Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 17:50

 

 

François Fillon en réunion publique à Troyes à rappelé à F.Hollande "Ca n'est pas en jouant les gros durs qu'on élève le débat", le 2 avril 2012.

 

Mes chers amis,

 

Je veux d’abord vous dire mon plaisir de vous retrouver ici à Troyes, à l’invitation de François BAROIN qui est l’un des ministres les plus solides de mon Gouvernement.

François est d’abord un Républicain. Un Républicain de cœur qui est en charge du redressement économique et financier de notre pays.

 

Il est, avec moi, en première ligne pour rappeler en permanence, y compris comme il vient de le faire dans cette campagne, que la devise de la liberté, de l’égalité, de la fraternité est un combat permanent qui se conjugue avec la vérité et le courage.

 

Je veux lui dire mon amitié, lui dire le plaisir que j’ai eu à travailler à ses côtés, et lui dire combien je lui fais confiance, comme je fais confiance aussi à Luc CHATEL.

Luc qui est en charge d’un des ministères, et j’en sais quelque chose, parmi les plus importants et aussi parmi les plus difficiles. Je veux dire à Luc combien j’apprécie sa force de conviction, et combien je souscris à sa vision audacieuse d’une école qui rénove son organisation et ses méthodes.

Avec François BAROIN et Luc CHATEL, vous avez la chance d’avoir ce soir, aussi, deux hommes qui portent les espoirs des valeurs qui sont celles de nos familles politiques réunies.

 

Je veux adresser à tous les militants qui sont présents ici, à tous les élus, à tous nos candidats aux élections législatives un message d’estime, et je veux surtout leur dire, s’agissant des candidats aux élections législatives, que je serai à leurs côtés, là où nos couleurs seront en jeu, quand ils en auront besoin.

 

Et puis, vous comprendrez aussi que je me tourne vers Robert GALLEY pour lui dire combien sa présence m’émeut, nous nous connaissons depuis bien longtemps. J’ai une immense estime pour Robert GALLEY. Et comment ne pas en avoir pour un homme qui a tellement donné à notre pays, de son engagement aux côtés du Général de GAULLE, de son engagement dans la première armée, jusqu’à son rôle éminent pour construire l’industrie nucléaire de notre pays ?

Merci au nom du peuple Français, Robert.

 

Vous avez de la chance à Troyes !

 

 

Mes chers amis,

 

Comme dans toutes les élections présidentielles, le débat n’est pas toujours à la hauteur des enjeux.

Et pourtant, on peut être de droite, on peut être de gauche, on peut être du centre et on peut sentir qu’il existe des sujets qui touchent à l’essentiel.

Avec la tragédie de Montauban et de Toulouse nous avons vu combien l’unité de notre pacte républicain était fondamentale.

Un criminel, emporté par une idéologie meurtrière, a assassiné un jeune professeur, des enfants pleins de promesses et des soldats valeureux.

Ils incarnaient la richesse et la dignité d’une France dont les valeurs nous unissent, quelles que soient nos origines, quelles que soient nos différences et quelles que soient nos sensibilités politiques.

 

Je veux, devant vous, rendre hommage aux hommes du RAID qui l’ont mis hors d’état de nuire.

Est-ce qu’il aurait fallu agir autrement ?

Nous sommes dans une démocratie. Et cela veut dire que chacun a le droit de débattre de tout.

Mais lorsque je vois la majorité socialiste du Sénat chercher à convoquer les responsables de notre police pour les interroger, lorsque j’entends le candidat socialiste dire que s’il est élu il mettra en place «des commissions d’enquête» pour chercher des «éventuelles failles» et qu’il en «tirera toutes les conclusions », j’aimerais comprendre ce que cela signifie.

 

Est-ce que cela signifie que le soupçon, voire la culpabilité, vont se retourner vers nos policiers ?

Est-ce que cela signifie que ce sont nos institutions qui vont être mises en accusation et que c’est finalement la France qui va devoir s’excuser ?

 

Je veux combattre cette culture de l’auto-dénigrement, ce brouillage des repères moraux, ce refus d’assumer clairement les décisions difficiles.

 

Dans l’affaire de Toulouse, la frontière entre le bien et le mal, elle était évidente.

Je ne vois pas comment l’on peut transiger, comment l’on peut hésiter, comment l’on peut faire des subtilités.

Si nous ne sommes pas capables de fixer la frontière entre le bien et le mal, si nous devons être en permanence dans la critique de nous-mêmes, dans le relativisme, eh bien alors nous envoyons un message de faiblesse aux ennemis de la démocratie.

