir compter sur sa majorité au Parlement. Mais cette majorité sera plus utile si elle dispose de véritables pouvoirs de contrôle de l’action du gouvernement et de son administration et si l’opposition n’est plus confinée à la guerre de tranchée sans espoirs et sans perspectives. Le Parlement doit « auditer » le fonctionnement des pouvoirs publics et disposer d’une vraie capacité de contrainte face à des comportements indignes d’une grande démocratie comme cette fâcheuse habitude d’oublier les décrets d’application des textes législatifs qui n’ont pas reçu l’aval de telle ou telle administration !
C’est un paradoxe qui ne facilite pas le débat public. Les Français ne s’intéressent guère aux institutions, à l’organisation des pouvoirs publics. Pourtant c’est de cette organisation que dépend la mise en œuvre des réformes qu’ils attendent depuis si longtemps !



