Partager l'article ! Le projet présidentiel de Ségolène Royal: Comment parler du discours de Ségolène Royal à Villepinte  ...
Comment parler du discours de Ségolène Royal à Villepinte ? Chacun s’attend à ce que j’en fasse la critique. Chacun se prépare à juger ce que j’en dirai en fonction de ses convictions. L’exercice est il utile ? Votre avis l’est sans doute plus !
Mon propos n’aura donc pas d’autre objectif que de stimuler vos réactions.
La première chose qui m’a frappé, dimanche, en l’écoutant, c’est l’absence de métamorphose. Son discours était celui d’un Premier Ministre faisant au Parlement sa déclaration de politique générale. Celui d’un « super ministre de la cohésion sociale », a osé Alain Duhamel, plus sévère que moi. Le 14 janvier à la Porte de Versailles, tout le monde a compris que Nicolas Sarkozy avait intégré toutes les contraintes, toutes les exigences, toutes les grandeurs et toutes les servitudes de la fonction présidentielle. On peut être en désaccord avec ses propositions, avec la philosophie de son projet, on ne peut plus dire qu’il n’a pas la dimension d’un Président. Pour Ségolène Royal, la question reste posée. Le doute demeure.
L’alibi des débats participatifs n’a pas réussi à dissimuler le manque de réflexion et de préparation du parti socialiste et de sa candidate. En deux heures de débats, elle n’a pas prononcé une seule fois le mot « Mondialisation ». Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que son programme soit totalement déconnecté des réalités du monde.
Consolider les 35 heures, créer de nouveaux emplois publics, le RMI pour les jeunes, augmenter les petites retraites sans dire comment les retraites tout court seront préservées après l’abrogation idéologique de la loi de 2003, régulariser tous les sans papiers après dix ans de clandestinité, ne constituent pas un projet moderne capable de rendre à la France confiance en elle-même et de lui redonner l’espoir de reprendre sa place aux premiers rangs des nations développées. Ce programme sans cohérence et sans ambition nous propose de rejouer une pièce que le public a déjà sifflé et qui appartient à un répertoire abandonné partout.
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