Nous envoyons un message de faiblesse à tous ceux qui se disent qu’il est facile de s’en prendre à nos démocraties, parce qu’elles ne croient pas en elles-mêmes, parce qu’elles n’assument pas leur droit à riposter, parce qu’elles se divisent au lieu de faire bloc contre les menaces, parce qu’il y a toujours des gens pour dire qu’au fond c’est de la faute de la société.

 

Mais est-ce que ce sont les sociétés démocratiques qui produisent des criminels ?

Ce serait tout de même un comble de dire que la France – qui est une terre de libertés – serait coupable de créer des adversaires de la Liberté !

Est-ce que la démocratie c’est baisser la garde devant ceux qui ne reculent devant aucune violence ?

 

Eh bien non. Il y a des moments où la main ne doit pas trembler.

Il y a des moments graves où les forces de l’ordre qui sont engagées au péril de leur propre vie doivent bénéficier de la confiance de l’ensemble de nos responsables politiques.

 

L’autorité de l’Etat ça n’est pas seulement une formule abstraite. L’autorité de l’Etat elle doit être assumée, et elle doit être assumée sans faux-fuyants.

Notre République doit être plus forte que les assassins.

Elle doit être plus forte que les extrémistes. Ces extrémistes qui utilisent la foi religieuse pour contourner les lois et les principes de la République.

 

Voilà pourquoi le Gouvernement a interdit la venue en France de plusieurs prédicateurs islamistes dont les déclarations sont incompatibles avec les valeurs républicaines.

Et voilà pourquoi, notre justice et notre police viennent d’interpeller une série d’individus qui appartiennent à une mouvance radicale qui n’a rien à voir avec l’idée que nous nous faisons de la religion.

 

Nos concitoyens musulmans ne peuvent être que choqués de voir que leurs croyances sont ainsi instrumentalisées.

Quant au Gouvernement, il ne laissera pas cette minorité utiliser notre tolérance pour propager leurs idées rétrogrades.

 

La France a une culture démocratique et une culture républicaine dont nous pouvons être fiers.

C’est l’œuvre d’une Histoire qui vient de loin, et que nous continuerons à écrire ensemble !

Notre unité nationale est, sans doute, le bien le plus précieux.

Cette unité doit être protégée, elle doit être soutenue, et je voudrais vous convaincre ce soir que c’est l’affaire de chacun d’entre nous, avant même d’être l’affaire de l’Etat.

 

Lorsque la Marseillaise est sifflée dans nos stades, lorsque les corporatismes s’estiment plus légitimes que l’intérêt général, lorsque certains de nos compatriotes abusent du système en se disant que les autres sont là pour le respecter, lorsque des fondamentalistes contestent la laïcité, je le dis, j’ai mal pour notre unité et j’ai mal pour notre solidarité.

 

L’unité nationale elle s’incarne dans notre pays, d’abord dans l’Etat et dans nos institutions, et je veux dire à ce sujet que ça n’est pas rendre service à la France que de tourner en permanence en dérision l’Etat et les institutions de la République.

L’unité nationale elle se forge ensuite dans les familles qui doivent exercer leurs responsabilités éducatives et ne doivent pas s’en remettre à la société pour les assumer à leur place.

L’unité nationale, mon cher Luc, elle se façonne à l’école qui doit rappeler à nos jeunes que le respect des autres s’ancre d’abord dans le respect de la nation qui est notre maison commune. Et dans cette maison commune, nous devons en permanence rappeler aux uns et aux autres que chacun a des droits mais que chacun a aussi des devoirs.

L’unité nationale exige de faire de la sécurité une priorité parce que lorsque les délinquants pensent que la loi de la rue est plus forte que la loi de la République, alors la liberté et la confiance dans l’autre perdent leur sens et c’est l’unité nationale qui est menacée.

 

Dans cette élection présidentielle, la question de l’unité nationale est plus que jamais centrale. Elle est plus que jamais centrale parce que dans un monde de 7 milliards d’habitants, assoiffés de réussite, la première arme des 65 millions de Français c’est d’abord leur capacité à faire bloc.

A faire bloc au sein de la nation française et à faire bloc au sein de l’Europe pour affronter cette compétition qui est une compétition qui met en jeu l’existence même de notre société, qui met en jeu notre mode de vie, qui met en jeu l’avenir de nos enfants.

 

 

Autour de nous, il ne faut pas se le cacher, le monde est dangereux ; il est de plus en plus concurrentiel, il est de plus en plus déstabilisant pour les vieux pays que nous sommes, c’est-à-dire pour les anciennes puissances occidentales qui ont bâti leur organisation, leur modèle économique, leur modèle social sur leur domination des richesses du monde.

