Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /Mars /2007 11:01


La crise d’Airbus est l’occasion d’une débauche de démagogie qui ne peut que desservir les intérêts de l’entreprise et de ses salariés.

Airbus n’est pas en danger de disparition mais connaît une crise de croissance dont les causes sont connues : Un euro trop élevé par rapport au dollar et une organisation industrielle tiraillée entre la France et l’Allemagne en l’absence d’un actionnaire industriel de référence.

Il faut tout de même rappeler qu’Airbus a créé 15000 emplois depuis 2000 dans le seul périmètre de l’entreprise. Le plan proposé par Louis Gallois pour baisser les coûts de production d’Airbus supprime environ un tiers de ces emplois. Le carnet de commande d’Airbus est plein pour les cinq prochaines années et l’avionneur européen est présent désormais sur tous les segments de l’aviation commerciale.

Les organisations syndicales ne s’y trompent pas et focalisent leurs critiques sur deux points : Un partage inéquitable des efforts entre la France et l’Allemagne et la cession plus ou moins annoncée des sites de Saint Nazaire ville et de Méaulte.

Comment aider Airbus à franchir ce cap difficile ?

En infléchissant la politique monétaire européenne. Avec Nicolas Sarkozy, nous nous sommes fixé cet objectif mais nous devrons, pour l’atteindre, convaincre nos partenaires européens qui y sont, pour la plupart, hostiles.

Ensuite en donnant à Airbus une unité de commandement qui lui fait défaut. Airbus a besoin d’un patron, or, au nom de l’équilibre Franco-Allemand, on lui en impose deux.

L’idéal serait qu’un partenaire industriel fort puisse être trouvé. Si on fait le parallèle avec Boeing, le mieux serait que ce partenaire apporte à EADS de nouvelles activités militaires qui permettrait de mieux amortir les coûts de recherche et de développement des avions civils. Ce partenaire existe-t-il ?

Dans l’attente les Etats sont ils prêts à monter au capital pour sécuriser l’entreprise et lui apporter les capacités d’investissements dont elle a besoin ? Nicolas Sarkozy a proposé de le faire. Reste à en convaincre les allemands.

En tout cas ce dont Airbus a le moins besoin c’est du plan de madame Royale qui consiste à geler toutes les décisions jusqu’aux élections présidentielles alors que l’entreprise doit s’adapter sans délais et à faire entrer les régions au capital. Cette dernière proposition est complètement irréaliste. Les régions ne pourraient guère apporter que quelques centaines de millions d’euros, représentant moins de 1% du capital de l’entreprise qui ne régleraient aucun des problèmes d’Airbus. Cette proposition n’est pas sérieuse. Elle en dit long sur la doctrine économique de la candidate du PS. Le rôle des régions devrait être de fournir à Airbus et à ses sous traitants le meilleur environnement fiscal, économique et social pour se développer. Pas de jouer aux Lander Allemands dont elles n’ont ni la taille, ni les moyens, ni les compétences.

 

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