Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 22:39

Avec beaucoup de retard, je veux tirer pour ce blog les leçons de l’élection présidentielle.

Depuis des années, les français votaient contre, contre Jospin au premier tour de l’élection présidentielle de 2002, puis contre Le Pen au second, contre le gouvernement de Jean Pierre Raffarin aux régionales de 2004 pour lesquelles j’avais parlé, à juste titre, de 21 avril à l’envers, contre l’Europe en 2005…

Ils votaient contre l’impuissance, l‘excessive prudence et la pensée unique de leurs gouvernants qu’ils soient de droite, du centre ou de gauche.

C’est parce que Nicolas Sarkozy a compris le message répété du peuple français, parce que sa campagne décriée par les « élites » a rencontré le peuple qu’il a pu rassembler une majorité aussi nette.

La participation exceptionnelle, plus de 80%, l’importance de la confiance que les français lui ont accordé, plus de 53%, et la réduction des votes extrémistes constitue une victoire historique. Une victoire historique pour la France, pas pour Nicolas Sarkozy, pas pour l’UMP, pas pour un camp. Une victoire qui ouvre une porte pour sortir de la crise de confiance qui ankylose la France depuis si longtemps. Derrière cette porte, nous savons désormais qu’il y a un chemin long et difficile qui doit être parcouru pour retrouver la réussite et les premières places. Le nouveau Président de la République dispose d’un mandat clair pour réformer, d’un mandat de changement, d’un mandat de rupture. Le premier engagement que nous devons prendre, c’est de respecter scrupuleusement cet engagement. Nous ne trahirons pas, nous ne mentirons pas, nous ne reculerons pas.

Mais cette victoire nous engage aussi à répondre aux inquiétudes et aux peurs de ceux qui ont voté pour d’autres candidats. Contrairement à ce que voudraient faire croire quelques agitateurs professionnels de l’extrême gauche et quelques citoyens abusés par la scandaleuse diabolisation de Nicolas Sarkozy, il n’y a pas deux France mais une seule. Une France qui n’est pas tirée d’affaire mais qui vient de se donner les moyens de son redressement.

Le gouvernement que Nicolas Sarkozy nommera dans quelques jours devra incarner le rassemblement des français et s’attaquer immédiatement à la résolution des problèmes les plus graves et les plus urgents auxquels font face nos concitoyens : la faiblesse du pouvoir d’achat, l’insuffisance de travail et de croissance, le déclin de notre enseignement supérieur, la violence et l’exclusion.

Ségolène Royal voulait rassembler les français autour d’elle. Ceux-ci n’ont pas cru qu’elle était capable de le faire et ils ont choisi de faire confiance à Nicolas Sarkozy. La gauche devra démontrer qu’elle ne croit pas que le rassemblement n’est possible qu’autour d’elle ! Elle devra, comme c’est le cas dans tous les pays européens, accepter de dialoguer avec le gouvernement et sa majorité pour dégager quelques consensus qui permettraient de gagner de précieuses années dans la rénovation de notre pays. Le rassemblement est possible autour de la modernisation des institutions de la 5° république, de la consolidation des régimes de retraites, de la lutte contre les dérèglements climatiques ou de la priorité à donner au co-développement pour réduire la pression de l’immigration.

C’est parce qu’elle a refusé ce dialogue sur la réforme des retraites en 2004 ou sur la question de la sécurité, qu’elle a préféré s’opposer avec obstination à des politiques que conduisaient au même moment la plupart des socialistes européens qu’elle a perdu cette élection présidentielle. Saura t elle en tirer enfin les conséquences ?

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