 

Aujourd’hui nous ne dominons plus les richesses du monde, nous les partageons avec d’autres puissances. Et quelles puissances ! Des puissances immenses qui sont en train de faire preuve de cette envie de réussir, de cette envie de travailler, qui ont été à l’origine de la construction de notre propre modèle économique.

 

 

Dans dix ans, où en sera la France ?

 

Voilà la question centrale de l’élection présidentielle.

Est-ce que nous allons sortir de l’Histoire parce que nous nous sommes divisés, parce que nous n’aurons pas su prendre la mesure des bouleversements qui sont en cours, parce que nous serons restés immobiles dans un monde qui est en mouvement ?

 

Voilà l’enjeu de l’élection.

 

Mais c’est un enjeu qui n’intéresse pas les socialistes !

Depuis cinq ans, au lieu d’adapter leur pensée aux évolutions du monde, un monde qui a complètement changé avec la disparition de l’Empire soviétique, avec la disparition du rêve communiste, avec la montée en puissance de la Chine, de l’Inde, de l’Asie dans son ensemble, des pays de l’Amérique latine, au lieu de réfléchir pour faire évoluer leurs propositions, leur mode de réflexion, et bien non, les socialistes nous ont simplement gratifiés d’un « antisarkozysme » aussi stupide qu’injuste.

 

Stupide, parce que c’est le degré zéro de la politique.

 

Injuste, parce qu’on peut aimer ou ne pas apprécier le Président de la République mais personne ne peut nier qu’il a la carrure d’un Chef d’Etat capable de décider, capable d’agir, capable de protéger la France dans les situations les plus dures.

 

 

Les socialistes ont cru qu’ils n’avaient pas besoin de programme.

Que seule, ce qu’ils croyaient être l’échec de la majorité, la détestation du Président de la République suffirait à assurer leur victoire !

 

Qu’importe l’incohérence de leurs alliances avec des Verts qui militent pour la décroissance et le Front de Gauche qui milite pour la planification de l’économie !

Qu’importe tout cela, puisque dans leur esprit les jeux sont déjà faits et qu’il suffit d’attendre tranquillement que les Français élisent François HOLLANDE, le candidat qui surfe sur le vague !

 

Fin 2011, François HOLLANDE avait dit, je le cite : « Je ne suis pas un opposant au Président, je suis le prochain Président ».

Et la semaine dernière, il a encore dit, je le cite : « En 2012 il y aura un Président socialiste ».

Un Président socialiste ? Là, dans un mois ?

Ah bon ?

Vous saviez ça, vous ? Vous saviez que c’est déjà fait ?

Mais alors, pourquoi est-ce que vous êtes là ? Pour faire de la figuration ?

Peut-être qu’on devrait éteindre le micro et aller aider les militants à ranger les chaises ?

 

Non, M. HOLLANDE, l’élection que vous espériez jouée d’avance, elle est juste en train de commencer !

Et l’affrontement est de plus en plus clair : il est entre un candidat qui manie la politique de l’édredon et un candidat qui assume la politique de la volonté.

Il est entre un candidat qui est dans le flou et qui cherche à ne jamais déplaire, et un candidat qui, depuis cinq ans, agit, décide, affronte les épreuves les plus rudes.

 

En déplacement à la Réunion hier, François HOLLANDE vient de dire aux journalistes que « maintenant il allait nous taper ». « Nous taper » ! Comme si en démocratie, l’élection était une bagarre de rue, comme si nous étions en guerre entre Français.

 

M. HOLLANDE, on se calme !

Ca n’est pas en jouant les gros durs qu’on élève le débat.

En République, on dialogue, on confronte ses idées, on s’affronte parfois, mais l’objectif n’est pas de « taper » ses adversaires qui au demeurant représentent des millions de français.

 

Cette élection, c’est projet contre projet.

Il faut que chacun soit au clair sur ce qu’il veut pour la France.

 

Le retour à la retraite à 60 ans quand tous les autres pays européens sont à 65 ou au delà ? Le retour des emplois-jeunes ? Le retour de la culture de la dépense publique ?

Des impôts confiscatoires pour ceux qui créent de la richesse, de l’activité, de l’emploi ?

Des dizaines de milliers d’emplois publics supplémentaires financés sur le dos des générations futures ?

Le déclin organisé de notre industrie nucléaire qui est la première au monde ?

Le rétablissement de la taxe professionnelle au mépris de la compétitivité nécessaire de nos entreprises ?

