"Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le Président Ayrault,
Merci de me donner l'occasion de féliciter la majorité de cette Assemblée pour le bilan qui est le sien à mi-mandat.
Gouverner la France, vous le savez bien, ça n'a jamais été facile, et nous ne sommes pas en 1983, nous n'allons pas changer de politique. Une partie de la majorité ne va pas nous quitter, et nous n'avons pas l'intention d'imposer aux Français la rigueur après avoir conduit comme vous l'aviez fait pendant trois ans, une politique qui a été une politique d'échec.
Si vous voulez faire le bilan, alors il faut comparer les performances de notre pays à celles des autres pays européens.
En 2009, nous allons faire deux fois mieux que les autres pays européens en termes économiques. La récession qui frappe l'ensemble du monde sera de 2,2 en France quand elle sera entre 4 et 5 % en Allemagne, en Italie ou en Grande-Bretagne. Et en 2010, l'Union européenne nous crédite aujourd'hui du meilleur taux de croissance de la zone euro avec 1,5 %. Même s'agissant du douloureux dossier du chômage qui monte dans les pays développés en raison de la récession, nous allons faire 10 points de moins que la moyenne de la zone euro grâce aux mesures qui ont été prises par le Gouvernement.
Ces résultats, qui sont acquis dans un climat social qui est aujourd'hui caractérisé par le dialogue et par le sens des responsabilités des acteurs, nous le devons aux réformes qui ont été conduites sous l'autorité du président de la République. Nous les devons à la rupture que nous avons conduite avec le président de la République et avec cette majorité.
Rupture avec l'autonomie des universités : trente ans d'immobilisme et de refus d'agir, alors que les universités françaises étaient en train de chuter.
Rupture sur la représentativité syndicale sur laquelle personne n'avait voulu agir depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Rupture avec le Revenu de solidarité active, qui met fin à des années et des années de politique d'assistanat.
Rupture avec les 35 heures, dont personne aujourd'hui ne réclame plus la remise en œuvre.
Rupture avec le Grenelle de l'environnement qui nous a permis de passer des grands discours sur l'environnement aux actes, à la mise en œuvre des actions, à la mise en œuvre des financements, du changement.
Rupture avec la politique que nous avons conduite sur la carte judiciaire, sur la carte militaire, avec la réforme des ports, ou encore avec le soutien que nous avons apporté aux créateurs menacés par l'utilisation frauduleuse des nouvelles technologies.
Eh bien, mesdames et messieurs les députés, cette politique de réforme, elle va se poursuivre, et elle va se poursuivre malgré les difficultés liées à la crise. Le Parlement examine aujourd'hui une réforme de la fiscalité locale que nous allons conduire parce qu'elle permet d'améliorer la compétitivité des entreprises françaises. Nous allons conduire une réforme de l'organisation du territoire, parce que nous avons besoin de simplifier l'organisation du territoire. Nous allons vous proposer dans quelques semaines de choisir ensemble les dépenses d'avenir, les investissements d'avenir pour donner à notre pays la croissance dont il a besoin.
Alors où en serions-nous si nous avions suivi les solutions que vous nous proposez ? Nous aurions nationalisé les banques, et comme le proposait monsieur Emmanuelli, joué en Bourse l'argent des Français, s'agissant de leur capital. Nous aurions baissé la TVA comme l'ont fait certains autres pays européens qui le regrettent amèrement aujourd'hui, en se privant des marges de manœuvre nécessaires pour soutenir l'investissement. Nous aurions augmenté la fiscalité sur les entreprises rendant inéluctable et irréversible la désindustrialisation de notre pays.
Quant aux leçons de morale que vous nous donnez, s'agissant de la régulation financière, je voudrais vous faire remarquer que les stock-options n'existent pas seulement depuis 2002 ou depuis 2007, ils existaient quand vous étiez au pouvoir, vous n'avez rien fait pour les taxer. Les retraites chapeaux existaient quand vous étiez au pouvoir, les problèmes de régulation financière, les paradis fiscaux, c'étaient bien des questions qui se posaient. Non seulement nous avons agi sur tous ces sujets, mais le président de la République française a de surcroît pris la tête du combat international pour la régulation financière, du combat international dans la lutte contre les paradis fiscaux, pour une meilleure gouvernance mondiale, ou encore pour faire en sorte qu'à Copenhague, nous soyons en mesure de signer un véritable accord sur le climat.
Voilà la réalité, monsieur Ayrault. Alors, certes, il reste beaucoup à faire, et j'invite la majorité à se mobiliser pour poursuivre son action. Mais il y a une chose qui est certaine et que les Français savent, c'est que nous avons remis la France en mouvement, nous avons dégrippé les moteurs du changement. Je ne confesse qu'un seul échec : nous n'avons pas réussi à remettre en mouvement le Parti socialiste !
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