Le discours de Nicolas Sarkozy au congrès de l’UMP, dimanche dernier à la porte de Versailles n’a pas seulement lancé sa campagne, il a aussi déstabilisé en profondeur la gauche. La volonté de Nicolas Sarkozy de rassembler les Français et de réconcilier l’ancien régime et la révolution a suscité l’ironie et la critique prétentieuse de François Hollande comme de Ségolène Royal. Ce point est fondamental. Il illustre le contre sens historique sur lequel une grande partie de la gauche continue de fonder son analyse politique. La France serait passée de l’obscurité à la lumière en 1789 pour reprendre la formule ridicule de Jack Lang au lendemain de l’élection de François Mitterrand le 10 mai 1981.
Cette vision est justement désintégrée par Jean Daniel dans son éditorial du « Nouvel Observateur » de cette semaine.
« Quand à moi, je ne trouve pas régressif qu’une centaine de milliers de militants de « droite » fasse une ovation à « un sauveur » qui a recours à un langage que j’ai toute ma vie entendu dans l’autre camp. La réconciliation entre l’ancien régime et la révolution, entre les bâtisseurs de cathédrales et les vainqueurs de Valmy, entre le volontarisme républicain et la révolte démocratique sont des thèmes qui n’ont été développés ni par Joseph de Maistre, ni par Charles Maurras, mais par Michelet et Marc Bloch » écrit Jean Daniel.
La France aura fait un pas immense vers l’avenir lorsque la gauche s’exprimera comme Jean Daniel, lorsque qu’elle abandonnera ses mythes fondateurs telle la lutte des classes qui s’illustre dans la formule de François Hollande « je n’aime pas les riches » Pour conduire la France vers le progrès, il importe avant tout de la rassembler et de rendre à chaque Français quelles que soient ses convictions et son histoire, sa fierté d’être l’héritier d’une si grande Nation qui n’a rien à renier de son passé.