La fin des heures supplémentaires défiscalisées qui a bénéficié à 9 millions de salariés, le plus souvent des salariés modestes et qui a été un formidable tremplin pour revaloriser le travail dans notre pays ? Car pendant 5 ans on a parlé d’heures supplémentaires, on n’a plus parlé de RTT, et c’est bien pour l’avenir de la France.

 

Quand j’entends ces propositions, je me dis : quelle aubaine pour toutes ces nations émergentes qui partout dans le monde, sont en train d’activer sans complexe les leviers de leur puissance et qui n’attendent que ces erreurs, que ces fautes de notre part pour prendre notre place !

 

Le monde a changé mais les socialistes, eux, n’ont pas changé.

Et d’ailleurs je voudrais vous interroger, vous qui avez certainement lu avec attention le programme socialiste, pour que vous me citiez une seule mesure -et je fais cet exercice tous les soirs, je n’ai jamais de réponse- une seule mesure dans leur programme qui soit à la hauteur des efforts que nous devons faire pour préserver notre modèle de vie face à la mondialisation.

Une seule mesure qui s’attaque, François, en profondeur à nos problèmes de compétitivité, d’endettement, de financement de la protection sociale !

 

Tout est dit, dans le programme socialiste, et tout est fait comme si la crise n’existait pas, comme si la crise n’était pas passée par là, comme si la mondialisation n’était qu’un phénomène passager, comme si la France était suffisamment prospère pour pouvoir travailler moins, réformer moins et dépenser plus.

 

J’ai entendu le candidat socialiste tisser son programme dans l’étoffe du rêve alors que moi je crois que la politique c’est la confrontation avec la réalité.

 

Le « rêve français »…

C’est quoi le rêve français de François HOLLANDE ?

C’est des subventions pour les jeunes et des emplois parking, comme si la jeunesse ne méritait pas qu’on lui dise la vérité pour assumer sa vie avec responsabilité ?

C’est encore et encore des emplois publics, et malheur aux entrepreneurs qui réussissent ?

C’est la promesse illusoire, tout à la fois d’une augmentation du SMIC, d’un gel des loyers, d’une essence bon marché, d’une retraite à 60 ans ?

 

C’est combien d’heures de travail par semaine, le rêve français ? 35h ?

32h comme le voudraient les alliés écologistes de M. HOLLANDE ?

C’est un pays où il suffit pour avoir, de rêver pour être exaucé !

 

C’est un pays imaginaire, c’est un pays coupé du monde, c’est un pays coupé de toute contrainte, où comme par miracle, la croissance va être au plus haut dès que M. HOLLANDE sera élu, pour permettre à la fois de réduire les déficits et de recommencer à dépenser.

 

Evidemment c’est simple !

Oui, c’est du rêve, et oui c’est de la démagogie !

 

 

Au parti socialiste, on peint depuis 4 ans notre bilan tout en noir pour faire croire qu’avec eux l’avenir serait tout en rose.

Eh bien moi, je crois que nous n’avons aucune raison de subir des intimidations de cette sorte.

Bien sûr, aucun bilan n’est parfait, et je ne prétends pas que nous ayons tout réussi et je sais bien que la crise a bousculé certains de nos espoirs. Et je sais bien que sur certains sujets nous aurions aimé aller plus vite, et vous auriez aimé que nous allions plus vite.

Je mesure parfaitement les attentes et les interrogations de nos concitoyens, mais nous n’avons aucune raison d’avoir honte de ce que nous avons accompli dans des circonstances qui étaient particulièrement difficiles.

 

Tout le quinquennat de Nicolas SARKOZY a été marqué au fer rouge des crises : crise financière, crise économique, crise des dettes.

La vérité d’ailleurs, c’est qu’il ne faut plus parler de crise, il faut parler de changement d’époque, il faut parler de changement d’organisation du monde.

 

Et malgré cela, non seulement nous avons engagé des réformes courageuses, mais nous avons réussi à résister à cette succession de crises qui a terrassé certains pays autours de nous.

 

La récession en France a été inférieure et moins longue qu’ailleurs.

 

Le pouvoir d’achat a tenu, et mieux que cela, il a progressé par rapport à 2007.

Je sais bien que pour chacun d’entre vous, compte tenu des difficultés de la vie, on ne mesure pas toujours ce que cela représente, l’effort que nous avons dû conduire pour protéger le pouvoir d’achat des Français lorsqu’il s’est effondré dans des pays comme l’Espagne, comme l’Italie, comme la Grèce.

Un journal de gauche qui fait une campagne active pour François HOLLANDE, et qui n’a jamais un mot aimable pour la politique du Gouvernement, a titré la semaine dernière « Pendant le quinquennat de Nicolas SARKOZY le pouvoir d’achat a peu augmenté ».

Quel aveu !

Je n’en attendais pas autant de la part de la gauche qui répète inlassablement depuis 5 ans que le pouvoir d’achat s’est effondré.

 

La hausse du chômage a été, certes importante, elle a été moitié moindre que dans la moyenne de l’Union européenne. Et la réduction des déficits a été accélérée.

 

Voilà notre bilan, ce bilan que François HOLLANDE caricature avec une mauvaise foi sans limite.

 

Comme il n’a jamais gouverné c’est vrai que personne ne pourra lui lancer des phrases injurieuses à propos de son propre bilan.

Il a certes un bilan comme premier Secrétaire de son parti, mais là ce n’est pas à moi d’en parler, ses amis l’ont déjà fait avec une férocité qui fait froid dans le dos.

 

J’ai entendu M. HOLLANDE faire l’hommage et l’éloge d’Henri QUEUILLE.

Henri QUEUILLE, pour ceux qui l’auraient oublié, était une figure de la IVe République, qui ne manquait pas de qualités humaines, mais qui est resté célèbre pour avoir dit cette phrase : « il n’est aucun problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout ».

M. HOLLANDE célébrant Henri QUEUILLE : c’est comme s’il faisait son autoportrait.

 

 

 

Depuis le début de la campagne de François HOLLANDE, nous sommes dans la duplicité.

 

La duplicité sur l’avenir de l’Europe : on dit à Londres qu’on est favorable à l’économie la plus libérale, mais on dit aux Français qu’on est contre la finance et qu’on va naturellement exiger la renégociation de tous les traités.

 

La duplicité sur le nucléaire : on dit dans les discours qu’on va fermer des centrales et à la CGT que ce n’est pas sûr.

 

La duplicité sur la fiscalité : on dit aux Français qu’on va augmenter simplement les impôts des plus riches et que ça suffira à combler les trous de notre déficit, mais le lendemain on leur dit aussi, en tout cas pour les plus riches, que ça ne rapportera rien.

 

La duplicité sur l’immigration où l’on fait mine de vouloir avoir une politique ferme en matière d’immigration tout en soutenant tous les mouvements qui combattent la fermeté de notre politique.

 

La duplicité sur les déficits, François HOLLANDE annonçant qu’il reviendra à l’équilibre des comptes publics en 2017, c’est-à-dire après la fin du quinquennat qu’il espère pouvoir diriger.

Mais surtout il s’empresse d’ajouter : « à condition qu’il y ait de la croissance. S'il ’'y a pas de croissance, je ne reviendrai pas à l’équilibre, c’est-à-dire, je ne respecterai pas les engagements que la France a prise au niveau européen pour consolider la monnaie européenne ».

C’est un acte grave !

 

J’ai dit à plusieurs reprises que j’accusais François HOLLANDE d’avoir abandonné l’objectif de réduction des déficits. C’est une accusation grave que je porte parce que, mes chers amis, vous le savez, si l’euro a failli disparaître, si l’euro a été tellement chahuté par la spéculation financière, c’est parce que nous avions plusieurs pays de la zone euro dont les marchés pensaient qu’ils ne rembourseraient jamais leurs dettes.

 

Nous nous sommes battus, il faut le dire, derrière le Président de la République qui a toujours été au premier rang de ce combat pour sauver la Grèce en mettant en place les moyens financiers nécessaires pour assurer l’avenir de ce pays.

 

Puis nous avons mis en place, et François BAROIN s’est encore mobilisé ces derniers jours pour en parfaire le fonctionnement, des instruments financiers puissants à coup de centaines de milliards d’euros pour dresser une sorte de barrière, de mur, de pare-feu entre la spéculation et les pays de la zone euro.

Et nous avons réussi, grâce à cela, à stopper cette spéculation.

 

Mais on parlait de pays, comme la Grèce ou comme le Portugal, qui sont des pays magnifiques, des pays très importants, mais enfin qui n’ont pas tout à fait le même poids économique et financier que la France.

Si demain c’était la France qui était en difficulté, si demain c’était la France qui disait à la face du monde « bah non, on ne respectera pas nos engagements, donc on continuera à s’endetter », eh bien à ce moment-là, la spéculation reprendrait de plus belle contre la monnaie européenne mais il n’y aurait plus aucun moyen pour l’arrêter.

Et je vous le dis, c’est l’euro qui serait condamné à disparaître, et avec la disparition de la monnaie européenne, c’est tout le projet européen qui serait menacé.

 

 

La France a besoin d’un Chef d’Etat.

Elle n’a pas besoin d’un homme plastique qui croit qu’en contournant les problèmes on les résout.

 

Est-ce que vous pensez une seconde que François HOLLANDE aurait fait la réforme des retraites et qu’il aurait affronté la pression de la rue ?

Est-ce que vous pensez une seconde qu’il aurait pris le risque d’imposer le service minimum dans les transports et à l’école aux syndicats ?

Est-ce que vous pensez une seconde qu’il aurait décidé de la réforme, pourtant essentielle, des universités qui, par le passé, a suscité tant de révoltes ?

Poser la question, c’est y répondre.

 

En politique, il y a ceux qui croient à l’importance du courage et de la décision et il y a ceux qui croient aux compromis permanents et qui ne tranchent rien.

 

Il y a ceux qui sont capables de dire non et ceux qui sont prêts à dire oui à tout le monde.

 

A quoi ressemblerait la présidence de François HOLLANDE ?

A quelles synthèses interminables allons-nous devoir nous attendre entre d’un côté les ultimatums des écologistes pour qui la puissance de la France doit être sacrifiée sur l’autel de la décroissance, et de l’autre les pulsions révolutionnaires des admirateurs de CHAVEZ et de CASTRO ?

 

 

Avec Nicolas SARKOZY, les choses sont claires : nous, nous sommes pour une France forte.

Et au cœur de cette France forte, il y a pour moi et pour François BAROIN un sujet central, un sujet vital qui est la réduction des déficits.

 

Ce sujet, ça n’est pas un sujet technique, ça n’est pas un sujet comptable, ça n’est pas un sujet financier.

En réalité, c’est un sujet moral.

Le budget de la France, c’est comme le budget d’une famille. Quand les dépenses dérapent, quand les banques réclament le remboursement des prêts, alors c’est la famille qui est en jeu.

 

Eh bien, une grande Nation comme la nôtre doit avoir ses finances à l’équilibre, parce que lorsqu’on vit trop longtemps et trop largement à crédit la charge de votre dette augmente. Et plus la charge de votre dette augmente moins vous pouvez investir, moins vous pouvez investir dans la croissance, moins vous pouvez investir dans les politiques sociales, moins vous pouvez investir dans l’éducation, dans les infrastructures.

Plus elle augmente, plus en réalité, et c’est pour cela que je dis que c’est une question morale, vous condamnez vos enfants à payer la facture de votre propre imprévoyance.

 

Depuis plus de trente ans, la France vote ses budgets en déséquilibre.

Et c’est vrai que la crise que nous venons d’affronter n’a pas arrangé les choses parce que nous avons dû dépenser, emprunter, pour éviter la récession, pour sauver les banques et vos économies, pour sauver l’industrie, l’industrie automobile, les PME avec un dispositif de soutien que nous avons mis en place, pour mettre en place le chômage partiel, pour éviter que sous le coup de la crise de nombreuses entreprises disparaissent.

 

 

Mais nous avons décidé, avec le Président de la République, de mettre un terme à cette spirale.

 

Et les résultats du déficit 2011 qui ont été connus il y a quelques jours viennent démontrer que oui, il y a deux façons d’envisager l’avenir. Et nous, nous avons fait la démonstration que nous étions capables de tenir nos engagements.

 

Et même que nous étions capables de faire mieux ! Nous avons réduit le déficit de la France, en un an de 25%, passant de 7,1 à 5,2.

 

C’est 10 milliards d’euro de mieux que l’objectif que nous nous étions fixés.

Ça signifie que la France est en avance dans son redressement des comptes publics, malgré une année 2011 qui a été marquée par une crise extrêmement violente.

 

Nous avons réduit notre déficit de 34 milliards d’euro en une année, jamais le déficit public de la France n’avait diminué autant d’une année sur l’autre.

 

Pour la première fois depuis 1960, la dépense publique dans son ensemble a été stabilisée.

Et pour la première fois depuis 1945, les dépenses de l’Etat ont baissé.

 

Grâce à cela nous pouvons maintenant réviser à la baisse la prévision de déficit pour 2012 et nous pouvons montrer que nous sommes capables de tenir notre engagement, c’est-à-dire zéro déficit en 2016.

 

 

Ce n’est pas le fruit du hasard, ce n’est pas la conjoncture qui a permis ces résultats.

 

C’est d’abord les réformes structurelles que nous avons faites, et au premier rang de ces réformes, la réforme de l’Etat, la réforme des retraites, la réduction du nombre des recrutements de fonctionnaires.

Ça n’a pas été une politique facile à conduire. C’est vrai que depuis si longtemps, à chaque fois qu’il y avait un problème, à chaque fois qu’il y avait une tension sociale, à chaque fois qu’il y avait des pressions, on créait des postes supplémentaires.

 

Mais ces postes supplémentaires on les finançait avec de l’emprunt. Nous avons décidé de mettre un terme à cette spirale infernale.

 

C’est aussi le résultat des deux plans d’économies que j’avais annoncés et qui avaient été tellement critiqués par l’opposition.

 

M. HOLLANDE avait dit à l’époque que l’objectif que nous nous étions fixé était inatteignable.

Et bien oui il était peut-être inatteignable pour François HOLLANDE, mais nous, nous l’avons atteint !

 

 

Voilà mes chers amis,

 

Peu à peu, à force de réformes, à force de rigueur, nous redonnons à la France le pouvoir d’être pleinement souveraine sur le plan financier.

Voilà le bilan dont nous devrions rougir !

 

François HOLLANDE, lui, il dit qu’il ne peut pas réduire les déficits s’il n’y a pas de croissance, qu’il faut qu’il en reparle à Bruxelles, qu’il ne pourra pas, en tout état de cause, assurer l’équilibre de nos comptes avant 2017, alors que nous, nous nous sommes engagés pour 2016.

 

Vous allez me dire 2016-2017 est-ce que ça a vraiment de l’importance ? La différence, c’est 35 milliards d’euro de dette supplémentaire à rembourser pour notre pays.

Et vous croyez qu’en remettant en cause toutes nos réformes, en recréant des postes de fonctionnaires, en refusant de parler d’économies, il va vraiment y arriver même en 2017 ?

 

Moi, je me refuse à voir l’objectif de notre indépendance, parce que finalement c’est notre indépendance qui est en cause, notre souveraineté financière. Je me refuse à voir l’objectif de la défense de la monnaie européenne compromise par le clientélisme électoral de nos opposants.

 

Parce que c’est ça la vérité, François HOLLANDE comme tous ses amis, savent parfaitement qu’il faut réduire les dépenses, mais ils ne veulent pas le faire parce que ça fait de la peine aux gros bataillons qui votent pour la gauche.

 

Mes chers amis,

 

Les Français doivent faire la différence.

Ils doivent faire la différence entre un programme qui trace des plans sur la comète et une politique qui ancre ses ambitions dans la réalité.

 

Depuis 2007, avec Nicolas SARKOZY, nous n’avons pas vendu de rêve aux Français.

Nous ne les avons pas trompés sur la réalité des crises.

Nous ne leur avons pas fait croire que tout pouvait continuer comme avant.

Nous avons réformé, nous avons osé, nous avons bousculé des conservatismes, nous avons résisté aux blocages.

Bien sûr, nous n’avons pas tout réussi, mais personne ne peut nous accuser d’avoir manqué de courage.

 

Ce courage nous l’avons mis au service d’une haute idée de la France qui ne va pas sans effort, qui ne va pas sans remise en cause, sans volonté d’exister face aux défis que nous lance le monde.

 

Quand nous combattons les déficits, c’est parce que mieux la France est gérée, moins sa politique est l’esclave des marchés.

 

Quand nous disons qu’il faut favoriser nos entreprises, baisser le coût du travail, renforcer notre compétitivité – un mot qui d’ailleurs, je voudrais vous le faire remarquer, n’existe pas dans le dictionnaire socialiste ! – c’est parce que nous voulons protéger nos industries, nous voulons protéger nos emplois, nous voulons protéger notre agriculture face à nos grands concurrents.

 

Oui, nous avons eu le courage de baisser les charges patronales qui pèsent sur les emplois agricoles. Mais si nous ne l’avions pas fait, c’est l’ensemble de notre agriculture qui aurait été menacée de disparition.

 

Oui, nous avons eu le courage, à quelques mois des élections présidentielles, de baisser les charges patronales qui pèsent sur les salaires dans l’industrie en augmentant la fiscalité, en faisant taxer les produits importés dans notre pays parce que c’est la seule façon de protéger les emplois en France et de faire en sorte que notre pays puisse continuer à se battre à armes égales avec nos voisins européens dans cette immense compétition qui met en danger l’existence même de notre système social.

 

Quand nous réformons les retraites, quand nous disons qu’il faut adapter notre modèle social, c’est parce que nous savons que la solidarité n’est pas un acquis éternel, la solidarité c’est le résultat de notre travail, c’est le résultat de notre capacité à développer des richesses pour pouvoir ensuite les partager, c’est le résultat aussi de notre capacité à refuser l’assistanat parce que la solidarité ne tient que si chacun donne à son pays autant qu’il reçoit de lui.

 

 

Mes chers amis,

Nous sommes les héritiers d’une Histoire exceptionnelle que nous avons le devoir de prolonger.

Je dis le devoir parce que notre avenir n’est pas écrit.

 

On a vu par le passé des Nations décliner parce qu’elles croyaient que tout leur était dû.

On a vu par le passé des Nations se décomposer parce que l’énergie nationale avait fait place à la facilité, à l’individualisme, à l’autodénigrement.



Il n’y a pas d’énergie nationale sans fierté nationale.

 

Je veux parler de ce sentiment de se battre ensemble pour une cause qui nous dépasse, pour une patrie, une patrie qui nous rassemble et qui nous porte vers le haut.

Nous devons renforcer notre pacte national et défendre notre idéal républicain parce que la France ce n’est pas une fiction sans âme !

 

La France nous savons qu’elle a toujours été ouverte à toutes les influences, qu’elle a accueilli la diversité.

Mais son unité, au fil de son histoire, s’est imposée, parce qu’à chaque époque, la France a su organiser sa pluralité en affirmant des principes forts. Des principes qui, d’ailleurs, nous ont souvent été enviés par le reste du monde.

 

Contre les féodaux, l’État ! Contre les privilèges, la loi ! Contre les prébendes, le droit ! Pour l’égalité des chances, l’école ! Contre le sectarisme, la laïcité !

 

Tout ceci pour vous dire que notre Nation n'a jamais cessé de se bâtir, de s'agrandir, de s'unifier.

Elle a assimilé depuis des siècles des générations et des générations d’étrangers qui lui ont apporté leur énergie, et qui parfois ont donné leur sang pour elle.

 

Nous sommes une nation de citoyens, nous ne sommes pas une nation où chaque communauté fait passer ses traditions et ses coutumes avant les lois de la République.

Les étrangers qui s'installent régulièrement chez nous ont vocation à s'approprier l'héritage du pays des droits de l'Homme.

Il n'y a rien d'outrageant à ce que notre patriotisme soit mis en partage. Et il est naturel que nous voulions que nos valeurs soient aussi les leurs, ceux qui viennent nous rejoindre sur notre territoire.

Mais je veux dire que c’est aux étrangers qu’il revient de faire l’effort d’intégrer la France, avec ses lois, avec sa langue, avec ses mœurs, et ça n’est pas à la France de se plier à des règles qui ne seraient pas conformes à son pacte républicain.

Nous sommes une nation d’intégration. Et l’intégration ça signifie que celui qui vient légalement en France, et bien, il adopte la France, et, dès lors, la France l’adopte comme l’un des siens.

 

Voilà, mes amis, pourquoi je suis hostile au vote des étrangers aux élections locales parce que la citoyenneté ne se découpe pas en tranches.

Voilà pourquoi, je me suis battu, avec François BAROIN, pour interdire les signes religieux à l’école, c’était dans un autre quinquennat, parce que la neutralité de l’école c’est un gage de la fraternité.

Voilà pourquoi, nous avons interdit le port de la burqua, parce qu’en France les femmes et les hommes vivent ensemble, sans se juger, sans se défier et sans s’abaisser.

 

 

Mes chers amis,

 

Si vous êtes là, ensemble, rassemblés par delà vos différences, par delà vos origines, par delà vos métiers, c’est parce que la France n’est pas une abstraction.

Le passé de notre pays parle en vous, son avenir vous intéresse, vous avez envie de participer à un destin collectif parce que sans ce destin commun nous serions des anonymes, nous serions des numéros, nous serions des consommateurs, mais nous ne serions pas des citoyens français.

 

Alors, je vous le demande, rassemblons-nous pour faire triompher la France que nous aimons.

Battons-nous pour elle, mobilisons-nous pour elle.

 

Jamais la victoire ne s’est donnée à ceux qui l’attendaient dans un fauteuil parce qu’ils avaient cru la lire dans le ciel des sondages.

La victoire elle ne vient qu’à ceux qui se transcendent jusqu’au dernier jour.

 

Alors rendez-vous le 22 avril et le 6 mai.

Rendez-vous le 22 avril et le 6 mai pour l’épreuve décisive.

 

Et d’ici là, allons ensemble chercher la victoire pour Nicolas SARKOZY.

 

Vive la France et vive la République.

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